I
joà HISTOIRE DE PERSE.
Section qu’il avance. A-la-vérité, ce savant & judicieux Ecrivain est si éloignéV. de croire qu’on doive admettre tout ce que les Historiens Orientaux ont dé-
Histoire bité, qu’il marque au contraire plusieurs de leurs erreurs, ce qu’il fait auflide Perse, à l’égard des Grecs: erreurs dont il infère, & dont nous inférons après lui,--que ni les uns ni les autres ne méritent une croyance absolue, &que la meil-leure méthode pour fe garantir d’être trompé, est de les comparer ensem-bles). En second lieu, toutes les anciennes Histoires donnent àconnoîtreque ces Pays ont été très peuplés dans les siécles les plus reculés, & sou-mis à la domination de divers puissans Monarques. Cet article est exacte-ment conforme avec ce que nos Historiens Persans & d'autres EcrivainsOrientaux affirment: desortequ’il faut, ou renoncer à l’idée jusqu’à présentgénéralement reçue, que ces Pays Orientaux ont été de bonne heure ex-traordinairement peuplés, ou avouer que les récits dont il s’agit ont quel-que probabilité, ne fut-cequ’à ce seul égard. En trosiéme lieu, ces pau-vres malheureux, qu’on nomme Parfis , subsistent encore actuellement, &peuvent, étant les descendans des anciens Perses, servir jusqu’à un certainpoint à démontrer la vérité de leur Histoire. Qui voudroit, par exemple,révoquer en doute la vérité de cette proposition, que la Religion qu’ils pro-fessent est la même que celle que leurs ancêtres professèrent du tems deJezdéghcrdï Et cela étant ainsi, nous devons tirer les idées que nous nousformons de cette Religion , de leurs Ecrits, ceux de leurs Conquérans, &enfin de ce que nous pouvons trouver fur ce sujet dans les Livres de leursVoisins. Or les Parfis , aufli-bien ceux des Indes, que ceux qui font encorerestés dans leur Pays, affirment qu’elìe fut établie par Kêyomaras, réforméepar Zcrdusht , & conservée dans l’état où Zerdusht la mit jusqu’à la dissolu-tion de l’Empiredes Perses natifs du Pays. Les Persans Modernes, &lesHistoriens Arabes, reconnoissent la vérité de ces Faits, qui font aussi admispar ceux des Ecrivains Chrétiens de YOrient qui sont parvenus jusqu’à nous.D’où il s’enfuit que cette troisième objection n’estpas si forte, qu’elle pourroicle paroisse à la prémière vue; mais qu’eu égard à la nature de la chose,cette Histoire a pour elle autant d’évidence qu’aucune autre d’égale antiqui-té, hormis celle des Hébreux : proposition que nous croyons avoir enfin éta-blie, quoique ce n’aitpas été fans peine. Nos Lecteurs fe seront sans dou-te apperçu que nous n’avons pas suivi dans cette Section notre méthodeordinaire, & que l’obligation où nous avons été de ramener plusd’unefoisles mêmes faits, nous a rendus prolixes : mais nous espérons qu’ils obser-veront en même tems, que personne jusqu’à présent n’a entrepris de traiterle sujet en question, &que les matériaux en étoientdans un étrange désor-dre. 11 a fallu faire comme à l’égard de l’ancien Chaos, où il y eutd’aborddu mouvement, & ensuite de la lumière. La prémière de ces choses est ici,sature pourra venir avec le tems. Jusqu ici ìes Histoires Orientalesn’ont étéécrites qu’en Langues Savantes, & ont, comme l’Aichymie, été mépriséespar les uns, & regardées par les autres comme des Trésors. Nous ne pro-noncerons pas fur leur valeur, notre dessein ayant simplement été de les rap-porter ici dans le meilleur ordre qui nous seroit possible. Nous croyons avoirrempli cette tâche, c’est à nos Lecteurs à juger si nous avons réussi.
(tf) Hyde Rel. Vet. Pers. in Pref.