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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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HISTOIRE DE PERSE. Liv. I. Ch. XI. sison Règne, écrite par Tabari (a), ancien Auteur Persan , nous fournit plus sectiondun exemple. -Cet Historien nous apprend que Manugéher , recevant la v.nouvelle que les Turcs paffoient le Fleuve de Gjeihon , dans le dessein de le BijìoWechasser de ses Etats, convoqua un Conseil composé du Corps des Nobles de dePerse.

ton Empire, auxquels il adressa le Discours suivant. Le Très-haut rna-

,, donné ce Royaume, asm quen qualité de Prince je contribuasse à fa,, gloire par mes actions;que je fisse vivre mon Peuple dans laiíè &dans Tabondance; & qu administrant la justice fans acception de personnes,

les dons glorieux que Dieu ma faits en fussent augmentés. Si, ingrat envers mon Créateur, javois manqué à ces devoirs, jaurois mérité», de perdre à présent mon Royaume, & dexpier dans la fuite ma-», chanceté par déternels châtimens. Le Très-hautmafaitnaîtredeSang Royal, & je nai point usurpé la Couronne que je porte. O mes Amis,

», ne perdons pas cette Couronne par notre lâcheté, ni ne souffrons pas,, quon nous lenlève; que chacun de vous considère létat nous fom- mes, & demain je vous ferai part de mes scntimens fur ce sujet ". Lejour suivant les Nobles de Perse se rassemblèrent, & le Roi, assis sur sonTrône dans lappareil le plus magnifique, ayant le Mubad Mubadan , ou6 rand-Prêtre, astis à son côté fur un siège dor, fe leva & dit; que sonSceptre étoit un Don du Tout-puissant, dont la volonté souveraine dispo-soic de tout, & sans Tordre ou la permission duquel rien ne pouvoit arri-ver. II ajouta que Dieu avoic comblé Jongtems la Nation Persane deplusieurs bénédictions, qui méritoient quelle lui en témoignât fa reconnoîs-íance par la plus exacte observation de ses Loix. Que pour ce qui regar-doìt Tinvasion des Turcs , comme elle ne se saison t que par la permission deDieu, cétoit à lui quil falloit dabord sadresler pour pouvoir !a soutenir.

11 exhorta ensuite ses auditeurs à réformer leurs mœurs,, à payer constam-ment à Dieu Thommage de la prière, à mettre en œuvre tout ce quils a-Voient dintelligence ik de courage pour aider à défendre leur Patrie, & à es-pérer que le Tout-puissant ne les abandonneroít pas, mais quil les rétabliroicdans un état de tranquillité,en les faisant triompher de leurs ennemis,ouen inspirant à ces mêmes ennemis des fendmens pacifiques. Dieu récom-pensa la piété de ce Prince par une vie longue, quoiquon ne sache pasprécisément combien dannées il vécut. Pour ce qui est de son Règne,tous les Auteurs conviennent quil fut de 120 ans. Ils assurent aussi qu ilmourut dun air serein & majestueux, & quayant fait venir son fils & Suc-cesseur, il lui donna, en peu de mots,quelques avis touchant le Gouver-nement de ses Etats, & lui recommanda ses plus affectionnés Sujets (b),

Nudar ou Naudar succéda á son Père, mais son Règne ne fut rien moins ^^1-..«luheureux. A peine fut-il monté fur le Trône, que les Grands du Royau-me commencèrent à cabaler, & à exciter-des séditions, qui affoibiirentTEmpire au point, que les Turcs conçurent lefpérance de sen emparer ;chose qui depuis longtems leur tenoit fort à cœur. Dans cette vue, P ashangh ,

(V) Apud líyde Rel. Vet. Pers. C. VI!f. G) DHerbclot Biblioth. Orient. Art. Ma-p. 156. nougéher.