624 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sect. VII, Ea même main , qui leur avoir ravi Goliath, leur fut encore funeste peuBill. des à tems après ; car deux cens d’entre eux furent tués par David feulementPhilistins, pour avoir leurs prépuces, afin d’accompìir la condition qui lui avoit été
-imposée par Saul , avant que de lui faire épouser sa fille ; mais la manière
dont David s’y prit pour tuer ces deux cens Philistins , n’est pas rapportéedans ì’Ecriture. Cependant on peut conclure que ces actes d’hostilitédonnèrent occasion à une nouvelle rupture , ôt que les Gouverneurs desPhilistins cherchèrent à venger cette injure, fans qu’il soit dit s’ils en vinrentà bout ou non (a).
Peu de tems après ce que nous venons de rapporter, ils furent vaincusen bataille rangée par David ( b ) ; & il semble que vers ce tems il se soitfait quelque changement considérable dans leur Gouvernement ; car com-me depuis les /.ibmèlechs ils font toujours représentés comme soumis à desSeigneurs ou Princes, ainsi nous les trouvons présentement gouvernés parun Roi, qui s’appelloit Akis , & qui résidait à Gath (o). 11 est nommé
dans un autre endroit Abimélech (d) , l’ancien titre des premiers Rois dece Peuple. David pour échapper aux sinistres desseins de Saul, s’enfuit àGath , & fut amené devant le Roi ; qui jugeant par son maintien qu’ilétoit hors du sens, ne fit d’autre attention à lui que d’ordonner qu’on nele conduisît plus en fa présence (§).
Les Philistins , qui pendant tout ce tems furent en mauvaise intelligenceavec Saul, rendirent en l’attaquant un grand service à David , lorsque ce-lui-ci étoit dans le Désert de Maon ; mais il semble qu’ils eurent encore dudessous dans cette attaque, & qu’ils fuirent devant òu«/,oudu moins qu’ilseurent la prudence de le retirer.
Akis, Fijs de Maoch *, reçut après cela David, avec ses femmes & tousceux qui l’accompagnoient fous fa protection, & traita tous ces fugitifsavec beaucoup d’hofpitalité. Ce n’est pas tout : David ayant demandéun lieu de retraite, ce Prince lui accorda généreusement la Ville de Zi-klag , qui pour cette raison fut réclamée dans la fuite par les Rois de Ju-
dalu
(a) t Sam. XVIII, 27, (J) Ps. XXXIV.
(/-) Ibid. XIX. 8. òó 1 Sam. XXI. 10. & 13-15.
(c) Ibid. XXI. 10.
* La mention qui est faite du nom de son Père, a porté quelques-nus à croire qu’ilétoit un autre personnage que le prémier ; conjecture confirmée par la manière obligeancedont ce dernier Akis reçut David , au-lieu que l’autre l’avoit méprisé comme étant un extra-vagant. Mais nous ne devons pas oublier que David contrefaiiòic l'inlensé pour tauver (àvie, & qu’il étoit très naturel qu 'Akis ne voulût rien avoir à faire avec un homme qui íaisoitle fou. Mais ce môme Prince peut avoir eu des idées plus avantageuses de David, aprèsque celui-ci lui eut déclaré ce qui savoir engagé à contrefaire 1 intense. De plus ii estmême naturel que dans la fuite il ait entretenu correspondance avec un homme d’un mé-rite si supérieur, & qu’il l’aic invité à venir dans ses Etats, & aíîuré de fit protection, encas que Saiïl entreprît quelque chose contre lui, dans fespérance d’aiíòiblir par-là Sait'-, & delui susciter des affaires dans son propre Royaume. Si la probité d'Mis ne mérite aucun élogeen ce cas, s a conduite ne laisse pas d'avoir été conforme aux Loix ordinaires de la Politique:& d’ailleurs nous ne trouvons aucune solide raison pourquoi cet Mis n’auroit pas été lemême que le précédent.