Section
V.
Histoirede Ferse.
16 HISTOIRE DE FERSE.
savoir quel de ses fils ils croyoient le plus digne de lui succéder. Leurréponse suc,que s’il ne vouloir plus gouverner lui-même, ils demandoientqu Irège montât fur le Trône ; à quoi Phridun consentir. Pour empêchernéanmoins que ses deux autres fils n’en eussent du ressentiment, il donnaà Tur toutes les Provinces Orientales de son Empire, à Salm les Provincessituées du côté opposé, & ne fit entrer dans le partage à’Irège que la Perse,Y Assyrie & la Mésopotamie. Ce fut cette division qui produisit les noms deTuron & d 'Iran , dont l’un désigne cette grande étendue de Pays située àl’Orient de la Perse, & l’autre la Perse même & les Pays qui en dépendent(a). Tur bâtit une magnifique Ville, dont il fit la.Capitale de ses Etats, &à laquelle il donna son nom, l’appellant 'luron, & le Pays même Turquejtan.Cette Ville étoit située dans la Province d e Manaralnahar dans le voisinagede te Mer Caspienne, & c'eH de-là qu’est venu aux habitans de cette mêmeContrée le nom de Turcs ( 5 ). Quelque bien que Salm & Tur eussent étépartagés par leur Père, ils ne laissèrent pas de concevoir une violente hai-ne contre lui & contre leur frère Irège, dont ils concertèrent la perte.Quand tout fut prêt pour Pexécution de leur projet, < S'ct/?« & Tur entrèrentchacun à la tête d’une puissante Armée en Aderbayagjan , &, après avoirjoint leurs forces en un corps, ils envoyèrent à leur Père un Manifeste, oùils donnoient à connoître leur mécontentement de la préférence accordéeà Irège ,e\\xi\s nommoient bâtard,& déclaroient qu’ilsnemettroientpointbas les armes, qu’ils n’eussent partagé entre eux les Pays dont il avoit étéjusqu’alors en possession. Phridun, justement irrité d’une pareille insolence,envoya fur le champ ordre à Irège de rassembler toutes les forces qu’il luiseroit possible. Irège témoigna souhaiter qu’on commençât par tenter lesvoies de la douceur; mais Phridun fut d’un autre avis , & persista dansl’idée de réduire les rebelles à main armée. Cependant Irège, ne pouvantrenoncer à ses projets pacifiques, prit avec lui quelques-uns de ses plus sa-ges Conseillers, & s’en sic accompagner jusques dans le Camp de ses frères,pour terminer par leur moyen tous les différends. Salm & Tur , charmés d’a-voir Irège en leur pouvoir, se jettérent sur lui, & lui coupèrent la tête,qu’ils envoyèrent à leur Père, attachée au bout d’une perche. Phridun,touché au vif du fort de son fils, résolut de continuer la guerre contre Salm& Tur, & donna pour cet effet les Etats à'Irège à son fils Manugèher, quise mit d’abord en marche contre ses deux Oncles. Ceux-ci, méprisant sajeunesse, en vinrent à un engagement, où les deux frères furent défaits, &perdirent la vie de la main de Manugèher, qui revint en triomphe. QuandPhridun , qui avoit depuis quelque tems perdu la vue , entendit les accla-mations du Peuple à l’entrée de Manugèher ,il demanda qui étoit assez har-di pour entrer ainsi en fa présence. Le jeune Vainqueur, à l’ouïe de cettedemande , s’écria: Cejt votre petit-fiìs Manugèher , le vengeur du sang d’1-rège , qui a tué Salm & Tur de sa propre main. Phridun le reçut alors âbras ouverts, & avec toutes les démonstrations d’une tendresse paternelle.
Ensuite
{a) Hyde Rel. Vet. Pers. C. XXXV. p. 417. (b) Mirkhond Hist. Sect, VII,
ífHerbelot. Bibl, Orieut. An. Feridouu.