HISTOIRE DE PERSE. Liv. L Ce. XI. 67tiers de la Couronne; jufqueslà, que du tems de Pline même, cette Re*ligion étoit reçue par plusieurs Peuples & gouvernoit le Roi des Roi ; dans l’O-rient. II nous reste à parler du Code de Loix qui subsiste encore parmiles Parfis, & qui est indubitablement l’Ouvrage de Zerdusht, Prophèteou Imposteur, comme on voudra; car pour ce qui est des derniers évè-nemens de fa vie, & de fa mort prématurée, il en fera fait mention dansPHistoire du Règne de Gushtafp.
Le Livre de Zerdusht , contenant les Préceptes de fa Religion, s’appelleZend ou Zendavefia: mot qu’on prononce ordinairement Zund& Zundaves -taw, qui veut dir e Allume-Feu: f Auteur , suivant la coutume des Orientauxde signer des Traités importuns par des noms allégoriques, ayant voulumarquer, que ceux qui liroient son Livre, fentiroient un zèle divin s’allu-mer dans leur cœur. II appella son Ouvrage le Livre à’Abraham, pourinsinuer qu’il contenoit le Système de Religion de ce Patriarche. II n’estpas écrit en caractères Persans ordinaires, mais en caractères très anciens ,que les Parfis appellent à cause de cela Caractères Zund. Le savant Doc-teur Thomas Hyde s’étoit offert de publier cet Ouvrage avec une TraductionLatine, pourvu qu’on l'aidat à soutenir les fraix de l’Edition. Mais fautede ce secours, ce dessein expira avec lui, au grand préjudice de la Répu-blique des Lettres (s). L’Ouvrage fut tracé originairement fur douze censpeaux, & consiste en vingt & une parties, ou en vingt & un différons Traités,tous compris fous le Titre général de Zend ou Zendavefia, ce qui est causeque nous avons eu tant d’Extraitsdifférens en Europe de cet Ouvrage. Enfaveur de ceux du Peuple qui font Profession de cette Religion, & qui ce-pendant n’entendent rien au Caractère Zund, un savant Prêtre a pris la pei-ne de faire un Abrégé du Livre de Zerdusht en Persan ordinaire, & cetAbrégé est le Livre Sad-der , que nous avons déjà cité plus d’une fois d’a-près la Version Latine publiée par le Dr. Hyde, & annexée à son Histoireimpartiale des anciens Perses. Ce savant Critique est de sentiment, quele but primitif de Zerdusht étoit seulement que son Livre consistât en deuxParties, savoir, le Zend & le Pazend , comme les Talmudiftes ont leurMislma ôi leur Gêmara ; le premier de ces Ouvrages contenant la Liturgie& les principales Doctrines de fa Religion, & le second étant proprementun Commentaire destiné à les expliquer & à les défendre: mais comme ils’éleva chaque jour contre lui de nouveaux Adversaires, & que diversesraisons l’engagerent de tems en tems à faire quelque autre Traité, Zerdusht ,à mesure qu’il les composoit, les ajouta à son Zendavefia , qui conservatoujours le même nom. Parmi les Pièces qui font partie de l’Ouvragpenquestion, il y en a une intitulée Zeratusht-nama, c’est-à-dire, Histoire deZerdusht, qui n’est autre chose que fa vie écrite par lui même. Cette Viea aussi été rendue en Persan par l’Auteur du Sad-der (b). Le célèbre Dr.Prìdeaux , parlant de ce Livre, avoue que la Morale en est très pure, àl’exception d’un seul Article, qui est celui de l’Inceste , que Zer dusht re-garde , dit-il, comme une chose indifférente, permettant à un Homme d’é-
0») Hyde Hist. Rej. V et. Pers. C. I. p. -A.
I 2
Sectîom
V.
H’i(loir eâc Pose.
M Idem ibid, C. XXV, XXVI.