DES ANCIENS PHENICIENS, Ciup. VI. s 7
voient été absens pour leur négoce, ou qui étoient échappés au massa-cre par quelqu’autre raison, étant retournés chez eux, après qu ’Ochuseut repris le chemin de la Perse, .rebâtirent la Ville, mais portèrent dansla fuite aux Perses une haine immortelle. Ainsi il n’y a pas lieu de bé-tonner , si peu d'an nées après ils se soumirent avec tant d’empresse-ment à Alexandre, & embrassèrent si avidement l’occasion de secouer lejoug sous lequel ils gémissoient. Les Sìdonicns furent les premiers de cesContrées qui envoyèrent des Ambassadeurs à Alexandre , lorsqu’il tra-versoit la Phénicie , pour se soumettre à lui. Straton, à ce qu’il paroît,n’approuva point cette résolution ; mais il ne put én empêcher l’exécu-tion, les Citoyens persévérant toujours dans leur haine contre les Perses.Car nous apprenons qu Alexandre le démit de la Royauté, à cause qu’ilcéda aux instances de ses Sujets, & qu’il ne fit point la chose de son pro-pre mouvement (a). Thèopmnpc, cité par Athénée (h ), le dépeint commele plus efféminé & le plus voluptueux des Princes ; & nous informe en par-ticulier, quasi n de rassembler les femmes, & d’avoir occasion paria dechoisir les plus belles pour son usage, il institua pour elles des Jeux publics,dans lesquels celles qui dansoient & qui chantoient mieux que les autres,étoient amplement récompensées. JElien (c) dit qu’il mourut de mort vio-lente. St. Jérôme (d) rapporte touchant un certain Straton, Roi úe Sidon,qu’ayant pris le parti du Roi d’ Egypte contre les Perses, & se trouvanten danger de tomber entre les mains d'un Ennemi dont il n’avoit pointde grâce à attendre, il résolut de prévenir le malheur qui le menaçoit,en s’ôtant la vie à lui-même ; mais que manquant de cœur dans l’exécu-tion de son dessein, fa 'femme qui étoit présente, arrachant coura-geusement sépée d’entre ses mains, le tira d’embarrus, en le tuant pre-mièrement , â en se tuant ensuite elle-même, fans marquer la moindrefoiblesse. Mais les circonstances de la mort de ce Roi, supposées vrayes,montrent clairement qu’il n’étoit pas le même Prince qu 'Alexandrele Grand priva de fa Couronne à cause de son attachement aux intérêtsdes Perses. Maxime de Tyr (e) fait aussi mention de ce Straton Roide Tyr.
A Straton succéda Ballonymus , qui monta sur le Trône à l’occasionsoivante, au rapport de Diodore (/). Alexandre, ayant déposé Straton,donna pouvoir à Hèphestion de placer la Couronne de Sidon sur la tête decelui qu’il voudroit. Ën vertu de cette permission, Hêphcslion nomma à,a Dignité Royale un des principaux Citoyens, dans la maison de qui ilsogeoit alors, & avoit été superbement traité; le priant d’aceepter cet*le Dignité comme une preuve de son amitié, & un témoignage de re-connaissance pour toutes les faveurs qu’il avoit reçues dans fa maison.Lu Citoyen , nullement ébloui à la vue d’une Couronne , rendit millegrâces à son généreux bienfaiteur, mais le conjura en même tems très*
(<0 Curt. L. IV. & Diorì. Sic. L. XVII-(//)■*Athen. L XII. c. 13.
(r) JEiian. L. VII. c. 2.
(d) Micron.- Contr. Jovian. L, I,(c) Maxim. Tyr. Serm. 4,
(/) Uiod. Sic. ubi supra.
Sect. V.Roh deSidon.
Straton.
Annie âuDéluge.2667. A-vantjésus-Christ,33 "'
Baliony.
MUS.