220 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.
Sect. II. je t’ai chargé d’opérer ; sois aílhré néanmoins que je tirerai les Israélites de leurDepuis captivité, & que les Egyptiens fçauront que je fuis l’Eternel. Pharao à-la-véri-l'Efclava- ìê s’opposera au dépare de mon Peuple, jusqu’à ce qu’il soit contraint deevpte %s- ^ a ^ er a ^ er- ^ ar 'Puisqu*il refuse de me reconnoître, & qu’il ne fait au-qu’à l En- cun cas de mes ordres,il n’estque juste que je l’abandonne à lui - mêmeautréeen Ca- point, que quoique mes merveilles soient multipliées à ses yeux, & que toutnaavi. \ e Pays en soit frappé d’étonnement ,lui seul persiste dans son insensibilité.Va donc, L que les prodiges que tu fe"as, convainquent du moins cet or-gueilleux Tyran, que tu tiens ta mission d’un Monarque plus grand & plusPremier puissant que lui (a). Moyse & Aaron obéirent incontinent ;ôi , s’étant pré-Miracle. f en tés devant Pharao , confirmèrent leur mission par le premier miracle, quide\\ ^ ^ ut si ue Verge de Moyse jettée par terre se changea en Serpent. Pharao ,changée en quoiqu'un peu surpris dece prodige, fit d’abordappeller des Magiciens, quiSerpent, imitèrent ce prodige. Mais dans le teins que le Roi & toute la Cour applau-Le s Ma- dissoit á leur habileté , le Serpent de Moyse dévora ceux des Enchanteurs^Trent °ìe ^ëyP^ ens *- Cependant cette supériorité de pouvoir ne fit guéres d’im-rnéme pro-
\ a ) Exod. VI. p. tot.
que nous citons (i). II paraît par ces autorités, & par plusieurs autres que nous pour.rions rapporter, que le Texte en question doit être traduit, comme nous avons fait, queDieu permit que le caur de Pharao fût endurci. Pour ce qui concerne les passages où il estdit, pour cette cause t'ai-je suscité , ajìn de montrer en toi ma puissance , il est certainqu’ils auraient dû être traduits , pour cette cause ai-je permis que tu subfifiáses &c... Je t’aiépargné, & ne t’ai point enveloppé dans la ruine commune &c. . . ce qui forme un toutautre sens, & marque seulement que quoiqu’il eût depuis longtems mérité d’être détruit,Dieu trouva bon de le conserver, jusqu’à ce que les Israélites eussent été délivrés en dépitde leurs Ennemis.
* Le Talmud nous a conservé un Proverbe, que les Egyptiens appliquoient à Moyse,lorsque celui - ci commença à opérer parmi eux des miracles: Tu apportes de la paille à / if -fra, lieu d 'Egypte où il y en avoir en abondance; voulant dire, qu’il avoir mal choisila scéue pour des tours de Magie, dans un Pays rempli de Magiciens. Origéne dit que lesEgyptiens ne nièrent pas les miracles de Moyse , mais prétendirent seulement qu’ils sai-sirent illusion aux sens, & n’étoient point i’esset d’une puislànce divine (2). Et Phi Ionintroduit les Magiciens Egyptiens disant à Pharao & à ses Courtisans: Pourquoi êtes-vouseffrayés ? N.us n'ignorons pas ces merveilles , U faisons même profession de les opérer (3)
Avant que d’enrrer dans la longue discussion des miracles de Moyse, dont la plusgrande partie fut imitée par les Magiciens de Pharao , nous croyons devoir rechercher quiétoient ces derniers, par quelle puissance ils opéraient des prodiges, & pourquoi ils nepurent point imiter quelques-uns de ceux que fit Moyse. Par rapport au premier arti-cle, nous nous sommes engagés dans un autre endroit à prouver qu’ils étoient ce Janues& ce sambres (4) que St. Paul dit avoir résisté à Moyse (s). Pline (6), parlant de laSecte des Magiciens, dit que Moyse, Jamnes & Jotapha en étoient les Chefs & les Fon-dateurs. Ces deux derniers font désignés dans le Talmud (7) par les noms de nooiJoachani & Mamri. Le Targum de sonàtham (U)-assure qu’ils étoient fils de Balaam, Úc
(1) Ar. Montan. de Idiom. Hebr. N. 42. Fin.Can. Theol. Cent. II. Gerhard de Provid. Calov.& Rung. in Exod, Hunnin. qu. de Provid. 57. AI.Meicaer. Difp. Giess. Tum. I. p, 74t. Mesner An-thropoi. dec. 1. Píeìfer Dubia v. T. Cent. I. L.LXXXVII. Pelling ôc Whitby against pred. 1 .cçlerc. in loc. Grot. Le Cene, Essay & aï.
(2) Osig. coac. Cels, Lib, III.
(;) Phil. in Vit. Mos. Warren. cont. Burnejp. 40.
(4) Sup. Tom. I. pag. 402.
<5> r. Tim. III. 8.
(n) Plin. Lib, XXX. c. t.
(7) Talmud Tract, NIN 212 Cap. IX.'
(8) Targ. i« Num, XXII. *2.
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