Section
IV.
Histoirede Scythesí§ des Gomérites.
Jupiter.
134 HISTOIRE DES SCYTHES.
ni combien de teins il resta dans ce Pays, ni ce qu’il devint ensuite;maiscomme les Siciliens ont montré son tombeau dans leur Pays (ct), il y a lieude supposer qu’il y est mort.
Jupiter , ou , comme est son vrai nom , Jou*, à causé qu’il étoit leplus jeune des enfans de Saturne , ne fut. nullement possesseur paisible duRoyaume. Son Oncle Titan, ou peut-être un de ses fils, ayant trouvémoyen de fortifier son parti, pendant qu’il étoit occupé contre son Père,lui suscita une guerre qui dura dix ans, & qui après avoir été poussée avecfureur des deux côtés, par mer & par terre, ne finit que par la défaitstotale de Titan & de son Armée.
Cette guerre semble avoir donné lieu à imaginer la Guerre fabuleuse desGéans ou Titans contre les Dieux:Guerre, que les Poètes ont entremêléed’une infinité de fictions f. La derniere bataille , dans laquelle Titan L
(a) Phiiocor. ap. Clem. Atexand. Admonit. ad Gent.
• C’eít ce qui paroit clairement par le génitif irrégulier Jovis. Ainsi il est absurde dedériver ce nom,comme fait Cicéron opsès Larron , de Juvans Pater, le génitif ne répondantnullement à une pareille étymologie: au-lieu que le nom Celtique Jou, 011 comme nous leprononçons Joo, qui signifie Jeune, en approche très fort. Le nom de Jupiter nous paroitclairement être le même que celui de Jou-Pater ; ce dernier mot ayant été ajouté à celuide Jou, quand il vint â être adoré comme le plus grand des Dieux.
Auífi trouvons-nous que les anciens Latins n’écrivoient pas íòn nom Jupiter, mais J ho-piter, Joupiter & Jupiter . L’ancien nom de Jou a été encore conservé dans la LangueCeltique, ou le Dies Jovis des Romains, c’est-à-dire notre Jeudi, s’appelle encore Diz jou& Dijou, le jour de Jupiter ( 1). Nous aurons bientôt occasion de parler de quelques au-tres de ses noms.
f Nous avons attendu jufqu’ici A observer la différence qu’il y a entre le Système (pourne pas employer de terme plus fort) du P. Pezron, & celui du savant Cumberland, qui,comme on l’a vu au commencement de cette Histoire (2), croît que VUranus de Sancho-niathon a été Noé, Cronus Cam,Mizor, Mìzraïm , Zadic Melchìzédec, & ainsi de fuite, asmque nos Lecteurs pusiênt juger quel des deux paroit le plus probable. Ils font l’un & l’au-tre fondés fur des conjectures, fur quelques argumens spécieux, & fur la supposition quele Fragment qui nous reste , fait partie d’une Histoire réelle, ancienne , & digne de foi.Nous ne répéterons pas ce que nous avons dit dans un autre endroit fur ce dernier arti-cle (3), bien moins encore avons-nous dessein de faire un parallèle entre les deux Systèmes,ou leurs favans Auteurs. Cependant nous croyons, faus qu’ou nous taxe de partialité,pouvoir dire touchant notre Antiquaire Celtique , que fou Système répand non feulementbeaucoup de lumière fur les tems obscurs & fabuleux, mais est fortifié encore par un bienplus grand nombre d anciens Auteurs, tant Payens que Chrétiens. Pour ce qui est des der-niers , particulièrement les Apologistes, ils paraissent avoir été généralement dans les même*idées que lui, & ne s’être fait aucun scrupule d’objecter la Généalogie des Divinités du Paga-nisme à leurs stupides Adorateurs.
C’est ausiî à nos Lecteurs à juger quel degré de force un grand nombre d’Etymologie*Celtiques, dont'la plupart font naturelles & confirmées par des Faits, ajoute au Système dePezron. Parmi ces Etymologies, 011 pourra se rappelle celles d 'Uranus & de Titea , deCronus ou Saturne & de âhée, de Jou ou Jupiter, & de Theutat, lans compter plusieurs quenous avons omises , mais qu'011 pourra trouver dans notre Auteur, & nu petit nombredont nous aurons occasion de faire mention dans la fuite. Que fi tout cela ue suffit paspour convaincre le Lecteur, nous espérons que du moins ii ne nous blâmera pas d’avoir ac-cordé ici une place au Système de Pezron, n’ayant pu nous dispenser d’en accorder une*celui de Cumberland dans un Volume précédent.
(1) Vid. yezron Ch ip. XII. (3) Ibid, p, 2}I( à uot,
(ìj Supi. r. I. p. zqu 3 u, iu no?,