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2/2 (1770) L' histoire des anciens Syriens, des Pheniciens, & des Juifs depuis Abraham jusqu'à Saül
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f74- HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

Sect. I. suivant notre Version, Joseph croîtra comme un Rameau foisonnant aprèsAbraham d une Fontaine, dont les branches sétendent fur la muraille. Des hom-jusqulT mes armés de flèches empoisonnées de haine & denvie (fçavoir ses frères)Moyse. lui ont causé les plus cruels chagrins; fa perte auroit été inévitable, si le 1 1 » Tout-puissant,en qui ilmettoitsa confiance, navoit pas été son bouclier

& son défenseur, navoit pas brisé les chaînes qui lioient ses bras *, &ne la.voit point tiré de prison, afin quil fût un Père & un Protecteur dela Maison àIsraël. Cest pour cela que lEternel même, le Dieu de ton père,te bénira des bénédictions de la rosée du Ciel & de la graisse de la Terre,t'accorda n t une nombreuse postérité, & une abondance générale de toutessortes de Biens. Puissent toutes les Bénédictions, promises à mes Ancê-tres & à moi, être accumulées fur la tête de Joseph , même fur fa tê-te couronnée puissent elles surpasser en durée les Montagnes qui sub-sisteront toujours (a).

Benjamin. Benjamin, le dernier de tous les fils de Jacob, & celui envers qui cePatriarche avoit témoigné une tendresse si particulière, sattendoit sans-doute à quelque bénédiction extraordinaire; mais soit que Jacob prévît quecette Tribu ne seroit pas distinguée des autres par son bonheur ou par sonmérite, ou que devant être mêlée dans la fuite avec celle de ^à,elle au-

(a) Gen. XLIX. 22. & seq,

le terme irmn Banosh (Filles) doit être entendu figurément des Branches qui sétendetale long dune muraille ; mais nous aimons mieux dériver le mot en question de Paar , ren-dre , ou être beau, & alors le sens (itérai fera, Joseph est beau, les Filles cornent fur lesmurailles pour le voir ; tk cette leçon a le plus grand nombre de suffrages.

* Notre Version Anglaise, & quelques autres, rendent ainsi ce verlêt, Mais son arc estdemeuré en fa force, & les bras de fes mains fe font renforcés . Mais cette interprétation aquelque chose de forcé, le sens litéral de lOriginal étant, Mais il continue dans la force deson arc, les mains de fes bras, Japhusu, ont été (non pas renforcées ) mais rompues, dissipées ;ce qui parolt mieux convenir à fes fers, & ce qui est aufli le sens que les LXX. & la Vul-gate y ont attaché. Le même mot fe trouve dans le i. verset du Pfeaume LXVIII. ÇheDieu fe léve & que fes ennemis soient distìpés. Car il seroit très-ridicule de dire , Que fes en-nemis soient fortifiés ; ces paroles étant les mêmes que celles que Moyse & les Israélitesemployoient toutes les fois quils alloient transporter lArche dun endroit à un autre (i).A quoi il est bon dajoûter que le mot de Phos a rarement une autre signification que celleque nous venons de lui donner.

t Nous nous sommes auífi éloignés en cet endroit de la Version Angloife , qui rend lesmots VTIt* Nazir Achauf par celui qui était séparé de fes frères', car quoique le Verbe*113 Nazar signifie séparer, d le mot de Nazaréen tire son origine; & que Joseph fût réel-lement séparé de ses frères lorfquil fut vendu en Egypte, il nest pas apparent que Jacobeût employé des termes si adoucis pour exprimer une action si barbare : outre cela Nazarsignifie plutôt une séparation religieuse; ainsi il est plus vraisemblable quil se servit du motde Nazir, qui signifie couronné, par allusion à ceux qui avoient lIntendance de la Mailòadun Roi dans tous les Empires de lO rient, lesquels étoient appellés Nazir s, & portoieutprobablement quelque espèce de Diadème sur leur tête comme une marque de distinction& de grandeur (2). Ce sens saccorde auífi mieux avec le style pompeux que le Patriar-che employé dans toute la Bénédiction de Joseph.

(1) Nomb. X. Jf.

(a) Calmet. Hist, du V. T. ad foc.