ET DES GOMERITES. Liv. I. Cil XII. rrp
Leur Religion avoit beaucoup de rapport avec celle des Sryf/zíí. Us ado- Sectkxtwienr les mêmes Dieux, comme Jupiter fous le nom de Taran , qui signi- m.6e en Celtique le Tonnerre. Mercure, que quelques Auteurs appellent Heus Histoire
lìéfus nom, qui vient probablement du mot Celtique Huad , qui signifieun Chien, & qui pourroit bien désigner YAnubis latrans des Egyptiens. Mars lt ^ lites%
étoit le plus honoré par les Gens de guerre, & Mercure par les Négocians,--
comme nous le ferons voir dans un autre endroit. 11 y n néanmoins quel- La Relb9ue difficulté à concilier la plupart des Dieux des Celtes , avec ce que le^ère Pezron avance & prouve en quelque manière touchant ces Dieux,^sa*-^oir, qu’ils avoient été auparavant Rois de cette Nation. 1 out ce qu onpeut répondre à cette difficulté, est que les Celtes , comme les autres Peu-ples, après s’être jettés dans l’idolâtrie, déifièrent comme eux leurs Rois &leurs Héros après leur mort. C’est ainsi que les Crétois adoroient Jupiter ,&
Rassoient voir son tombeau dans la Ville d eGnoJsus ; & ce fut pour cette rai-son que Callimaque les traita de menteurs , en montrant le tombeau d’unDieu, <Sí que les Pères de l’fîglise les taxèrent de folie d'adorer un Dieu,qu’ils prétendoient être enterré parmi eux. Quand nous serons parvenus àl’article des Tems Fabuleux 6c Héroïques, nous examinerons comment cesDieux, ou plutôt leurs noms, ont été adoptés par d'autres Nations ; & ceséroit une peine assez inutile que celle que nous pourrions employer à re-chercher quelles étoient les Divinités ou la Religion des Celtes, avant qu’ilseussent déifié leurs Rois.. Depuis cette déification, ils paroissent avoir don-fté. dans toutes sortes de Superstitions, comme l’Astrologie , la Magie, &les autres branches de ces folles Sciences. Le soin de la Religion étoit com-mis à leurs Curètes ,connus depuis fous les noms d eDrúides & de Bardes*
Les Curètes étoient parmi les Celtes Titar.iques ce que les, Druides furent dans la fuitepartni les Gaulois , & étoient en fi grande estime, que f éducation de 'Jupiter leur fut com-mise , & que Cres un de ses fils fut de leur Société. Leur origine u est pas facile à déter-miner; & Strabon , exact & savant comme il étoit , ne paroit guères satisfait de tout cequ’il avoit trouvé par ses recherches (i). Leur nom de Curètes semble âtre dérivé de Cura,mot Celtique qui signifie frapper une choie contre une autre , d’où » par la transpositiond’une lettre, est venu le mot Grec «-</«, qui a la même signification. Et ce nom sembleleúr avoir été donné parce qu’ils frappoient leurs boucliers de leurs javelines, dans le temsqu’ils cachoient dans une Caverne le jeune Jupiter, pour que fou Père n’entendít point ses®d s (2). Au reste nous «'entreprenons pas de déterminer s’ils alloient autrefois à la guér-ît.» pour encourager ies combattans par le bruit qu’ils faifoient, & par leurs danses ; ou“■eu s’ils étoient exemts de cette obligation, comme on le prétend à f égard des Druides-, (3)»~n ce cas ces derniers doivent avoir été différens des Bardes , qui , quoique du même or-en tout que les autres , dévoient pourtant animer les Troupes au combat par leurs Vers^ Par leur Musique. C’est ce qui a donné lieu à César (4) d’affirmer, qu’iis étoient ies lo-ueurs de la Poésie & de la Musique, ou plutôt, qu’ils avoient reçu ces Arts de leur* 5 ; 0 i Bar dus , d’après lequel ils furent nommés, & que Béro/e affirma avoir régné lur lesa uloh & Bretons ou Cimbres (5). s çr
yuelques Savans croient que les Druides tirent leur nom de Druys , que Béroje anure a.v °ir été le quatrième Roi des Celtes, & un Homme très éclairé pour 1 bu tems (6). Mais
(1) SttaBo Geogr, Lib. X. p> 4 <>S* . ,, ,
(1) CsfardeBeU. GaU. L. VI. C. I. ApollodI— I. C. 1. ap. Pezron.
( 3 ) Cactat de Bell. GAI. L. VI. c. 4- & Lewl :Hist, tlit. C. V. feziou C. XIII* Reïlm, 8c aï
(4) Caius Ant. Cantab. l’eríon. Basinstok.f s ) ïlin. Nat. Hiit Canideu , Lewis , lezron.(«) Cœiar de Bell. Gai!. L, VI, C, 4. 8cliilt. Nat. L. XVI. C, 43,