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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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V.

Histoiredes, Phry-giens.

200 HISTOIRE DES PHRYGIENS.

comme Arisbe , lieu du rendez-vous général de lArmée à'Alexandre, aprèsque ce Prince eut passé 1Hellespont ; Dardanum , bâtie par le Roi Darda-nus , près dun Promontoire du même nom. Cette Ville fut la résidencede Dardanus , & de son Successeur Erichtonius. Elle communiqua son notnau Pays dalentour, & dans la fuite du tems à toute la Troade. QuelquesAuteurs croient que les Dardanelles ont emprunté leur nom de cette Ville»Ce fut- que Mithridate & Sylla firent la paix. On prétend , nous ne fa*vons pas bien fur quel fondement, que Dardanum fut le patrimoine à'Enèe.Rhetutn , célèbre par le Tombeau d/Jjax, quon assure avoir été enterrédans cette Ville (a). Sigeum , Ville située fur le Promontoire du mêmenom, & qui a fait donner à cette Mer le nom de Mer Sigèe {b). Sur cePromontoire étoit le Tombeau à'Achille , qu Alexandre alla visiter. 11 yavoit eu longtems auparavant en ce lieu une Statue du même (c) Achilleavec des pendans-doreille, comme si çavoit été la Statue dune Femme,ce que Tertullien (d) regarde comme une preuve que ce Héros avoit quel-que chose defféminé dans son ajustement *.

Troye

(a) Strab. L. XIII. p. 59A. (A Salmafii Pliniante Exercic. p. 6iv.

(J/y Virg. fEneid. 11 . vers 312. (d~) Tertull. de Pallio.

tre côté, le Brun assure (1) que le Détroit à lendroit des vieux Châteaux 11a quun demi*mille, & quun deux s appelle encore présentement Se (los , & sature Alrydos ou Avido. IIajoute que cette Mer, dans lendroit elle a le plus de largeur, na que cinq quarts de mil-le, & un deini-mille elle est la plus étroite. Strabon (2) lui donne environ un mille danslendroit le plus étroit; Pline (z) & Hérodote (4) sept stades,& Polybe seulement deux (5).Abyde étoit la patrie de Léandre , qui se rendoit de- à la nage à Se fl «s pour y voir sa Maî-tresse. Pendant une nuit que la Mer étoit fort agitée, & quil se trouvoit sur le point de fsnoyer, Martial lui sait dire aux Flots,

Parcite ilum propero , tnergite dum redeo.

I! est représenté sur les Médailles de Caracalla & àAlexandre Sévère , comme conduit parun Cupidon , qui vole devant lui une torche à la main. Les habitans de cette Ville se défen-dirent courageusement contre Philippe de Macédoine, & quand il leur fut impossible de tenirplus longtems, ils aimèrent mieux se donner la mort, que de se soumettre au Vainqueur. LesTurcs se rendirent maîtres áAbyde en 1330, par la trahison de la fille du Gouverneur. Nouscroyons devoir observer ici, que ce qa'Hérodote rapporte (6) touchant Xerxès, savoir, quilsiL donner 300 coups de fouet à la Mer, & quil y fit jetter des fers pour lenchaîuer, en pu*nition davoir rompu le pont quil avoit fait construire en cet endroit, est regardé par quel-ques Savans comme entièrement fabuleux. Gilles (7) croît que ce trait de folie lui fut prêtspar les Poètes Grecs, & qu' Hérodote prit la chose à la lettre. Les 300 coups de fouet, ditcet Ecrivain, désignent 300 ancres, qui furent jettées dans la Mer, pour arrêter les Vaisseauxqui formoient le pont; & par les fers, il faut entendre les chaînes de ce métail,par le moyeudefquelles 011 faifoit tenir les Vaisseaux lun à lautre.

* Pline (8) place tout prés de- Tombeau de Protéfilas entouré darbres, qui avoientune propriété Ijnguliere. Quand ils avoient assez gagné en hauteur pour pouvoir être apper-çus de Troye , ils commençoient à languir , & mouraient peu après, ensuite ils repoussoientde nouveau,&croissoient merveilleusement bien jufquà ce qu'iis eussent atteint leur prémièrehauteur, après quoi il leurarnvoit encore de lécher fur pïé & de mourir. Ces alternatives,à notre Auteur, eurent lieu à leur égard depuis quiis furent plantés, cest-à-dire, depuisla mort de Protéfilas, qui fut le prémier des Grecs qui mit pié à terre en Asie à foccasion dsla guerre de Troye, & qui fut aussi ie prémier deux qui fut tué.

(}) ? IU ? v °y. au Levant,(1) Strab. L. XUi.

(3) Plin. L. VIII. c. 32.

(4) Heioiot. L. VII. c 34.

, ÍS)

( 6 )

(y)

( 8 )

Polybius ubi fupr.

Herodoc. L. VII, c. 3 J.

GUI. de Bosph. Thrac. L. II.Plm. L. XVI. c. 4 +.

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