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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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HISTOIRE DE PERSE. Liv. I. Cil. XI. 13fi, dun côté, la haine quon -avoit pour ce Prince, a été cause quon !'a. défiguré, de routés sortes de manières, au point de le rendre méconnois*fable; de lautre,les fautes des Copistes, qui ont transcrit danciens Poè'tes,ont pu aussi y contribuer. Comme ce Monarque avoit acquis ia Couronne*lépée à la main, il gouverna aussi fes Sujets avec un Sceptre de fer. Cepen-dant cétoit un grand Génie, mais qui n'employoit son esprit quà faire dumal ; ce qui lui étoit dautant plus facile. quil avoit étudié les noirs Secrets dala Magie. Et comme si tout cela navoitpas encore suffi pour inspirer de l'ef-froi,les Auteurs Persans le représentent avec un visage maigre & pâle, desyeux étincelans & égarés, un air fièr & hautain, & un corps touc-à-fait dif-forme. Sa férocité naturelle étoit encore irritée par une maladie cruelle & in-curable , consistant en deux ulcères douloureux, un fur chaque épaule. La sen-sation que ces ulcères lui faifoient éprouver, étoit semblable à celle qui fuitla morsure dun Serpent, & cest apparemment ce qui a donné lieu à unConte qui fe trouve dans un fameux Koman Oriental : savoir, que le Dé-mon, après lui avoir obéi pendant plusieurs années, demanda à ia fin pourtoute récompense, quil lui fût permis de lui baiser les épaules. Cette grâceayant été accordée au Démon, un horrible Serpent fe jetta tout- à-coup furfes épaules, & à force de ronger sy creusa une demeure. Quelque Sorcier,ou le Démon même, suggéra en songe à Zoak un remède inhumain, quiétoit de laver fréquemment ces ulcères avec du sang Humain tout chaud,ou, suivant dautres, dy appliquer la cervelle de quelques Hommes nouvelle-ment tués. Au commencement le Titan faisoit mettre à mort toutes sortesde Criminels ; mais quand il ny en eut plus, le désir de trouver quelquesoulagement à sa douleur lengagea à népargner personne. Les Prêtres &les principaux Seigneurs de fa Cour employèrent tous les argumens possi-bles pour le porter à ne faire usage que de sang & de cervelle de Brebis,mais inutilement. Ceux qui étoient chargés de la cruelle commission dim-moler tant de victimes Humaines, en laillòient par pitié échapper plusieurs,qui, tant pour leur conservation propre , que pour celle de leurs Bienfai-teurs , fe sauvoient dans les Montagnes, ils formèrent une Nation, con-nue dans la fuite fous le nom de Curdes (a). Durant tout le cours de sonRègne Zoak fit chercher Phridun, fils de son Prédécesseur ; mais la Mè-re de ce jeune Prince fut si bien le cacher, quil fut impossible aux Emis-saires de Zoak de le trouver. Le Tiran sen vengea fur le Père de cetteReine, en le faisant mettre à mort: traitement quil fit aussi éprouver àtous ceux quil soupçonnoit être dans les intérêts du jeune Phridun. La prin-cipale cause de tant de cruautés, étoit un songe Zoak vit trois Hommesqui venoient lattaquer. 11 lui parut quun deux lui donnoit un coup mortel,que les deux autres défaifoient fa ceinture, & après sen être servis pourlui lier les pies, le transportoient dans le Territoire de Damavcnd. pouravoir Interprétation de ce songe, il consulta tous ceux de son Pays quifaifoient profession de les expliquer. Leur réponse unanime fut, quil étoicmenacé de perdre la Couronne & la Vie,parce que la ceinture étoit con-

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Mirkbond Hist. Sect. VI.

R 3

Section-

V.

Histoiree Perse.