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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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VI.

Histoiredes Scythes& des Go-mérites.

Fiâimes

Humaines.

150 HISTOIRE DES SCYTHES,

en faisceaux, qui couvroient trois stades de Pays en long & en large,quoique leur hauteur ne fût pas à proportion. Trois des côtés de lAutelétoient perpendiculaires à lhorizon, mais le quatrième faifoit un angle assezpetit pourquon pût y monter aisément- On apportoit annuellement à cha-que Autel cent cinquante charges de fagots, pour suppléer à ceux quisé-. toient pourris durant lhiver. Au haut de chacun de ces monceaux étoitdressé un vieux Cimeterre de fer, comme un Emblème du Dieu de laGuerre.

Ils lui immoloient, outre les autres Victimes quils offroient auffi à leursautres Dieux, un grand nombre de Chevaux, à cause que cet Animal aquelque chose de noble & de guerrier ; & ce qui étoit encore bien plus cho-quant, ils lui sacrifioient la centième partie des Prisonniers quils faisoienten guerre. Voici comment ils pratiquoìent cette horrible cérémonie. Ilsfaisoient une libation de vin sur la tête du Captif, après quoi ils lui cou-poient la gorge, & recevoient dans un vase son sang, dont ils alíoient la-ver lEpée symbolique placée au haut de lAutel. Par rapport à la Victime,on lui coupoit le bras droit tout joignant lépaule,& après savoir jetté enlair, on le laissoit il venoit à tomber, le reste du corps demeurant danslendroit la Victime avoit été immolée.

Pour ce qui est de leurs autres Sacrifices, offerts à Mars,où à quelqueautre Dieu,, ils observoient à légard de tous les mêmes cérémonies. lisamenoient lAnimal,& lui lioient les quatre jambes avec un nœud coulant:après quoi celui qui faifoit loffice de Prêtre, défaisoit le nœud par derriè-re, & terraffoit la Victime. Pendant quelle tomboit, il invoquoit le Dieuà qui elle étoit offerte, & létrangloit avec une corde entortillée autourdun bâton. Sans libation, ni aucune autre cérémonie, lAnimal étoit écor-ché & découpé: le Prêtre en mettoit la chair dans des pots,ou, faute devaisseaux, dans la peau même de la Victime, en y mêlant une certainequantité deau. Au défaut de bois on bruloit les os de l'Animal; & quandla chair étoit suffisamment bouillie, les Prêtres en offroient une partie &les intestins à la Divinité, en jettant le tout devant son Autel. Les Minis-tres du Dieu sc régaloient du reste, suivant toutes les apparences.

Les Chevaux étoient regardés comme les plus nobles de tous les Ani-maux , & par cela même comme les Victimes les plus agréables auxDieux. Pour ce qui est des Pourceaux, les Scythes sabstenoient non-seule-ment den manger, ils ne vouloient pas même en souffrir dans leur Pays.11s offroient auffi à leurs Dieux les prémices de leur Détail, de leurs Fruits,& du Butin qu ils remportoient sor leurs Ennemis. Ils envoyoient une par-tie considérable de ces dernières Offrandes à f Apollon de Delphes. Ce pré-sent étoit ordinairement apporté au Temple de ce Dieu par quelques Vier-ges dune naissance distinguée, & sous une bonne escorte. Mais la lon-gueur & la difficulté du cnemin, auffi bien que les dangers dun pareil vo-yage , furent cause, suivant notre Auteur (a ), quon vint à le discontinuer.Cest tout ce que nous trouvons de remarquable concernant la Religion desScythes.

(«) Herodot. Lib. IV. c. Co. &c.