DES PEUPLES DE CANAAN, Chav. IV. 625conclure d’un autre côté, que s’étant si souvent & si mal à propos enga-gés dan& des guerres sanglantes & ruineuses, ils devinrent plus sages, &aimèrent mieux s’agrandir & se pousser du côté du Négoce, que des Ar-mes *. Et c’est peut-être ce qui fut cause que les Israélites trouvèrentleur Pays ouvert au commencement du Règne de Salomon ; Akis , fils deMaacháb , régnant en ce tems - là à Gath. On demande si cet Akis est lemême qui témoigna tant d’amitié à David; & les Commentateurs ne fontpoint d’accord fur ce sujet, quoique la négative nous paroisse la plus vrai-semblable (a).
Plusieurs années après ces guerres, les Phiììjlins furent harassés par Na*dab ( b) Roi d 'Israël, qui assiégea une de leurs Villes, nommée Gibbcthon;devant laquelle Elah, Roi à'Israël (5), remit ensuite le siège; carelleap.partenoit à leur Royaume, quoique les Philistins , 1 a trouvant abandonnéepar les Lévites (d), s’en fussent emparés, & l’eussent gardée, malgré tousles efforts des Rois â'Israël, trop foibles alors pour la leur arracher.
Cependant, malgré la constance avec laquelle ils se défendirent contreles Rois d 'Israël, ils ne laissèrent pas de rechercher dans la fuite la faveur,de Josaphat Roi de Judah, en lui payant volontairement le tribut (c), quileur avoit, suivant toutes les apparences, été imposé par le Roi David]-,& q u'ils avoienc probablement négligé de payer à quelques -uns des Pré-décesseurs de Josaphat , comme cela est clairement insinué par cette His-toire , & comme nous aurons occasion d’en être encore davantage con-vaincus dans la fuite.
(a) 1 Rois II. Z 9 .
(b) Ibid. XV. 27.
(c) Ibid. X VI. 15.
(tf) 2 Chron. XI. 14.(O Ibid. XVII. n.
* Ce qui nous confirme dans cette pensée, c’est que depuis quelques aînées leur Paysavoit été peuplé d’un bon nombre Sldumiens fugitifs (1), qui apportèrent avec eux leurhabileté pour le Commerce : non que les Philistins n’entendissent rien au Négoce avant queles lduméens vinssent parmi eux ; mais il y a apparence qu’iis s’y appliquèrent alors plus nuejamais, & qu’ils y firent de grands progrès Le Chevalier Newton (2) croît que les Phi.itftins prirent Sidun par le conseil & le secours des lduméens , dans la vue probablement d’é-tendre leur Commerce , en détruisant nue fi dangereuse rivale. 11 supposé auslì (3) que lachose est arrivée durant le Règne de David; car il remarque que sous le Règne de Salo-mon, les Sidoniens, quoiqu’établis à Tyr, n’avoient pas encore perdu leur nom. Nous li-sons dans Jufîin (4) » st ue ^ Ville de Si don fut prise par les Philistins , quoiqu’i! paroisse fetromper, en disant que ce fut le Roi d 'Afcalon qui s’en rendit maître; car il n’est fait men-tion d’un Roi de cet endroit en aucun autre Auteur. Eu égard a la Déesse Syrienne Dircé,qui fut métamorphosée ici (5), les Grecs & les Romains peuvent avoir considéré la Villeà'Afcalon comme la Capitale de la Palestine ; & c’est ce qui a fait que Trogne Pompée , dontJustin a tiré son Abrégé, place dans cette Ville le Roi de la Palestine.
t Jufèphe ( 6 ) sappelle leur tribut accoutumé, & H n’y a que David qui puisse'le leuravoir imposé.
<4) T"stin. L. XVIII. c. 3.
(5) Supr. p. fioz
(6) Joieph. Aariq. U VIII. c. ».
LUI 3
Secr. VII.
fíill. desPhilistins.
(1) Supr p. Í04.
(2) Newt Chronol. p. I«p.{3 ) Idem, p. jiu.