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1/2 (1770) L' histoire universelle jusqu'à Abraham, l'histoire d'Egypte, & l'histoire des anciens peuples de Canaan
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DES PEUPLES DE CANAAN, Chap. IV. 625Tout ceci ne peut que nous donner une idée très avantageuse <PAkis,$ zcr xïï.si nous considérons les raisons que les Philistins avoient de se plaindre de ^ c!csDavid , qui leur avoit certainement donné lieu d’être irrités contre lui; & philistins.

nous ne saurions nous empêcher d’attribuer des sentimens nobles & géné-

reux à des gens, qui eurent la grandeur d’ame de pardonner à un hom*me, avec qui la plupart des autres Peuples n’auroient gardé aucunes me-sures *, & à l’égard duquel ils ne se seroient crus obligés à l’observationd’aucune Loi. Jkis conçut de grandes idées de David , & ayant apprisqu’il avoit été à une expédition , il l’interrogea fur ce sujet ; & recevantde lui une réponse qui le persuada que David avoit attaqué ceux de sapropre Nation , il témoigna une satisfaction extraordinaire , dans ridéeque puisque David s’étoit rendu odieux à ses Compatriotes, il le garderoictoujours à son service. Ce Prince ayant peu de tems après fait les pré-paratifs nécessaires pour attaquer Saïil , dit à David de raccompagner avecses gens ; & lui promit que s’il faisoit bien son devoir , il sélèveroit àquelque poste éminent. Les Philistins «'assemblèrent, 6c campèrent d’aborden Shunem. De-là ils passèrent en Aphek. Ce fut en cet endroit, que lesdifférens Corps des Philistins passèrent comme en revue sous leurs Chefsrespectifs, & que David 6c les gens suivirent Jkis ; d’où l’on a concluque le poste que ce Roi lui avoit promis, étoit celui de Capitaine de sesGardes. Quand les Seigneurs & les Principaux des Philistins eurent re-marqué la chose, ils en témoignèrent du mécontentement, & s’en plai-gnirent à Jkis , qui fît de vains efforts pour les convaincre que Davidétoit un ami sûr & fidèle. Au-lieu de se contenter des raisons qu 'Akis leuralléguoit, ils s’emportérent contre lui, 6c persistèrent à vouloir quç Davidne fît plus un pas avec eux ; qu’il s’en retournât à Ziklag , lieu de retrai-te destiné pour lui ; & qu’il ne fût pas le maître de les trahir durant la ba-taille , puisque c’étoit-là Tunique voye qui lui restât pour se réconcilieravec son Seigneur naturel, aux dépens des Philistins. En un mot , ilsne pouvoient pas «'imaginer que David , qui étoit i’idole de son Peuple,voulût perdre à jamais les bonnes grâces de ses Compatriotes, en se bat-tant contre eux. Akis , qui se sentoit incapable de résister à tant de cla-meurs , ayant appellé David , lui dit que pour ce qui le regardoit, il étoittrès fort persuadé de sa fidélité , 6c qu’il avoit été parfaitement contentde sa conduite depuis qu’il s’étoit réfugié chez lui : mais que puisque lesSeigneurs étoient bien éloignés d’avoir de lui des idées si avantageuses,il y auroit de Timprudence à entrer en contestation avec eux fur ce su-jet , & que pour cette raison il le prioit de reprendre le chemin deZiklag' David sentant combien les idées que les Seigneurs avoient

* Ceux qui se souviennent que David en tua deux cens uniquement pour avoir leursprépuces, auront sujet de s’étonner de la patience & de la facilité à pardonner d’un Peuple,qui ne pouvoit, après une pareille action, regarder David que comme un ennemi juré d’eux& des leurs. Leur bonté même ne nous paroit pouvoir être expliquée que comme l’esset d’uneinfluence immédiate de Dieu fur leurs cœurs.

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