4 tfo HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. LSect. V de clémence: il pardonna à tous ceux qui étoient coupables de trahi-Rois d'E <on, & paya les dettes de ceux qui étoient insolvables. A tant de moyensgjpte. si propres à lui gagner les cœurs, il joignit d’éloquens discours & la
- plus aimable familiarité. Un de ses soins fut de partager tout k Royau-
Part-ge en 36 Gouvernemens (a) ; il mit la Régence entre les mains de
in'^ óGou- ioo stère Armais , lui donnant le pouvoir le plus ample , mais lui dé-ve ,r.cmei:s. sondant de íé servir du diadème, de faire le moindre tort à la Reineou à ses enfans , & d’avoir commerce avec les Concubines RoyalesIl institue ( b ). Après avoir établi cette forme de Gouvernement , il choisit l’E-fQ-stre lite de ses Sujets, & en forma une Armée proportionnée à la grandeurMilitaire, ^ p £S desseins, dont il confia les principaux postes à ceux qui avoientété élevés avec lui, & dont le nombre mon toi t environ à 1700. Ou-tre les faveurs auxquelles ses Soldats avoient déjà eu part avec le restede ses Sujets, il aíîìgna encore à chacun de ceux qui composoient son Ar-mée une certaine portion de terre dans une des plus fertiles Contrées deY Egypte , afin que lui, & ses Successeurs, eussent toujours un Corpsde Troupes à leur disposition, & que ses Soldats & leursdescendans fussentpour toujours exemts de la nécessité de se faire Marchands ou Artisans,pour gagner leur vie. Son Armée consistoit en 600000 Fantassins, 24000Fait la cm- Cavaliers, & 27000 Chariots armés en guerre. 11 se jet ta d abord suiTLk/êtjuéte de P e , & imposa aux habìtans un tribut consistant en Ebène , en Or, &. en I-i’Ethiopie. voire (c) La plupart des Ecrivains assurent qu’il a été le premier qui aitsubjugué les Ethiopiens & les Troglodytes ; qu’il a été jufqu’au Promontoirede Dira, près du Détroit de la Mer Rouge , & même jufqu’au Pays oùcroît la Canelie, ou du moins à un endroit d’où il apporta cet Aromate,& où il fit ériger des Colomnes avec des Inscriptions qui ont subsisté plu-sieurs Siècles après (d).
Flottes. i>es forces par terre n’étant pas suffisantes’ pour venir à bout de ses* vastes desseins, il renonça à l’ancienne superstition des Egyptiens , &fut le premier de leurs Rois qui mit en mer des Flottes de grands Vais-seaux. 11 en équippa deux; l’une de 400 voiles dans le Golphe Arabique,si nous en croyons Diodorc qui nous donne ce nombre (e), & Hérodote quiparle de la même Flotte en termes généraux (/); & 1 autre dans la MerMéditerranée , s’il nous est permis de croire que, par Sétbijis, Manèthon aitentendu Sêjójlris (§). Par ì’Equipement de tant de Vaisseaux de Guer-re, & par les services qu’ils rendirent, il sembleroit que Séfijiris se fût dé-IIinjsìtue fau, au moins pour un tems, de l'aversion que les Egyptiens avoient pourroráre des )a Marine ( h ), Z- eût aussi institué f Ordre des Gens de Mer. Mais fans in-Oem de Pàr beaucoup fur cette conjecture, nous ajoutons feulement, que le
(a) Diodor. L. I. p. 50.
(Aj Maneth. apud Joseph, contra Apion. L.L p 1041.
(c), Uiod. ubi supr.
Sua b. L. XVL p. 769 , 770. & L>
XVII. p- 7 90 . Plin. Hist. Nat.L. Vl.c.ag.,(e) Diod. b. I. p 50,
(/) Herod. L. II.
(g) Apud Joseph, contr. ApionL. I. p. 104!»OÙ Supr.. p. 41A-.