DES JUIFS JUSQU’A LA CAPT- DE BABYL. Chap. VII. ig 3îa politesse a été toujours un sujet d’admiration ; jusques là que Ja prin- s ECT . x.cipale occupation des sept fils d ’ESìion, Roi d es Siciliens, étoit de gar- Depuisder les Troupeaux de leur père (a): & nous trouvons ce genre de vie ààmvanté, non feulement en Sicile & en Grèce, mais auffi en Syrie , &
d'autres Pays, plus de 1500 ans après Abrahams dans quelques - nnes Hps .'
plus belles Pastorales de l’Antiquité.
Une pareille vie contribuoit à faire jouir les hommes & les femmesde la plus parfaite santé. Le Lait de leurs Troupeaux, & les Fruits dela Terre, ëtoient leurs alìmens ordinaires. Un Chevreau, un Veau gras,ou un plat de Gibier, compostât tout un Festin ; & l’on diroit qu ’Ho-mère a eu pour originaux les Patriarches dans les portraits qu’il tracede ses Héros dans YOdysée, tant il étoit éloigné déjuger la Vie Patriar-cale indigne d’un Grand-homme. Quiconque considérera que Jacob zéléle favori de sa mère, & que par conséquent il a été élevé plus délicatementque son frère Efaïi , s’étonnera fans doute que ses parens permissentqu’à l’âge de quarante ans il fît un voyage de plus de 500 milles (carií y a cette distance entre Bèershêba & Padan - Aram ) fans un serviteur,ou quelqu’autre commodité pour voyager que son bâton. Cependant ilparoit qu’il étoit si bien endurci au travail, qu’il ne fit aucune difficultéde passer la nuit en plein air, en prenant pour chevet la première pier-re qui se rencontra sous fa main (L). II prit foin d’accoutumer ses fils aumême genre de vie, comme cela paroît clairement par la commission qu’ildonna à Joseph, son favori, qui n’avoit alors que seize ans, d’aller,pouravoir des nouvelles de ses frères, jusqu’en Hébron, qui étoit à 80 millesde Mamré, où il demeuroit. D’un autre côté, Joseph , entendant qu’ilíalloit encore faire trente milles pour les joindre, ne se fit aucune peinede continuer son chemin jusqu’à ce qu’il les eût trouvés (c).
Cette vie laborieuse ne contribuoit pas seulement à les rendre sains Scvigoureux, mais étoit aussi une espèce de remède, qui aidoit, humaine-ment parlant, à prolonger leurs jours, Sc à diminuer les douleurs dontla mort est ordinairement accompagnée. Si nous en exceptons Isaac ,qui nous est plutôt représenté comme un homme contemplatif que commeUn homme laborieux (d ), & dont les forces ne durèrent pas si longtemsque celles des autres, nous ne lisons pas qu’ils ayent eu, ni maladies, niu e st>in de Médecins que pour embaumer leurs corps après la mort. Tousueux dont Moyse a marqué l’âge, ont vécu plus de 150 ans, excepté$°seph , dont les jours furent apparemment abrégés, parce qu’il n-’est gué-res possible de vivre frugalement à la Cour d’un Roi (b).
Leur tempérance conjugale n’étoit pas inférieure à leurs autres ver-us, quelq ue peu fondé que cet éloge paroisse â la prémiére vue. Abra-ham vivoit dans un Pays où la Polygamie étoit permise, & où une Postéent ® nombreuse étoit regardée comme une des plus grandes bénédictions
00 Homer. Illad. 2 .(Q <?en. XXVIII.
<0 Ibld - XXXVII. i 7 .
st/) Gen. XXIV. 63. XXVII. 1. & fui-/,(e) lbid. L. 26.