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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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442 HISTOIRE ASIATIQUE, lâ. I.

Sf.ct. IV. mant qu'Orus & lfis vainquirent Typhon dans une bataille, & ie tuèrent (a) :

Hiíloire d’autres disent qu q Jupiter Je frappa de la foudre, & Je plongea au fond dud'Ofîris , Lac Sirhon ( h ) *, qui tira de-là le nom de soupirail par lequel Typhon respi-d'I/is , de ro ic (c): & d'autres enfin racontent, qu’O/în^révenu des RégionsInferna-&'t/onis * es ' apprit à Orus comment il devoit faire la guerre à Typhon, & qu’après

_— un combat, qui dura plusieurs jours, Typhon fut fait prisonnier. Mais lfis

le délia, & le laissa aller; ce qui mit Orus dans une si furieuse colère, qu’ilarracha de la tête de fa Mère les ornemens de la Royauté,au-lieudesque!sMercure lui mit fur la tête un Morion fait en guise d’une tête de Bœuf. Ty-phon recommença après cela encore deux fois la guerre, mais fut l’une &l'antre fois vaincu (d). Incapable alors de résister plus longtems à ses En-nemis , il se cacha de son propre mouvement sous le Lac, don t nous venonsde parler (e). D'un autre côté, OJîris apparut à Jfis, ôí eut d’elle un fils,nommé Harpocrate , qui fut d’une constitution foible , & incommodé despiés. Ici finit le récit de Pìutarque , qui après avoir assuré que ce qu’ìl arapporté est la vraye Histoire, tâche de tourner tout en Allégories/). Maiscomme le récit de Diodure va plus loin, & s'étend jusqu’à la mort d 'lfis <3id 'Orus, disons après lui, qu ’/fis, après avoir soumis de cette manière sesEnnemis, régna avec beaucoup de prudence, de justice, de modération ,& de bienfaisance. Ec en considération de sa constante tendresse pourOJîris , de laquelle le vœu qu’elle fit , & qu’elle exécuta , de ne se jamaisremarier, fut une des meilleures preuves , on fit une Loi qui permettoità un Frère d’épouser fa Sœur: & c’est de la même source que vint la cou-tume d’accorder plus d’autorité à la Reine qu’au Roi, & à la Femmequ’auMari (g). A la fin , elle mourut , & fut enterrée à Mcmphìs , au moinssuivant le sentiment ordinaire, qui a essuyé bien des contradictions, &particulièrement de la part de ceux , qui soutenant l’autenticité de l'In-scription que nous avons rapportée ci-dessus ,& ne voulant f)as faire la cho-se à demi, affirment qu’il y a en Arabie un autre Pilier , pas loin du pré-

(a) Diodor. Sic. L. I. p. 79. se) Iîerod. L. III.

{b) Apollon. Rhod. Argon. L. XI. (/) Plut. ubi Cupr.

(c) Plucarch. in Vita Antonii, p. 916. (x) Supr. p. 371.

(d) Idem de Isid'. & Oíìrid. p. 358.

* Suivant Diolore de Sicile , le Lac Sirhon , Serbonis, ou Selbonis , (o us le Mont Cafìus,avoir deux cens Stades de longueur, & étoit fort étroit, mais extraordinairement profond.Plusieurs Voyageurs, & même des Corps d’Armées entiers, y ont été engloutis. La causede ce malheur est qu'autour du Lac il y a des monceaux de fable , dont une partie , empor-tée par les vents, couvre la surface de seau, & empêche ainsi que les Voyageurs n’apper-çoivent le malheur dont ils font menacés. Ce Lac s’appelloit auslì Barathra , ou Goufre pro-fond (1). Mais il a insensiblement diminué en étendue; car Pline le représente commetrès petit en comparaison de ce qu’il avoit été autrefois (2): ct à présent, l’endroit mêmeoù il étoit autrefois ne fe trouve plus (3).

(t) Diodor. Sic. L. I. p. zC.

(z) Plut. Hist. Hat. L. V. c. 1;.

W Voyage de P. Lucas, T. III. p. 30S,