186 " r HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Skct.I. fice réel d’un Enfant dévoie l’être à plus forte raison. Or dès quTIaDepuis avoient une fois conçu que le mérite essentiel d’une cérémonie si barbareAbraham CO nsistoit dans l’extinction de tout sentiment d’humanité & d’affeétion na-turelle, il étoit naturel qu’ils inférassent delà, que plus ils insultoient à l'hu-—° y e ‘ mainte par de plus cruels tourmens, plus la valeur de leur sacrifice enseroit augmentée.
SECTION II.
Histoire des Juifs depuis leur Esclavage en Egypte jusqu 1 àleur Entrée dans le Pays de Canaan.
SltCT. II.
Depuisl'Esc la va•ge en E-gypte jus-qda l’En-trée en Ca-naan.
Grand Ac-croissementdes Israéli-tes cil E-gypte.
N Ous revenons à présent aux Israélites en Egypte , qui augmentèrentsi prodigieusement, tant ën nombre qu’en force, durant les 215.ans qu’ils y séjournèrent (a) * , que les Egyptiens ne purent s’empê-cher de les regarder comme un Peuple, finon formidable, du moinstrès-dangereux. Les soixante & dix personnes qui vinrent en Egypteavec Jacob , eurent, au rapport de Moyje , jusqu’à 600000 descen-dans mâles, depuis vingt ans & au-dessus (b), tous en état de por-ter les armes. A ce nombre il faut ajoûter ceux qui n’avoient pasvingt ans, les vieillards depuis soixante ans jusqu’à cent A au - dessus,& les femmes, qu’on peut supposer avoir été en plus grand nombreque les hommes, puisqu’il étoit permis d’avoír plusieurs femmes. Ain-si il n’y a pas lieu d’être surpris que les Egyptiens craignissent que lesIsraélites ne couvrissent en peu de tems toute la face de leurPays.. Au reste il n’est pas nécessaire d’avoir recours à desmiracles , comme ont fait les Juifs (c) , pour expliquer cetteprodigieuse multiplication Nous avons déjà donné dans un des Cha-
(a~) Exod. I. 7. (.c) Aben Ezra & Munst. in loc.
(-) Nomb. 1 . 46.
* L’étonnement de Moyse , en considérant cette prodigieuse augmentation, paroit en ceque pour l’exprimer il employé quatre des plus forts verbes qu’il y ait en Hébreu : sça*voir, 113 , pharu, ils multiplièrent comme le Fruit des Arbres; 1X12", jifrefu, ils mul-tiplièrent comme des poissons ; im, rabbù , ils crûrent journellement en nombre; 1M>",jahatzmu , ils se renforcèrent de plus en plus (>)- Si 'leur servitude leur avoit autantpermis de croître en sagesse & en grandeur d’ame, ils ne lui auroient pas donné autant depeine que nous trouvons qu’ils firent, tant en Egypte, que dans le Désert.
t St. Augustin (2) croit que cette étrange multiplication é.toit miraculeuse, & plusieursJuifs font dans les mêmes idées, Aben-Ezra allure que les femmes des Israélites met-toient ordinairement au monde trois ou quatre enfans, & quelquefois jusqu’à sept (3).
(î) Aben Eir. apud Munster. ín loc. Pilicwfe
îr ai.
(t) ExoJ. I. 7.
(ï) August. de Civ. L, XVIII, c. 7.