HISTOIRE DE BEOTIE ET DE THESES. Liv. I. Cri.XVU. 299
T" les contraignirent à chercher quelque autre Etablissement. Les defcen- Section« ans de Bœotus s’emparérent à cette occasion d’un Pays,qui avoit été ap- V.pellé jufqu’alors Cadméide, & lui donnèrent le nom de Béotie. Diodore & HistoireHomère disent, que ces Béotiens se signalèrent à la Guerre de Troyc; & le de Béotie«fcrnier ajoute, que cinq des petits - fils de Bœotus, savoir, Pènêìée , Le Elus, de Ini 'Pstothosfior , Arcéjìlas & Clonius , furent les cinq Chefs qui menèrent les Béo- bes ‘t’ens à cette Expédition. Ainsi, suivant Diodore (a), ce dernier Pays, quoi*changé en Royaume, au moins du tems de Cadmus, ne fut appelle, et >tie, qu’après que les fils exilés de Bœotus lui donnèrent ce nom, c’est-a 'dire, environ trois - cens ans après la fondation de Thèbes ; mais le senti-ment régnant, sur-tout parmi les Poëtes,est que la Béotie reçut son nom*
Cadmus même, en mémoire du Bœuf qui lui servit de conducteur. Onc °nvient cependant que cette Ville avoit divers autres noms, d’après sesDétendus Fondateurs. Ceux qui affirment que ce Royaume fut fondé par, en ont appeilé la Capitale, & le Pays même, Ogygie. D’autres* u ì ont donné les noms de Cadméide , d ’Aonie, & d 'Hyanthidc, d’aprèsCadmus, Aon fils de Neptune, & Hyas fils d'^à;mais le plus grand nom-“je, de beaucoup, prétend qu’il s’appelloit originairement Calyàne, d’aprèsCzlydnus, le prémier Fondateur de la Capitale & du Royaume. Cette Pro-bes est désignée présentement par le nom de Stramulippe ,& Thèbes ,sonan cienne Capitale, par celui de Stibcs ou Stives.
Ce Royaume étoit borné à l’Orient par l’ Attique , à laquelle il futincor- Glogm-P«rè avec le tems, comme nous savons vu, à en étoit séparé par le Mont P ìlie ‘Citheron;siiì Nord par le Détroit connu présentement fous le nom de Dé-J. r °it de Nègrepont, dont les eaux, à ce qu’on prétend, haussent & baissentle pt fois en vingt - quatre heures, c’est-à-dire, suivant d’autres, n’observenca °cun retour réglé dans leur flux & leur reflux. Le Royaume de PhocideJoit à 1 Occident, & le Golphe de Corinthe au Midi. Sa plus grande éten-de d’Orient en Occident étoit d’un degré dix minutes, & environ autantdu Septentrion au Midi,mais alloit en se rétrécissant vers l’Orient ( b),
On trouve dans ce Royaume le grand Lac de Copaïs , qui peut avoir qua. Fleuves,fi>rze milles en longueur, & huit en largeur, d'où sortentdeux Fleuves con* b Nature«dérables, qui arrosent la plus grande partie du Pays du côté de l’Orient. du Climat.Ces Fleuves font ì'A/ope, qui sépare le Territoire des Thébains de celui des-ktèens qui, après avoir traversé s Attique , se jette dans la Mer Egée;
Vlfmène, qui tombe dans le Détroit de Nègrepont. Le Pays est parseméMontagnes, sur-tout dans YAonie proprement ainsi nommée; le reste^ presque uni,& abonde en excellens Pâturages; mais, généralementtriant, l’air y étoit si grossier, que, suivant Horace , ce fut cela mêmeen rendit les habitans fameux par leur stupidité.
Mêla. & aï.
G) Dìod. Sic. Bibiioth. L. IV. p. 188. (/;) Strab.
* La Fable dic que Cadmus, las de chercher Europe , que Jupiter, métamorphosé en Tau-tau, a vo î c amenée en Crète, où elle arriva probablement dans un Vanleau qut portoit la"Sure d’un Taureau, suivit, par le conseil de l’Oracle , la trace du prémier Bœuf qu illlc ontra, & bâtit la Ville de Thèbes dans f endroit où cet animal s’arreta (1).
(i) Paiisan. m Boeot. Sc aï.