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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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6i6 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

Sect. vil. ' es divertir *; oubliant que ses cheveux étoienc revenus f,& que par con-Ilist. des féquen-t il dévoie ravoir ses premières forces. Ils se moquèrent apparem-Vhilistins. ment de lui; mais ils payèrent chèrement ce plaisir,puisqu’ilspérirent tous

-par la chute duBâtiment. Ce fut-là un terrible désastre pour les Philistins,

qui perdirent en un instant les Principaux d’entre eux, L une grande par-tie de leurs Concitoyens (a).

Les Philistins se tinrent en repos pendant un espace de tems considéra-ble: ils réparèrent la perte qu'ils avoient faite à Gaza , & parvinrent à undegré de pouvoir plus éminent que jamais. Cela étant il n’y a pas lieud’être surpris qu’ils recommençassent la guerre contre les Israélites , quiavoient en quelque forte secoué leur joug, depuis la fatale journée de Ga-za, Ils campèrent d'abord en /lphek , & les Israélites près d ' Eben-èzer. Lesdeux Armées en vinrent bientôt aux mains, le combat tourna a l'avanta-ge des Philistins, qui mirent leurs Ennemis en fuite , & leur tuèrent envi-ron quatre mille hommes. Au milieu de la satisfaction causée par cet heu-reux succès, les Philistins entendirent tout d’un coup des cris de joyedans le Camp des Hébreux : ils en demandèrent la cause , & apprirentque les Hébreux avoient fait chercher l’Arche de l’Eternel, & que cetteArche venoit d'arriver dans leur Camp. A fouie de cette nouvelle, ilss’écriérent tout consternés, Que deviendrons-nous ? Dieu est dans le Camp en-nemi’. "Jamais nous n avons entendu parler de quelque chose de pareil’. & déplo-rèrent extrêmement leur malheur, désespérant de se défendre contre cespuissans Dieux, comme ils parloient, dont le pouvoir avoit été si redouta-ble aux Egyptiens, Ces considérations leur avoient presque entièrement faitperdre le courage; mais leurs Chefs, ou quelques-uns des plus bravesd’entre eux , les exhortèrent à bannir une frayeur qui n’étoit propre qu’àles faire devenir esclaves des Hébreux. Soyez hommes , dirent-ils, V co/»-battez. Cette exhortation fit un heureux effet lur les Philistins consternés,& leur inspira un courage nouveau. Après cela ils livrèrent bataille aux

En*

(a) Jug. XVI.

s’ensuit de-là , que ce doit avoir été un endroit d’une construction particulière , commela Sale Egyptienne dc Vitruve (t) , & nullement semblable aux Théâtres des anciens Grecs& Romains.

* Jofèphe (2) est de sentiment qu'ils le firent venir pour se moquer de lui: peut - être auísileur but étoic-il de se divertir par des discours ou des gestes ridicules, qu’ils l’obligeoientde faire.

t H y a à la marge de notre Version, comme lorfquil fut rasé, c’est-à-dire, que ses che-veux étoienc de la même longueur que quand Dílilah les coupa. D’où nous concluons queJofèphe (z) a raison de dire, que c’étoìt ici une fête annuelle qu’ils célébraient à l’honneurde leur Dieu Dagon, comme cela parait d’ailleurs par le Texte Sacré , dans lequel des actionsde grâces font rendues à Dagon pour avoir livré entre leurs mains ce Samson , qu’ils avoientsouh a i t é d’y avoir depuis tanc d’années. II paraît outre ceia , que le culte de Dagon n’étoitpas limité à /hhdod , quoique cet endroit puisse lui avoir été particulièrement consacré, &que dans ce tems ce Dieu étoic plus respecté qu’aucun de ceux que les Philistins ado-rassent.

(1) Vitruv. Lib. vi. c. s:

(z) Joseph. Ântiq. L, V. c. i».

(s) Idem ibid.