264 TEMS FABULEUX ET HEROIQUES &c.
Section ] e j our q U ’ en tems ,j e lumière & de ténèbres, ou bien en teins de veilles& de dormir, & l’année en tems de semer & de recueillir.
LeurGou. Leur Gouvernement étoit encore plus grossier & plus barbare: chaquevernemerît. Ville, & presque chaque Village, avoit son Chef, qui portoit le titre deRoi. De-là ce nombre prodigieux de petits Royaumes, dont la Grèce étoitremplie. Le peu que nous en savons se réduit.à peu près à leurs noms, &à ceux d’un petit nombre de leurs Rois, dont il est fait mention dans l’His-toire des autres Royaumes plus considérables de la Grèce. '
Loix. Nous ne trouvons pas qu’ils ayent eu un Corps de Loix avant le temsdes Archontes Athéniens : jusqu’alors toute FAutorité résidoit dans la person-ne de leurs Rois. Dans des cas importans & douteux, ils consultoient quelqueOracle; car ils en avoient pluíieurs, dont les deux plus célèbres étoient celui deJupiter à Doclune , & celui à'apollon à Delphes, fur la Montagne du ParnaJJ'e *•
Leur
* On s’attend fans doute ici, que nous donnerons du moins une idée superficielle de cesOracles, qui étoient en íì grande vénération , qu’on les confultoit dans presque toutes lesAffaires générales, & même dans bien des Affaires particulières , pour peu que ceux qui lc sinterrogeoient, fussent en état de payer. Un grand détail fur ce sujet nous mèneroit troploin, ainsi nous nous bornerons à une courte description de celui de Delphes , qui étoit leplus fameux & le plus fréquenté, non seulement de la Grèce , mais mémo de toute, la Ter-re, tant à cause de son antiquité, (égale à celle de l’t 'racle de Jupiter à Dodone ) que parcequ 'Apollon, à ce qu’on s’imaginoit, y présidoit d’utie fa;on particulière ,& devoiloit l’avenif.aux Hommes. Cet Oracle l’emportoit aussi fur les autres en fait de clarté & de certitude dansfes réponses; mais plus particulièrement encore par la magnificence de son Temple , dont lesrichesses étoient quelque chose d’incroyable.
Nous parlerons dans un autre endroit de fou origine & de fa magnificence, en nous at-tachant uniquement ici à marquer en peu de mots, comment on confultoit cet Oracle , &de quelle manière il rendoit fes réponses. Pour ce qui est des Oracles des autres Pays , oUde quelques autres Dieux , le Lecteur pourra s'en former une idée dans l 'Archéologie Grec -que du lavant Evêque Potier.
I. Ceux qui consultoient l’Oracle, dévoient faire quelque présent considérable au Dieu.2. Ils lui offraient aussi quelques sacrifices , & suivant qu’on en tirait un augure heureux odmalheureux , la Pythie confultoit le Dieu ou refusoit de le consulter, 3. La question qu’òdproposoit devoir être exprimée en aussi peu de mots qu’il étoit possible. Nous omettons quel-ques autres circonstances de moindre importance, & qui varioient suivant le tems, la qualii®de ceux qui consultoient l’Oracle, & la nature de la demande qu’ils faifoieiit,
II. On ne pouvoic consulter l’Oracle que durant un seul mois de l’année, & cela au prit 1 'tems. Le septième jour de ce mois étoit appellée le Jour de la naijsance d,'Apollon , parc®qu’anciennement la Pythie ne donnoit de réponse que ce jour-là. La foule étant trop gran-de , on fut obligé d’allonger le terme. Dans la fuite la Pythie fut inspirée une fois p atmois (1).
III. C’étoit originairement une Vierge qui devoir rendre la réponse ; mais une d’ell® sayant perdu (â virginité, 011 s’avisa enfin de prendre des Femmes âgées de plus de cinquanteans, afia qu’en cas de malheur au moins elles ne parussent pas enceintes. Ces Femmes néan-moins dévoient être habillées comme des Vierges , mais simplement & modestement, p° atne point donner dans la vue â ceux qui venoieut les consulter.
Les Savans ne font point d’accord fur l’étymologie du nom de Pythie , les uns le dés**vant de celui du Serpent Python , qui fut tué par Apollon; & les autres, avec plus de p r0<habilité , de Python , qui étoit un autre nom de Delphes, lieu où l’on confultoit l’Oracle*comme nous le verrons dans la fuite de cette Histoire. Quand celui qui venoit consolél’Oracle s’étoit acquité de toutes les cérémonies préliminaires, la Pythie , après s’êcre
(1) Plutarch. Gisc. Qusst, j.