6o3 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Ssct. Vil. sache, ni ia vraye cause, ni le véritable tems de leur départ. Trouvant,fíi/ì. des en chemin faisant, que les Avïens (a) habitoient un Pays agréable & fertile,Philistins. & se sentant assez forts pour les chasser, ils en formèrent le dessein , &
-l’exécutérent. Nous ne croyons pas que leur nombre ait été sort grand,
lorfqu’ils Rétablirent d’abord dans ce Pays ; car leur Roi, même du temsd 'Isaac , eut quelque ombrage de la puissance de ce Patriarche , ce quisemble marquer que la sienne n’étoit pas trop grande; quoiqu’il auroit puse faire qu’ils y auroient été déjà établis depuis plusieurs années, & que parconséquent leur nombre fût devenu beaucoup plus considérable qu’aucom-mencement. Mais en supposant que ce Royaume a éprouvé la soi blesseordinaire à presque tous hs Etats naissans, continuons à rapporter ce quenous savons de leur Histoire.
Abîmé- Abimèìech, leur Roi du tems à'Abraham*, étoit un personnage saintlech I. A juste, & qui avoit commerce avec Dieu. II résidoit à Gérar , dont ilest appelié Roi, & pensa commettre un grand crime par un rafínementde prudence d 'Abraham , qui venant dans son Royaume pour s'éloigner
de
(») Deut. II. 2Z.
gument solide, ponr prouver que ceux dont il parle écoient les Castuhim de May se. Pareille-ment les Caphtorim , qu’on donne auffi pour ayeux aux Philistins, font placés en Cappadoee,Contrée de \'Ape Mineure, joignant la Cotchide. Là, dic-on (l), se trouve une Ville nom-mée Sidé , & la Contrée de Sidène , dont Strabon fait mention. Ét parce que Sidé en Grec ,& Caphtor en Hébreu , signifient une Pomme de grenade, il y a apparence, ajoute-t-on,que le même Pays a été appelié Caphto par les Hébreux, & Sidène par les Grecs. Mais pourprouver que cette façon d’argumenter n’est point du tout bonne , il faut considérer que lesCaphtorim a voient demeuré en Afrique , aux environs de la grande Syrie , qu’on croit avoirété appellée Chaph thor, la Côte circulaire , parce qu’elle forme une espèce de demi-cerele;& que la Pomme de Grenade étoit ainsi nommée par les Hébreux, parce qu’elle vint pre-mièrement de cet endroit de \'Afrique , conformément à ce que Pline écrit touchant l’origf-ne de ce fruit (2). iNous avons déjà exposé notre sentiment concernant les Cafluhim & lesCaphtorim, & renvoyons par conséquent nos Lecteurs à l'endroit où il en a été fait men-tion (z). Ce feroit une entreprise bien téméraire, que de vouloir donner f Histoire des Phi.listins, avant leur départ d’ Egypte, & leur arrivée dans le Pays des Aviens, Cependant nousrapporterons en peu de mors ,ce que d'autres ont été tentés d’avancer fur une matière siobscure. Suivant Cumberland (4), ils habitèrent avec les Phéniciens ou Cananéens dans lePays de Gofhen, c’est-à-dire, dans cette .Contrée qui étoit vers les Frontières de f Arabie ;mais voyant leur Pays occupé par ceux de leur parenté, savoir les autres Defcendatis deMizraïm, ils le quittèrent , pour fe soustraire aux malheurs de la guerre qui alloit s’allu-mer entre les Pasteurs & les Egyptiens naturels, & se retirèrent dans la Contrée où Abra-ham les trouva.
* Un certain Philifiinus, que Jofèpbe (5) fait fils de Mizraïm, passe chez quelques-uns
pour avoir été leur premier Roi (C); & c’est dé lui que cet Historien dérive le nom de Pa-
lestine. Quoi qu'il en soit à cet égard, il est auffi apparent qu’ils auront, ou tiré leur nomde Pelustum , ou que Pelufium saura tiré d’eiix ; car c’est ici ou aux environs qu’ils s’établi -rent d’abord , suivant l’opinion commune (7); & peut-être que nous ne nous tromperonsguères, en supposant qu’ils fondèrent cette Ville , & qu’ils y demeurèrent jusqu’au tems qu’ilsen partirent, de gré ou de force.
fi) Bochart Phaleg. L. XV. c. 31. O) Joseph. Aniiq. L. I c. 7 -
(2) Cleiiç, i n Genes. X. 14. f*) Hjst. Jul, in Regn. Palsst.
(ìj Supra, p. 300 . f 7 ) Supra , p. 300, 301,
(4) Cumberl. on Sanchon. p. 373,