436 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sect. IV. de le nourrir, ce quelle fit avec toute la vénération qui lui étoit due, celé*Histoire brant à son honneur les Mystères appellés Pamylia & Pallephoria. Le secondi'Ofi-h , jour, naquit Aruéris , nommé par quelques- uns Apollon , & par d’autres l'an-d'Isis, de àen Orus. Le troisième jour fut celui de la naissance de Typhon , qui vintT Ë h ™Q rus au monde en «'ouvrant lui-même le chemin par le côté de fa mère. Lequa*' trième jour, naquit Isis, & le cinquième ÌSeptbè, ou Nephthys , qui eut auíïï
les noms. de Finis , de Vénus , & de Victoria. Sol fut le Père d 'Osiris & d’/i*ruéris, Mercure celui d 'Isis , & Saturne celui de Typhon & de Nephthè. Letroisième jour, ayant été celui de la naissance de Typhon , étoit regardé com-me malheureux ; ce qui étoit cause que les Rois suspendoient ce jour-là tou-tes leurs occupations, & s’abstenoient même de manger & de boire. Neph-thè épousa Typhon , & Isis fut mariée à Osiris. On conte à l’égard de cesderniers Epoux, qu’ils «'aimèrent dans le sein même de leur Mère, H apx A-ruéris , l’ancien Orus des Egyptiens & Y Apollon des Grecs , fut le fruit de cet-te tendresse prématurée *. Osiris ne fut pas plutôt parvenu au Thrôned’jE-gypte, qu’il adoucit les Mœurs sauvages de ses Sujets, leur apprit?, connoî-tre les fruits de la terre, & institua le culte des Dieux (a) : bâtissant, à cequ’on dit, quoiqu’avec très peu de certitude, la Ville de Thèbes; & faisantconstruire plusieurs Temples, & entre autres un à l’honneur de Jupiter U-ranius ì & un autre à celui de Jupiter Hammon son Père, auquel il avoir suc-cédé ( b ). Mais afin que les effets de son caractère bienfaisant ne fussentpoint renfermés dans son Pays, il entreprit de visiter les différentes Na-tions de la Terre, qui furent toutes civilisées par ses foins, & particuliè-rement par les charmes de son éloquence, & par les attraits de la Musique& de la Poésie (c). Voici ce qu’on raconte des circonstances de son dé-part, & de ce qui lui arriva de plus remarquable dans ses Voyages.
Ayant en vue le vaste & généreux dessein, que nous avons indiqué ci-
(s) Plut. de Isid. & Osirid. p. 355. (b) Diod. STc. L. I. p. 13. (c) Plut. ubi supr.
* Hérodote leur donne une fille, nommée Buhaflis ou Diana ; & raconte l’Histoire de cesPrinces fabuleux, un peu autrement que nous ne la trouvons dans Diodore & dans Plutarque,les seuls Auteurs qui ayent écrit au long cette ancienne fable. Et parlant en particulier del’Ile flottante, appeliée Chemnis, prés de la Ville de tíutus, il dit, que suivant une Tradi-tion Egyptienne, Latone , une des prémières Divinités demeurant à Bvtus, eut Om confiéà ses (oins, dans le teins que Typhon le cherchoit pour le tuer; & que pour le faire écha-per à la fureur de son ennemi, elle le cacha dans l’íle dont il s’agit- Or suivant Plutar -que , Ifis eut la prudence de faire enchaîner Typhon pendant toute l’expédition à'Ojìris ; cequi ne «'accorde nullement avec les prétendues recherches de Typhon pour trouver Orus ;particularité fur laquelle d’ailleurs Hérodote garde le plus profond silence. Dioìore allurequ Orus accompagna son Père dans lès Voyages; ainsi il étoit hors de la portée de son enne-mi. Le même Auteur affirme, qu’après la mort de (bn Père, bien loin de fuir Typhon,il lus résilia, & eut la gloire de le vaincre. Par où il paroi t que la manière dont la fa-ble en question fut contée à Hérodote est différente de celle dont la rapportent Plutarque& Diodore (i).
(1) Herodot. L. IL