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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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4+o HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

Se ct. IV. Bouche Tanitique du Nil , où ils le jettérenc dans la Mer; & c’est pour cet-Hilìoìre ' re raison, que cette entrée du Fleuve étoit abhorrée des Egyptiens. Ced-Ofiris, meurtre fut commis le dix-septième jour du mois à'Athyr , dans lequel led'/fis, de Soleil parcourt le signe du Scorpion , & la vingt-huidème année du Règne' d 'Osiris , ou de fa vie, comme le prétendent quelques autres. Quand les” d rus ‘ Faunes & les Satyres racontèrent la chose aux hommes, ils furent saisis deces frayeurs soudaines, qui ont toujours été désignées depuis par le nomde terreurs Paniques. Pour Isis , dès qu’elle eut ouï cette funeste nouvel-le, elle coupa une boucle de ses cheveux; & s’étant revêtue d’habits dedeuil, partit de la Ville de Coptes , où la nouvelle dont il s’agit lui avoirété apportée, cherchant par-tout le Corps d 'Osiris. Sur la route, elle de-mandoit à tous ceux qu’elle rencontroit, s’ils ne savoient rien du coffre.Après avoir bien des fois inutilement répété cette question , quelques en-fans, qui avoienc vu les amis de Typhon portant le coffre vers la Mer, luidonnèrent quelques éclaircissemens: particularité, qui a fait conclure auxEgyptiens , que les enfans étoient doués de connoissances surnaturelles , &que ce qu’ils disoient, en jouant ensemble dans des Temples , étoit quel-quefois des Oracles.

Ifs, sachant qu Osiris avoit par mégarde couché avec sa sœur Nephté ,& que celle-ci avoit exposé un fils qu’elle avoit eu de lui, par la craintequ’clle avoit de Typhon , résolut de le chercher ; & eut , après bien despeines, le plaisir de le trouver, des chiens Payant guidée jusqu’à l’en-droit où il étoit. Cet enfant, qui fut nommé Anubis , servit de compa-gnon & de garde à Ifs , & eut l’honneur d’avoir pris foin des Dieux.dela même manière dont les chiens veillent aux intérêts de leurs maîtres.Enfin, elle apprit que le coffre avoit été jetté par les flots de la Merfur une touffe de Genêt à Byblus , & que tout d’un coup le Genêt avoitpouffé une tige dune si prodigieuse grandeur , qu’elle empêchoit le coffred’être vu. Dès qu’elle eut appris cette nouvelle, elle se rendit à Byblus ;& sans nous arrêter à raconter tous les artifices quelle employa pour serendre maîtresse du corps de son Epoux , nous dirons en deux mots,qu’elle vint à bout de son dessein. La première fois qu’elle jetta les yeuxfur le coffre , elle fit un cri si épouvantable , que le fils cadet du Roi deByblus en mourut de peur ; car elle s’étoit introduite dans la maisonde ce Roi. Isis s’embarqua d’abord avec le coffre & le fils aine du Roi;& en chemin faisant, sécha le Fleuve Phcedrus , qui avoit eu l e mal-heur de lui déplaire , à cause qu’elle avoit été incommodée d’un ventqui étoit venu du côté de son embouchure. Etant alors feule , & enayant le loisir, elle ouvrit le coffre , & appliquant son visage contre ce-lui de son Epoux » elle l’arrosa de ses larmes. Pendant qu’elle étoit oc-cupée à ce triste devoir , le fils du Roi, qu’elle avoit amené avec elle deByblus , vint par derrière, & vit ce qu’elle faisoit ; curiosité , qui lui coû-ta cher, puisqu’il mourut de peur de la manière menaçante dont Ifs le re-garda, II y en a qui disent, qu’il sauta dans la Mer, & qui prennent ce

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