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2/2 (1770) L' histoire des anciens Syriens, des Pheniciens, & des Juifs depuis Abraham jusqu'à Saül
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2Z8 HISTOIRE ASIATIQUE, Livr. I.

Sect. II. pouvant gaéres simaginer quils aìloient entrer dans un autre Elé'Depuis ment, qui scroit aussi funeste pour eux que favorable à ceux quil s

l'Esclava-ge en E-

gypte jus- xarJre , continue-t-il, étant venu en cet endroit, voulut la palier avant que les eauxqu à F En. remontassent ; mais comme cétoic alors en Hiver, la Mer recommença à grossir avanttréeenCa- quil leût traversée, & il fut obligé de marcher tout le jour dans leau jufquà la cein-naan. ture (i) Par il paroît évidemment quil ny a aucune parité entre le passage d 'A-

. . lexandre & celui des Israélites, quel que puisse avoir été le dessein de Joséphe , en affectant

de les mettre de pair.

Nous allons démontrer à - présent 2. que f opinion de ceux qui supposent que Moyseconduisit les Israélites le long du rivage, ou à quelque lieu élevé & avancé dans la Mer,est contraire à lexpérience & à la raison. Nous ne prétendons pas nier que la Mer Rou-ge nait son flux & son reflux comme les autres Mers qui ont communication avec lO-céan. Ceux qui se sont transportés fur les lieux pour examiner la chose, assurent queles eaux de la Mer Rouge montent vers le rivage pendant six. heures, & descendent pen-dant le même espace de teins, après avoir resté environ un quart-heure fans monter nidescendre. Us ajoutent que quand leau est tout-à-fait basse, elle laisse à sec un espacedenviron trois cens pas, assez ferme pour quon puisse sy promener (2), comme quel-ques-uns ont fait (z). Nous omettons à dessein, & pour ne pas tomber dans une lon-gueur excessive, plusieurs circonstances peu importantes quon a fait valoir de part &dautre. Mais par ce qui vient d etre dit, & dont on est obligé de convenir des deuxcôtés , il est évident que ces trois cens pas que la Mer laisse à sec pendant que leauest baflè, ne peuvent rester en cet état quune demi-heure tout au plus; car durant les sixpremières heures fa Mer se retire seulement par degrés, & commence ensuite en moinsdune demi - heure, à remonter vers le rivage. Ainsi le plus quon puisse accorder, tantpour la durée du teins que pour létendue du terrain , se réduit environ à deux censpas pendant six heures, & à cent cinquante pas durans huit heures. Cela étant, il estclair quune multitude consistant au moins en deux millions & demi dhommes, de fem-mes, denfaus & defclaves, comme nous savons prouvé ci-devant (4), chargée outre ce-la dune quantité prodigieuse de bétail, de meubles, & de dépouilles des Egyptiens, nepouvoit jamais faire une pareille marche, je ne dis pas dans un tel espace, mais mêmedans un espace double de celui-, quand même nous doublerions encore la largeur du ter-rain. Cet argument a une égale force contre ceux qui supposent quils ne firent que cô-toyer une partie de la Mer, & ceux qui soutiennent quils en traversèrent le petit bras quiest prés du Port de Suez , puisque six ou huit heures nepouvoient certainement pas suffirepour le passage dune prodigieuse multitude , quelque largeur quon donne à lespacetraversé.

11 ne sera pas inutile dobserver ici quil ny a pas la moindre apparence que les Egyptiensignorassent les Loix du flux & du reflux de la Mer, pour ne rien dire de la folie quil y ade supposer quils auroient continué à poursuivre les Israélites, quoique leau remontât pardegrés, & quainsi ils fûssent suffisamment avertis du danger qui les meuaçoit. De pluscomment Moyse pouvoit-il avoir le moindre soupçon que les Egyptiens, qui les avoieut sifort pressés de partir, & qui avoieut été si sévèrement punis pour.les avoir retenus, lespouríirivroienc de si près? Ce quil y a de certain, cest que sil avoit un pareil - soupçon,il a péché contre toutes les régies de la prudence, en les menant dans un endroit ilsétoient renfermés dun côté par la Mer, & de lautre par des Montagnes. Car li Pharaoimmédiatement après être arrivé à Pi-Hahiroth, avoit attaqué les Israélites, ces derniersauroient été obligés de se retirer dans la Mer, longtems avant que le reflux leur ouvritun passage, & peut-être dans le teins même de la haute marée, auquel cas ils auroienttous été noyés ou taillés en pièces.

Cest ce qui nous conduit à notre troisième observation , sçavoir que la notion

(1) Stiab. Lib. XIV. Villet. in Exod. XIV. (3) Theven. Voy. To m , II. c , 2 j. P. 515.

quasi. > 7 - (4) Vid. supr. p. 18S.

(2) Bernicr. Moriion. & al.