HISTOIRE DE PERSE. Liv. I. Ch. XI. sison Règne, écrite par Tabari (a), ancien Auteur Persan , nous fournit plus sectiond’un exemple. -Cet Historien nous apprend que Manugéher , recevant la v.nouvelle que les Turcs paffoient le Fleuve de Gjeihon , dans le dessein de le BijìoWechasser de ses Etats, convoqua un Conseil composé du Corps des Nobles de dePerse.
ton Empire, auxquels il adressa le Discours suivant. „ Le Très-haut rn’a-
,, donné ce Royaume, asm qu’en qualité de Prince je contribuasse à fa,, gloire par mes actions;que je fisse vivre mon Peuple dans l’aiíè &dans„ Tabondance; & qu administrant la justice fans acception de personnes,
„ les dons glorieux que Dieu m’a faits en fussent augmentés. Si, ingrat„ envers mon Créateur, j’avois manqué à ces devoirs, j’aurois mérité», de perdre à présent mon Royaume, & d’expier dans la fuite ma mé-», chanceté par d’éternels châtimens. Le Très-hautm’afaitnaîtredeSang„ Royal, & je n’ai point usurpé la Couronne que je porte. O mes Amis,
», ne perdons pas cette Couronne par notre lâcheté, ni ne souffrons pas,, qu’on nous l’enlève; que chacun de vous considère l’état où nous fom-„ mes, & demain je vous ferai part de mes scntimens fur ce sujet ". Lejour suivant les Nobles de Perse se rassemblèrent, & le Roi, assis sur sonTrône dans l’appareil le plus magnifique, ayant le Mubad Mubadan , ou6 rand-Prêtre, astis à son côté fur un siège d’or, fe leva & dit; que sonSceptre étoit un Don du Tout-puissant, dont la volonté souveraine dispo-soic de tout, & sans Tordre ou la permission duquel rien ne pouvoit arri-ver. II ajouta que Dieu avoic comblé Jongtems la Nation Persane deplusieurs bénédictions, qui méritoient qu’elle lui en témoignât fa reconnoîs-íance par la plus exacte observation de ses Loix. Que pour ce qui regar-doìt Tinvasion des Turcs , comme elle ne se saison t que par la permission deDieu, c’étoit à lui qu’il falloit d’abord s’adresler pour pouvoir !a soutenir.
11 exhorta ensuite ses auditeurs à réformer leurs mœurs,, à payer constam-ment à Dieu Thommage de la prière, à mettre en œuvre tout ce qu’ils a-Voient d’intelligence ik de courage pour aider à défendre leur Patrie, & à es-pérer que le Tout-puissant ne les abandonneroít pas, mais qu’il les rétabliroicdans un état de tranquillité,en les faisant triompher de leurs ennemis,ouen inspirant à ces mêmes ennemis des fendmens pacifiques. Dieu récom-pensa la piété de ce Prince par une vie longue, quoiqu’on ne sache pasprécisément combien d’années il vécut. Pour ce qui est de son Règne,tous les Auteurs conviennent qu’il fut de 120 ans. Ils assurent aussi qu ilmourut d’un air serein & majestueux, & qu’ayant fait venir son fils & Suc-cesseur, il lui donna, en peu de mots,quelques avis touchant le Gouver-nement de ses Etats, & lui recommanda ses plus affectionnés Sujets (b),
Nudar ou Naudar succéda á son Père, mais son Règne ne fut rien moins ^^1-..«lu’heureux. A peine fut-il monté fur le Trône, que les Grands du Royau-me commencèrent à cabaler, & à exciter-des séditions, qui affoibiirentTEmpire au point, que les Turcs conçurent l’efpérance de s’en emparer ;chose qui depuis longtems leur tenoit fort à cœur. Dans cette vue, P ashangh ,
(V) Apud líyde Rel. Vet. Pers. C. VI!f. G) D’Herbclot Biblioth. Orient. Art. Ma-p. 156. nougéher.