Section
II.
Histoiredes Phry.gicns.
i8r HISTOIRE DES PHRYGIENS.
Gordius , cette Ville devint un misérable Village, comme Straben l’appeîle,& resta dans cet état jusqu’au Triumvirat d 'Auguste-, uri célèbre Voleur,nommé Clèon , qui en écoit natif, l’ayant rebâtie alors, & appellée Julio-polis *.
Colojjes , à présent Chonos , sur ]e bord Méridional du Méandre. Ce futaux habitans de cette Ville que St. Paul écrivit une des Epitres que nous a-vons dans notre Canon.
Sipylus, où le Roi Tantale fit fa résidence, & appellée à cause de celaTantalis. 11 y eri a qui placent cette Ville en Mœonie, supposant que Tantalea régné dans ce Pays. C’est une chose digne d’être observée, que quatreVilles, savoir, Sipylus, Archceopolis, Colpe & Lébade, furent bâties dansle même endroit, & toutes détruites par des tremblemens de terre.
Synnada , Synada , ou Synnade , renommée par ses Carrières de marbre.Constantin le Grand éleva cette Ville au rang de Capitale de la Phrygie Sa-lutaire, après la division de la Phrygie en Pacatìane & en Salutaires. Ou-tre cette Ville & plusieurs autres moins remarquables, dont les Anciens font-mention, ìl y en a eu, dans ces derniers siècles, quelques-unes qui méri-tent d’être nommées, comme Saqua demeure d 'Etrogul Père à'Ottoman Ispremier Roi des lurcs ; Char a- cbijar , appellée par les Grecs Melampyrgusou la Tour noire ; Cillexuga, Einegiol, &c. enlevée par le même OttomanmXPrinces Chrétiens, quand ce Prince commença à fonder l’Empire qui por-te encore son nom.
Les Fleuves de ce Pays, dont nous dirons un mot, font le Méandre ,connu présentement sous le nom de Madre ou de Mìndre , & si fameux chezles Anciens par ses détours, qu’ils designèrent toutes les obliquités engé*néral par le nom de Méandres. II a fa source au haut du Mont Célène, quíest le même quel 'Auhcrène de Pline (a), au pié duquel étoit autrefois uneVille du même nom. Pline (b) & Strabon (c) disent qu’il tire son origine
(//) Plin. L. XXXVIII. (b) Idem ubi sup. (c) Strab. L. XII. p. 57 S.
* Ce Cléon s’étant, avec une bande'de Voleurs, rendu maître de la Forteresse de Collydium,située fur le Mont Olympe , avoir par ses courses continuelles empêché Labietius , Préfetd ’/Jfie, de lever le tribut annuel, & s’étoit attiré par ce moyen la bienveillance de Marc-Antoine, & même les effets de fa libéralité. Dans la fuite il abandonna son Bienfaiteur,& fe rangea au parti $ Auguste, qui ajouta d’autres terres à celles qu’Antoine lui-avoir don-nées, & le créa Prêtre de Jupiter Abrettenus, que les Myfiens adoroient, & Grand-Prêtrede Rellone , adorée à Comane, Ville de Pons. dignité nullement inférieure à celle de Roi (1).
■j- Dans le cinquième Concile Généra! tenu à Constantinople, Sévère figue son nom commeEvêque de Synnada Capitale de la Phrygie Salutaire (2) ; & cependant Socrate , dans son His-toire Eccléjìaftique Gs) ,&NicCfhore ,qmacop\étive\íg]ément Sacrale m cette occasion, placentcette Ville dans la Phtygie Pacatìane (4). lit il ne fera pas mauvais d’obferver ici eu pas-sant, que dans le quatrième Concile Général, de Chalcedoine ,, Aherìctts fe signe Evêque'd 'lliirapolis dans la Phrygie Salutaire (5), ce que quelques 8avans ont regardé comme pueerreur qui s'étoit glissée dans les Actes de ce Concile, ne faisant pas attention qu’outre 1 *célèbre Ville d ’tíiérapolis dans la Phrygie Pacatìane, il y eu a vol t une autre moins connuedans \p Phrygie Salutaire. Pline (6) fait mention de toutes deux, & dit que l’une est fourla jurifdictíou de Laodicée, & l’autre sous celle da Pergame.
(1) Strab. L. XII. p. 574. (4) Niceph. Callist Hia, Lih. XIV. c. n.
(2) Coiicil. V. Collât, vm. is) Concil. Clialced. Act. XVI.
1 fz) Socir. Hist. Ecries. L. Vil. c. z. (á; flia. Eib. V. c, 2 s, zo.