448 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sect.V. à sept coudées. Cette Statue étoit celle d'Osymandyas ; les deux autres,Rois d’E- dont il y en avoit une à chaque Genou, représentoient fa Mère&saSœur.gypie. Ce qui rendoit cette Pièce un Chef-d’œuvre admirable n’étoit pas tant
—-l’Art du Sculpteur, que la beauté de la pierre, qui étoit parfaite dans son
genre. On y lifoit l’infcription suivante: Je fuis Oíymandyas, Roi des Rois.Celui qui voudra connoîire ma Grandeur , ou qui ose la nier , qu il me surpasseen quelqu'un de mes Ouvrages. 11 y avoit aussi au même endroit une autreStatue de fa Mère, de la hauteur de 20 coudées, & faite d’une feule pier-re: elle avoit trois Reines fur fa tête, pour marquer qu’elle avoit été Fille,Femme, & Mère d’un Roi. De cette Cour, on entroit dans un secondPortique, beaucoup plus beau que le prémier. Sur la prémière muraillede ce Portique étoit représenté le Roi avec son Armée, assiégeant une Vil-le environnée d’une Rivière, & combattant au prémier rang, accompagnéd’un Lion: fur quoi quelques Auteurs ont avancé que ce Prince combattoittoujours avec un Lion apprivoisé à ses côtés ; & d’autres, que la figure decette Béte étoit simplement un emblème du courage de ce Monarque. Surla seconde muraille étoient représentés les Captifs , ayant les mains & lesparties honteuses coupées, pour exprimer leur lâcheté. Sur la troisièmese voyoient les Sacrifices d’actions de grâces aux Dieux , & le Triomphedu Vainqueur. Au milieu de ce Portique étoit un Autel en plein air,fait de marbre luisant , admirablement bien travaillé, & suivant les plusexactes règles de la proportion. Sur le quatrième côté étoient deux Figu-res gigantesques, d’une feule pierre, assises, & hautes de 27 coudées.Près de ces Statues étoient trois passages, qui conduifoient dans une Salesoutenue de Colomnes à la manière d’un Théâtre de Musique,& ayant 200piés en quarté. On voyoit en cet endroit plusieurs Statues de bois, ré-présentant des gens qui plaident, & des Juges qui les écoutent. . Cesderniers, au nombre de trente, avoient leur Président au milieu d’eux, aucou duquel pendoit une Image qui avoit les yeux fermés pour représen-ter la vérité, & autour de qui il y avoit plusieurs Livres. Par là les Egyp*tiens vouloient signifier que les Juges doivent être incorruptibles, & n’a-voir égard qu’à la Vérité & à la Justice. De cette Sale on entroit dans uneGalerie , dans laquelle il y avoit des apartemens, où étoit représenté toucce qu’on pouvoit imaginer de plus délicieux en fait d’alimens. Là se voyoitle Roi, peint des plus vives couleurs, & présentant à Dieu l’Or & l’Ar-gent qu’on tiroit annuellement des Mines d’Egypte , & dont la Sommemontoit environ à 96000000 Livres sterlings. Près de là étoit la Bibliothè-que Sacrée, avec cette Inscription: La Médecine de l'Ame. Tout joignantétoient les Images de tous les Dieux d'Egypte , avec celle du Roi payant àchacun d’eux quelque offrande ; afin qu’O^m , & le reste des Divinitésplacées au-dessous de lui, connussent qu’il avoit passé fa vie dans des ac-tions de Piété envers les Dieux, & de Justice à l’égard des Hommes. Dela Bibliothèque on passoit dans un Bâtiment d’une admirable Architecture,dans lequel il y avoit vingt Lits de repos, fur lesquels les Convives se met-toient à de certains Repas; & les Statues de Jupiter , de Junon , & duRoi, qu’on oioit avoir été enterré en cet endroit. Autour de ce Bâtiment
étoient
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