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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DES PEUPLES DE CANAAN, Chap. IV. 595danger dêtre pris, quitta son chariot, & sensoit à pié *, dirigeant ses Sect. VIpas vers la tente de Hèber le Kènìen , qui étoit en liaison damitié avec ja- Hi a 'lin. II trouva Jaël, ïtmmQ de Hèber , à la porte de la tente. Jael j e Caùmècm.

voyant tout éperdu, l'invita à entrer: ce quil neut pas plutôt fait, quel---

le lui mit fur le corps une espèce de couverture, afin de le cacher, & decontribuer à un repos dont il devoir bien avoir besoin. Un instant après,il fe plaignit quil avoit soif, & demanda un peu d'eau; au-lieu de laquel-le son obligeante Hôtesse lui offrit une coupe remplie de lait, dont il eutà peine bu autant quil en vouloir, queJle eut foin de le couvrir de nou-veau. Alors il-la pria de fe tenir à la porte de la tente, & en cas quequelquun vînt & demandât sil ny avoit point dhomme dedans, de ré-pondre que non. Etant extrêmement fatigué, il tomba dans un profondsommeil ; & Jaël , prenant un clou de la tente, & étant venue douce-ment à lui, le lui enfonça avec un marteau dans la temple, & le tua decette manière. Dans le tems que ceci venoit darriver, Barak , qui pour-suivoit Sisera , approcha de la tente. Jaël alla au devant de lui dun airtriomphant, & linvita à venir voir lhomme quil cherchoit. Ainsi mourutSisera ; & ainsi fut éclipsée la gloire de Jabín , qui vit dabord fa puissancediminuée , & ensuite entièrement détruite par les Enfans á'isra'ét ( a ) f.

Nous ne saurions dire ce que les Cananéens firent, ou ce qui sot faitcontre eux, après cela, pendant une longue fuite dannées. Ce qui paroitclairement, cest quils avoient été assez forts pour fe soutenir en différonsendroits, & particulièrement à Jérusalem , jusquau tems du Roi David.

Lorsque les Jébufiens , qui étoient maîtres de cette Ville, ou du moins dela Forteresse de Sion , virent que David avoit dessein de les assiéger, ilspostèrent leurs boiteux, & leurs aveugles, pour les défendre; disant quilssuffisoient pour résister à un homme tel que David t & se fiant entièrement

(a) Juges IV.

* Les particularités de la bataille ne font point rapportées dans IEcriture, tnais il est ap.parent quil doit y avoir eu quelque chose dextraordinaire & de miraculeux dans cettedéfaite de lArmée de Jabin ; par exemple , des éclairs, des tonnerres, ou dautres sons ef-frayans : fl bien que ce fut à des causes surnaturelles, que les Israélites eurent principalementobligation de la victoire. Josèphe, pour rendre croyable la destruction dune Armée fi puil-sante par le moyen duu Corps àIsraélites si peu considérable, entre daus un assez grand dé-tail , & rapporte quau moment que faction commença, on vit tomber une grosse pluyemêlée de grêle, que le vent poussoir avec caut de violence contre le visage des Cananéens ,que leurs Archers & leurs Frondeurs ne purent íë íèrvir de leurs arcs & de leurs frondes,tant ils avoient les mains transies de froid. Ainsi les Israélites neurent aucune peine à défai-re les Ennemis, dont ils tuèrent un grand nombre ; & de ce qui resta, une partie péritfous les pies des chevaux & fous les roues des chariots de leur propre Armée, qui sen-fuyoit en désordre (,).

t Jofèphe rapporte ces particularités de cette catastrophe. Jabin rencontra Barak pen-dant quil étoit en marche contre Hazor, & fut entouré & défait par lui. Ensuite Hazor,le Siège de son Empereur, fut rasée jusquaux fondemens: & ainsi tomba la domination desJabins en Hazor pour la seconde fois, suivant cet historien (2).

( 2 ) Idem ibid«

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(ij Joseph. Antiq, L. V. c..£