HISTOIRE D’ARGO S. Liv. I. Ch. XVII. 275
nous le verrons quand nous aurons fini l’Hiítoire des Rois de Mycènes , qui Sectioncommencèrent depuis ce tems-la à faire la figure la plus considérable. f11 -
sicrisius eut de fa femme Eurydice une fille nommée Danaé, qui, fui- IlHìoìrevam la prédiction d’un Oracle, dévoie mettre au monde un fils, par les d ' Ar s° 5mains duquel il auroic le malheur de périr. Pour empêcher que la jeune AcrifiusPrincesse n’eût aucun commerce avec des hommes,il la fit enfermer dans r 0 ì deOne tour d’airain, & garder avec tant de foin, qu'elle auroit apparemment Mycènes,démenti l'Oracle, si Jupiter, suivant la fiction des Poètes, ne s’étoit pasmétamorphosé en une Pluie d’or, & n’avoit point trouvé moyen d'éludertoutes les précautions d u Roi de Mycènes (a) *.
Le fruit de ces amours fut Perfée , qui eut á peine vu le jour, qu 'Acrisiusà renfermer la Mère & l’enfant dans un coffre, qu’on jetta dans la mer parson ordre;mais Jupiter eut foin de faire arriver le coffre à file de Sériphe,où Diàys, frère de Polydeftc Roi de cette Ile, éleva Perfée comme son pro-pre fils. Ce jeune Prince, étant déjà grand, eut le bonheur & la forced’empêcher un jour le Roi de faire violence à fa Mère, dont il étoit deve-Nu amoureux. Ce Monarque irrité de cette opposition, & résolu de se dé-faire de lui une bonne fois, f envoya en Afrique , pour quérir la tête de Mê-duse , ne doutant pas que cette entreprise ne lui coûtât la vie. Mais à fougrand étonnement, il vit le jeune Héros de retour avec la terrible tête f, &glorieux outre cela d’avoir sauvé la vie à Andromède , fille de Cèphèe , Roide Juppé, Ville maritime en Phnicie. Cette Princesse, qui auroit été en-gloutie par une Baleine f, fut donnée en mariage à Persce comme une justerécompense de fa valeur.
A son retour en Sériphe, il ne songea qu’à se venger d’un Prince quiavoir violé à plus d’un tgard les Loix lacrées de l’Hofpitalité. 11 apprit enarrivant, que Diâys & la Mère avoient été obligés de fe retirer dans unSanctuaire, pour fe mettre à couvert des violences du Roi; &, suivant laFable, après avoir changé ce Prince & fes complices en pierres en leurmontrant la tête de Mcduse , il plaça Diftys fur le 1 rôtie. De Sériphe il fefendit avec fa Mère Danaé, &. son épouse Andromède, à Argos-, mais, intimidé par la nouvelle qu'il étoit encore en vie,&parle bruit de
(a) Apollodor. ibid. c. 4.
* Cette Pluie d’or semble marquer que les Gardes de cette Princefìè furent corrompus parQuelque somme considérable, il y en a qui croient que ce fut son Oncle P rat us qui eut uncommerce criminel avec elle.
t II y a quelque apparence, à en juger par ce qu’un ancien Ecrivain (i) rapporte de cette® x Pédition, que Méduse avoit succédé ù sou Père Phorcas, dont le Royaume étoit situe ie, n g du Lac 7 )v 7 fl»«;fiue cette Princesse aimoit beaucoup la chasse, & tels autres exercicesV'olens ; & que Perfée, étant venu au milieu de la nuit avec l’élite des forces du Pctoporméfe ,
> a hia, & emporta fa tête pour en faire admirer aux Grec, la beauté extraordinaire (a). Noslecteurs pourront consulter sur ce sujet le judicieux Auteur que nous avons cite en dernier
v f Cette Baleine n’étoit apparemment qu’un Vaisseau nommé ainsi, dans lequel Phénix l’a-11 seù mettre pour remmener (Z-)>
!» Argol. Apollod. L. II. Diod. (ì) Cono» Narrât, 40. Ross, Mystag* roc tic;u >. BibHorh. L. IV. 8i fl. Hind. Hiít. GlJCC,
l’auta», lî’m supi, Si i» Coiiinh. Ch, XXI.
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