DES PEUPLES DE CANAAN, Chap. IV. 595danger d’être pris, quitta son chariot, & s’ensoit à pié *, dirigeant ses Sect. VIpas vers la tente de Hèber le Kènìen , qui étoit en liaison d’amitié avec ja- Hi a 'lin. II trouva Jaël, ïtmmQ de Hèber , à la porte de la tente. Jael j e Caùmècm.
voyant tout éperdu, l'invita à entrer: ce qu’il n’eut pas plutôt fait, qu’el- —--
le lui mit fur le corps une espèce de couverture, afin de le cacher, & decontribuer à un repos dont il devoir bien avoir besoin. Un instant après,il fe plaignit qu’il avoit soif, & demanda un peu d'eau; au-lieu de laquel-le son obligeante Hôtesse lui offrit une coupe remplie de lait, dont il eutà peine bu autant qu’il en vouloir, qu’eJle eut foin de le couvrir de nou-veau. Alors il-la pria de fe tenir à la porte de la tente, & en cas quequelqu’un vînt & demandât s’il n’y avoit point d’homme dedans, de ré-pondre que non. Etant extrêmement fatigué, il tomba dans un profondsommeil ; & Jaël , prenant un clou de la tente, & étant venue douce-ment à lui, le lui enfonça avec un marteau dans la temple, & le tua decette manière. Dans le tems que ceci venoit d’arriver, Barak , qui pour-suivoit Sisera , approcha de la tente. Jaël alla au devant de lui d’un airtriomphant, & l’invita à venir voir l’homme qu’il cherchoit. Ainsi mourutSisera ; & ainsi fut éclipsée la gloire de Jabín , qui vit d’abord fa puissancediminuée , & ensuite entièrement détruite par les Enfans á'isra'ét ( a ) f.
Nous ne saurions dire ce que les Cananéens firent, ou ce qui sot faitcontre eux, après cela, pendant une longue fuite d’années. Ce qui paroitclairement, c’est qu’ils avoient été assez forts pour fe soutenir en différonsendroits, & particulièrement à Jérusalem , jusqu’au tems du Roi David.
Lorsque les Jébufiens , qui étoient maîtres de cette Ville, ou du moins dela Forteresse de Sion , virent que David avoit dessein de les assiéger, ilspostèrent leurs boiteux, & leurs aveugles, pour les défendre; disant qu’ilssuffisoient pour résister à un homme tel que David t & se fiant entièrement
(a) Juges IV.
* Les particularités de la bataille ne font point rapportées dans I’Ecriture, tnais il est ap.parent qu’il doit y avoir eu quelque chose d’extraordinaire & de miraculeux dans cettedéfaite de l’Armée de Jabin ; par exemple , des éclairs, des tonnerres, ou d’autres sons ef-frayans : fl bien que ce fut à des causes surnaturelles, que les Israélites eurent principalementobligation de la victoire. Josèphe, pour rendre croyable la destruction d’une Armée fi puil-sante par le moyen d’uu Corps à’Israélites si peu considérable, entre daus un assez grand dé-tail , & rapporte qu’au moment que faction commença, on vit tomber une grosse pluyemêlée de grêle, que le vent poussoir avec caut de violence contre le visage des Cananéens ,que leurs Archers & leurs Frondeurs ne purent íë íèrvir de leurs arcs & de leurs frondes,tant ils avoient les mains transies de froid. Ainsi les Israélites n’eurent aucune peine à défai-re les Ennemis, dont ils tuèrent un grand nombre ; & de ce qui resta, une partie péritfous les pies des chevaux & fous les roues des chariots de leur propre Armée, qui s’en-fuyoit en désordre (,).
t Jofèphe rapporte ces particularités de cette catastrophe. Jabin rencontra Barak pen-dant qu’il étoit en marche contre Hazor, & fut entouré & défait par lui. Ensuite Hazor,le Siège de son Empereur, fut rasée jusqu’aux fondemens: & ainsi tomba la domination desJabins en Hazor pour la seconde fois, suivant cet historien (2).
( 2 ) Idem ibid«
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(ij Joseph. Antiq, L. V. c. €.£