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HISTOIRE DE PERSE. Liv. I. Cií. XI. 7
telle. On le ramena dans son Palais, où il expira entre les bras de fa fem- Sectionme,qu’il laissa enceinte, comme son Père avoir laisse la sienne en mourant. v.En prenant congé d’elle, il lui demanda pour dernière grâce, en casqu’el- Histoirele eût un fils, de lui mettre continuellement devant les yeux la mort infor - dc Perft.lunée de son Père, & de l’animer à se venger du Peuple, qui le privoit à-la-fois de la Vie & de l’Empire. Ce funeste accident obligea Keyomaras àremonter fur le Trône. Les premiers foins de ce Prince furent de célébreravec la dernière magnificence les obsèques de son fils, & de tirer vengean-ce des auteurs de fa mort ; après quoi il régna heureusement pendant ungrand nombre d’années.
On ne sauroit rien dire de fort certain touchant la Famille de ceRoi, ni du tems où il a vécu. Quelques Ecrivains Orientaux sont prispour Adam, & parce qu'il avoit été le premier Roi, ils en ont fait auífiîe premier Homme. Mais d’autres, plus raisonnables, ont jugé que cetteNation tiroit fa source d’une méprise, & qu’en l’appellant Adam les an-ciens Perses vouloient lui donner un surnom d’honneur, qui marquât qu’ilétoit le Père de leur Nation, comm q Adam l’étoit du Genre-Humain. Lesplus judicieux d’entre les Auteurs Persans croient qu’il étoit fils à'Aram ,fils de Sem, le fils de Noé, & qu’il érigea son nouvel Empire aux environsdu Mont Ararat ,dans un Pays qui fut peuplé immédiatement après le Dé-luge. On n’est guères plusd’accord fur fa Religion. 11 s’en trouve qui l’ac-eufent d’Idolâtrie,& qui prétendent que le magnifique Bûcher qu’il fit éle-ver pour brûler îe corps de son fils Sìamek , occasionna le CulteduFeu , qu’onattribue au s. Mages. Mais s’il en faut croire des Auteurs plus dignes de foi,Keyomaras étoit, comme la plupart des anciens Rois, en même tems Prin-ce & Prophète, & en cette dernière qualité il enseigna à son Peuple la Reli-gion des Patriarches, & en particulier l’Existence d’un seul Etre tout-puis-sant, qui subsistoic par lui-même; & celle d’un Etre mauvais, mais créé,qui étoit l’Ennemi mortel du Genre-Humain. Les Romanciers le font vi-vre icoo ans, dont i! en passa 560 fur le Trône. On ne fait pas biencombien de tems il régna avant que de résigner la Couronne à Siamek; maison compte ordinairement trente ans entre le jour qu’il reprit le Sceptre enmain, & celui de fa mort Ça).
tìushang ou Uouschenk , surnommé Pschdad , étoit un Prince habile & Hushang,courageux, également célèbre, dans tout Y Orient , par l’étenduede ses con-noissances, & par la grandeur de ses exploits. On prétend qu’il rédigeales Loix en Code, & que le nom àzPifchdad lui fut donné 3 cause de ce-la. 11 partagea auífi son Empire en différentes Provinces, fur lesquelles ileut foin d’établir des Gouverneurs. Outre cela, ce Prince fit travailler auxMines, & inventa la plupart des Instrumens d’Agriculture, comme auífil’Art d’humecter les Terres en conduisant seau par des passages souterrains»
On lui attribue auífi l’invention d’apprivoiser des Léopards & d’àutres Bê-tes féroces, & l’usage des Fourrures pour se garantir du froid en hiver»!
Dans le tems qu’il faifoic fleurir son Royaume par fa sagesse , il l’étendoic
O) Shariílani ap. Hyde Rel. Vet. Pets. C. XXV.. p. 1.7,5»