224 HISTOIRE DES TROYENS.
Section différens petits Partis, qui s’étoient répandus dans les Pays & les Iles d’a-V[I - lenteur, s’étant réunies en un Corps, après avoir pris foin d’amasser uneHistoire quantité considérable de vivres, approchèrent de la Ville, dans le desseindes Troyens, à faire les derniers efforts pour terminer une guerre qui leur causoit tant“ de peines & d’ennuis. Mais en ce tems-là même les Troyens venoient derecevoir un grand renfort de Mercenaires &d’Alïiés: deforte que quand le_ sGrecs investirent la Ville, Hettor les attaqua avec une Armée qui n’étoitguères inférieure en nombre à la leur. Les Grecs n’avoient pas été longternSdevant Troye, qu’une maladie contagieuse infecta leur Camp. Cettemala-die suc, à ce que dit Homère , envoyée par Apollon, à cause qu’ Agamemnonrefusoit de relâcher la fille d’un des Prêtres de ce Dieu ; mais Héraclide, àpropos de ce passage, affirme qu’elle fut causée par les chaleurs excessives ,ôc par les vapeurs empoisonnées que le Soleil élevoit, les Grecs étant cam-pés dans des lieux marécageux. La peste fut suivie d’une querelle entreAgamemnon & Achille ; car Agamemnon ayant été obligé par le Devin Cal'chas de rendre sa belle Captive à son Père, qui étoit Prêtre d'Apollon, prità la place Briféis, qui étoit tombée en partage à Achille. Ce dernier fut 6sensible à cette injustice, qu’il se rembarqua avec ses Troupes. Durant fostabsence on en vint diverses fois aux mains, non fans perte considérable depart &d’autre, quoique la victoire favorisât ordinairement les Troyens. Dan®un de ces combats Patrócle fut tué par Hesttor ; mais fa mort ne resta paslongtems fans être vengée par Achille, qui revint auCamp, & tua lieBor»après avoir mis les Troyens en fuite. Ce Héros lui-même ne survécut guè-res à son Rival, ayant été tué par Paris. Ainsi périrent plusieurs Chefs d eparc & d’autre; mais les Grecs se rendirent enfin maîtres de la Ville, fan*qu’on puisse dire si ce fut par force, par stratagème, ou par trahison. TouSles Ecrivains conviennent qu’elle fut prise de nuit. Quelques-uns d'eux di-sent, qu ’Enée & Anténor, qui commandoient les Dardanìens, voyant qd ePrìam ne vouloit entendre à aucun accommodement,même après la mollid 'HeStor & de Paris , firent une paix séparée avec les Grecs , auxquels d slivrèrent la Ville. Les Poètes ont feint que Troye fut prise par le moye sld'un Cheval de bois ; & l’on prétend que ce qui donna lieu à cette fable»fut que les Grecs entrèrent dans la Ville par une porte vis-à-vis delaquell eil y avoir l’effigie d’un Cheval. Peut-être qu’ils entrèrent dans Troye par ufl ebrèche faite à l’aide d’une Machine de bois appellée Cheval , & semblableà celle dont les Romains se servirent plusieurs siècles après pour battre I e ?murailles, & qui avoit la figure d’un Bélier , auffi-bien que le nom. Quo 1qu’il en soit, les 6,vcr s’étant à la fin rendus maîtres de Troye , y com mi'rent toutes les cruautés & toutes les abominations dont un Ennemi, rest'du furieux par une longue résistance, peut être capable. La Ville fut rédui'
te
Généraux Grecs, qui aíïïégeoient Troye la dixième année: fiction (fi c’en est une) qui fe s0I ítrès mal placée, si les Grecs avoient déjà été campés devant Troye pendant dix ans. Learticle, fur lequel les Auteurs diffèrent, est, que les uns disent avec Thucydide (i), “3 ^toute l’Armée Fut employée à subjuguer les Alliés des Troyens, pendant que d'autres aílînfl 01avec Hérodote, qu’un Corps considérable campa devant Ttoye durant dix ans.
(i) Thucyd. Lib. I. p. ».