DES PEUPLES DE CANAAN, Cíiap. IV. 583
pain & du vin ; c’est - à* dire , il lui donna un repas * ; après quoi, ayant s fiCT< vi.reçû de ce Patriarche la dîme f, il le bénit au nom duTrès-haut, Possesseur uist'des& Créateur des Cieux & de la Terre. Le Roi de Sodome étoit présent à cet- Cananéens.
te remarquable entrevue, & semble y avoir joué un rôle très généreux &-*
très modeste, en ne réclamant rien de tout ce qu 'Abraham avoit repris del’Ennemi, hormis les personnes de ses Sujets, & en laissant tout le reste àla disposition du Patriarche : mais il ne trouva pas moins de générosité enAbraham , qui, autant que cela dépendit de lui, lui restitua tout ce qui luiavoit appartenu, tant personnes que biens: mais Aner , Ethcol & Mamré ,ses confédérés Cananéens, quiétoient tous trois Amorrhéens, furent maîtresde faire ce qui leur plaîfoit; & il n’est point dit jusqu’à quel point ils imi-tèrent l’exemple d 'Abraham ( a ).
Pendant les quinze années suivantes, nous trouvons un profond silencefur les affaires de ce Peuple ; mais ce terme étant expiré , Dieu exécutaun très sévère jugement contre les habitans de la Vallée de Sìddim. L’ai-fe & l’abondance où ils vivoienc , les corrompirent au point, que lesTrésors de la patience divine se trouvèrent entièrement épuisés poureux ; car si la chose avoit été possible , ils auroient sans doute obtenugrâce par l’intercession d 'Abraham , tout comme ils avoient auparavant étédélivrés de la main de leurs Ennemis par ses armes. Le crime pour le-quel ils furent punis (b) , est le même qu’on a appelle dans la fuite dutems Sodomie: Nom emprunté de Sodome, Capitale de la Vallée. Noussommes déjà entrés dans le détail de cette catastrophe, en parlant de Lot(c); & nous ajouterons seulement ici, que les quatre Villes de cette fer-tile & agréable Contrée , Sodome , Gomorrhe , Admah , ôi Zébojim, surentdétruites par une Pluye de soufre & de feu, ou par le Tonnerre & desEclairs; & que toute la Vallée fut consumée ( d),& devint depuis ce tems-là la Mer Morte , ou le Lac Asphaltide §. Ainsi périt une Branche des Ca-
sa) Genèse XIV.(D IbicVXlX.
(t) Supra, p. M.{d) Genèse XÍX. 24
25. veut. XXIX. 23.
* Comme il est généralement reconnu pour avoir été un Type de Jésus-Chr.ist, quelquesThéologiens ont cru trouver dans ce pairs & ce vin un Symbole du Sacrement de l’Euchari-stie : mais c’est-là une erreur pieuse ; les termes que Moyfe employé, n’ont d’autra sens que-celui que Jvfèphe leur donne ( 1). C’étoit un repas qu e Mehhijédec offrit à Abraham, suivantles loix d’Hospitalité en usage alors ; car Manger du pain , dans le Stile Scripturale, est pren-dre un repas.
f On a observé (2) stue les mots du Texte font si équivoques , qu’il n’y anroit pas eu;moyen de lavoir si c’étoit Abraham qui donua, ou bien Melchiséclec » si l’Apòtre St. Pauln’en avoit été sinterprète (3): ce qui est si vrai, qu 'Eupolème a cru que Melchisékc avoitfait des préíens à Abraham. On ne fait pas de quel genre étoient les dîmes que Melchìsé ■dec reçut à'Abraham t, mais c’est de quoi nous aurons occasion de parler dans la Vie d'A.
braham même : -t > ' 1 ,
§ Voici comment on explique cette terrible destruction.: : La V^Hee .étant pleine de-Puits de bitume (4), ou d’iind'roits d’où le Bitume étoit tiré , (e trouvoit imprégnée pat-
f 1 ) Joseph. Antiq. L. X. k- 10.
(z) ïattick, upon Genès» XIV. v. 1».
(í) Kebr. VII. 2,..(4.) Genèse XVI. to.