DES ANCIENS PHENICIENS. Chap. VI. gj
gypte, cette révolte arriva fort heureusement pour NeBanebus. C’est § ECTi v.pourquoi, afin d’engager les Phéniciens à soutenir ia querelle, il envoya Bois deun Corps de quatre mille Grecs fous le commandement de Mentor le Rhô- Sídon.dien á leur secours, espérant de faire par ce moyen de la Phénicie une bar- ~ T enr,es~riére entre les Perses & son Pays, & de faire la guerre hors de chez lui.
D’un autre côté, Tennus Roi de Sidon (qui furpassoit alors en opulencetoutes les autres Villes de Phénicie') ayant équipé en grand’ hâte une puis-sante Flotte, & levé une Armée considérable dans les lieux de fa dépen-dance, se mit en campagne. Ayant ensuite eu un renfort de quelquesTroupes Grecques, il défit les Gouverneurs de Syrie & de ùlicie ,qu.’Ochusavoit envoyés contre lui, & chassa entièrement les Perses de la Phénicie.
Les Sidoniens , dès le commencement de leur révolte, avoient ravagé unJardin délicieux appartenant aux Rois de Perse i saisi & brûlé tout le fou-rage que le Gouverneur Persien avoit fait assembler pour sa Cavalerie; &,ce qui étoit bien pis, puni avec la derniere sévérité ceux de leurs Oppres-seurs Perses qui tomboient entre leurs mains. Ces procédés Joints à la nou-velle que les Lieutenans avoient été défaits, & les Perses chassés de Plié*nicie, irritèrent Oclíus au point qu’ii. ne respira plus que l’entiére destruc-tion , non seulement des Sidoniens , mais de tous les habitans de la Phénicieen général. Occupé de ces pensées de vengeance, il rassembla toutes sesforces , & après en avoir fait la revue à Babylone il se rendit de-fà en Phéni-cie , à la tête de trois cens mille Fantassins & de trente mille Cavaliers. Men-tor, qui étoit alors à Sidon , effrayé à l’approche d’une si puissante Armée,envoya fecrettement un homme de confiance qui étoit à son service, auRoi de Perse, pour offrir à ce Prince, non feulement de !e mettre en pos-session de Sidon , mais aussi de l’aider â réduire fous son obéissance i’Egyp-te , où , comme connoissant parfaitement le Pays, il pouvoit lui rendre degrands services. Ockus , charmé de cette offre, fit toutes les promessesdumonde pour engager à son service Mentor , qui, qprès avoir reçu du Roide Perse toutes les assurances qu’il pouvoit souhaiter, trouva moyen de ren-dre Ternes , Roi de Sidon , complice de la même trahison. Dans ce mêmeteins, les Sidoniens, qui ne se defioient pas de Mentor, & moins encore deleur propre Roi, se préparoient à une vigoureuse défense. La Ville étoitpourvue de provisions & de toutes sortes d’armes pour soutenir un longsiège, & les habitans avoient eu foin de s’entourer d’un triple retranche-ment & d’une haute muraille. Outre les Etrangers qu’ils avoient à leur sol-de, la Place étoit défendue par un Corps nombreux d’adroits & braves Sï-doniens, tous exercés dans la Discipline militaire; & la côte étoit gardéepar une centaine de grandes Galères. Mais toutes ces précautions furent"vaines; car Tennus n’eut pas plutôt entendu que l’Armée des Perses ap-prochoit, que feignant de s’aller rendre à l’assemblée générale àes Phéni-ciens, p sertit de la Ville avec un Corps de cinq cens hommes, auquelil avoit joint, en chemin faisant, une centaine des principaux Citoyens,fous prétexte qu’il alloit les faire créer Sénateurs. 11 sortit donc de sSidon avec tout ce cortège, prit le chemin du Camp ennemi, & livr ^y -tous ceux qui l’accompagnoient à Ochus . qui le reçut comme un Ami ,
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