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2/2 (1770) L' histoire des anciens Syriens, des Pheniciens, & des Juifs depuis Abraham jusqu'à Saül
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DES JUIFS JUSQUA LA CAPT. DE BABYL. Chap. VII. i 7P

cent-dix ans lorsquil mourut, âge très - différent de celui quavoient at- Secr.r.teint ses ancêtres ; ce quon pourroit attribuer avec raison à la diffé- Depuis

Abraham

- , jusqu à

sieurs Livres de ses amours avec Zoleikhah fille de Pharao, femme de son Maître Pois- Moyse,phar, qu'ils lisent afin dallumer iamour de Dieu dans leurs cœurs: ces Livres étant par- . ...Mi eux ce que les Cantiques font chez les Juifs & chez les Chrétiens , cest-à-dire, uneallégorie de lamour quíl y a entre Dieu & lAme fidèle. Pour ce qui regarde lHistoireque Mahomet fait de Joseph, quoiquelle soit très-différente de celle quen donne Moyse ,nous ne laisserons pas den rapporter quelques échantillons (i). Joseph ayant informé sonpère du songe il avoir vu le Soleil, la Lune, & douze Etoiles fe prosternant devantlui, Jacob lui défendit de le raconter à fes frères , de peur que le Diable ne les ten-tât à conspirer contre lui. Les frères, voyant quil étoit plus aimé queux , formèrentle dessein de le tuer. Pour cet effet ils persuadèrent à leur père de lenvoyer avec euxaux Champs, fous prétexte que ce feroit un plaisir pour lui, promettant en même temsquils auroient de lui tout le foin possible. Jacob répondit quil craignoit qu'ils ne négli-geassent de prendre garde à'lui, à quoi ils répliquèrent, ,, Avez-vous peur que les Loups ne viennent, & ne le mangent en notre présence, ou que nous manquions de,, force pour le défendre? Le père sétant rendu à ces raisons, ils prirent le lendemainJoseph avec eux, & le jettérent dans un puits. Ils revinrent à la maison le même soir, &dirent à Jacob que pendant quils samusoient à se disputer le prix de la course, & queJoseph gardoit leurs habits, un Loup étoit venu & lavoit dévoré; & trouvant que leurpère avoir de la peine à croire cette histoire , ils lui montrèrent la chemise ensanglan-tée de Joseph ; fur quoi Jacob leur dit que cétoient eux qui lavoient tué, & quils enrépondroient devant Dieu.

Une Caravane, qui passa par hazard le même jour près de l'endroit étoit Joseph ,ayant besoin deau, laissa descendre dans le puits un sceau, par le moyen duquel Josepheut le bonheur dêtre tiré de cette espèce de prison. Les Maîtres de la Caravane lui don-nèrent des habits, & remmenèrent en Egypte , ils le vendirent pour une très-petitesomme dargent. Celui qui lacheta le donna à fa femme, en lui disant que cet Esclaveleur feroit un jour très-utile, & leur «endroit lieu de fils. Joseph ayant en ce tems-autour de vingt ans, fa Maîtresse Zoleikhah devint amoureuse de lui, lenferma un jour dansfa chambre , & lui déclara fa passion. Joseph refusa de répondre à ses désirs, & sesauva du côté de la porte; mais avant quil pût louvrir , elle empoigna fa chemise &la déchira de-dessus son dos. Son époux se trouva par hazard à la porte. Zoleikhah, ra-yant'apperçu , commença à faire daméres plaintes de la hardiesse que Joseph avoir euedattenter à fa pudicité, demandant quil fût puni sévèrement : & appellant un enfantqui étoit dans le berceau à témoin de la vérité de ce quelle difoit, à linstant mêmelenfant répondit que si la chemise étoit déchirée par devant il étoit coupable ; maisque. si elle étoit déchirée par derrière il étoit innocent, & que laccufation étoit fausse.

Le cas ayant été examiné, la chemise déchirée par derrière justifia Joseph , & trahitlintention de fa Maîtresse.

Tome la Ville fut bientôt pleine du bruit de cette avanture, & Zoleikhah ayant apprisque les Dames en prenoient occasion de gloser fur son chapitre, résolut de les inviter àun sestin, & de leur faire voir Joseph dans le tems quelles seroient à table. Elle leSt, & ce jeune-homme ne parut pas plutôt, que fa beauté frappa les Dames dun telétonnement, que sécriant à haute voix que ce nétoit pas un homme mais un Ange,e Ues eurent la distraction de se couper les doigts, croyant couper les viandes qui é-^'ent devant elles. Ainsi fut arrêté le cours de leurs médiíânces. Quelque tems après,Zoleikhah fit une seconde tentative par rapport à Joseph , mais qui lui réussit aussi malque la première; malheur qui lirrita tellement contre !ui, quelle le fit envoyer en pri-son, il expliqua le songe du Boulanger & de lEchanson. Joseph passa en prison neufans entiers, au bout desquels il en fut tiré pour interpréter le songe de Pharao: interpré*tâtion dont ce Prince fut si charmé, quil fit Joseph Surintendant de fes Finances.

(l) Kbliot. Orient. Jousouph Ben Jacob.

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