HISTOIRE DE LACEDEMONE OUSPARTE.Lm I. Ch. XVII. 343
fis s’oppoférent hardiment à l’expiation (a) : opposition donc Hercule forma*e dessein de se venger à la première occasion.
Cette occasion ne se fit pas longtems attendre; car un de ses cousins,nommé Oeone , qui étoit venu avec lui à Sparte , se promenant un jour dansVille, passa par hazard devant la maison à'Hippocoon , dont il sortit unMâtin qui vint l’attaquer. Oeone lui jetta une pierre, ce que les fils d'Hip.pocoon n’eurent pas plutôt vu, qu’iís lui tombèrent fur le corps,& l’assom-stiérent de coups. II n’en fallut pas davantage pour exciter la fureur d'ffer-c uìe. Ce Héros, soutenu de quelques-uns des siens, en vint aux mains avecEUX; mais ayant été blessé dans la mêlée, il fut obligé de se retirer. Peude tems après il les attaqua avec un nouveau renfort, & tua Hippocoon , dixdé ses fils, & un grand nombre de Lacédémoniens. S’étant rendu ensuiteMaître de la Capitale, il rappella Tyndare, & laissa le Royaume à ce Mo-narque banni, en dépôt pour ses descendans, comme nous l’avons dit dansautre endroit (/;) *.
(a) Paufan. in Lacon. (h) Diod. Sic. L. IV. p. 1 66.
* Hercule ayant fi bien réussi dans cette expédition, érigea un Temple à Junon , j cause*]Ue cette Déesse ne l’avoit point traversé dans cette occasion, comme elle avoir fait dans tou-les les autres,- & au défaut d’une victime plus noble, il lui offrit une Chèvre , ce qui fitssite les Lacédémoniens f adorèrent dans la fuite fous le nom de Junon Epophage , & lui immo»*® re nt toujours des Chèvres dans la fuite.
Son dernier exploit, par lequel nous terminerons l’Histoire de ce Héros, fut contre Eu-* 3 re, qui lui retenoit injustement lole, à ce qu’il croyoit. II fattaqua, le tua avec ses fil s,J emmena fa fille. Peu de tems après, étant arrivé à un Promontoire à'Eubée , dans le"Sssein d’y offrir un sacrifice, il envoya son serviteur Lychas à Trachinie , pour y demander àépouse Déjamre la chemise & l’habit qu’il avoir coutume de mettre en pareille occasion.Dâjanire avoir pensé quelque tems auparavant être enlevée par le Centaure N f [fui, qui luip V °it aidé à passer le Fleuve Evìnei mais Hercule, remarquant la chose de f autre côté du■pcuve, blessa mortellement le Centaure d’un coup de flèche. Ne fui , se semant mourir, con-Ellla à Déjamre de mêler un peu d’huiJe avec le iàng qui couloit de sa plaie, & d'oindre dec ette composition la chemise de son mari, assurant que c’étoic un préservatif qui empécheroicHercule d’almer aucune autre femme qu’elle. Déjamre , qui ne connoissoic que trop l’incon-ftance de son époux, suivit le conseil de Neffìis (t).
Lychas étant venu s’acquiter de la commission dont il avoit été chargé, eut l’imprudencedire qu 'Hercule avoit emmené avec lui lole : nouvelle qui excita en Déjanire une si violen-I e jalousie, qu’elle donna à Lychas la fatale chemise, qui n’eut pas plutôt touché le corps de°h époux, que le poison, dont elle étoit infectée, fe répandit dans toutes fes veines, & luia hft de si violentes douleurs, qu’il congédia son Armée, & retourna à Trachine. Ses fous.rances allant toujours en augmentant, i! fit consulter f Oracle, & en reçut pour réponse, quels? Ur guérit il devoir fe faire transporter sur le Mont Oeta , & avoir foin qu’on dressât sur ceun grand bûcher de bois, après quoi Jupiter feroit le reste.
■ Ses douleurs étant enfin devenues insupportables, il s’habilia comme s’il eût dû aller com.J're quelque ennemi, monta fur le bûcher, & pria les assistans d’y mettre le feu ; a’autre*ss; ent qu’il donna cette commission à son fils Philoâète ,qui s’acquita de cet ordre, & euc|' r récompense Tare & les flèches de son stère.
Dâtts le même instant Jupiter , pour dégager jà parole, lança fa foudre,& consuma par ceà ,^ en le bûcher & le Héros, dont les cendres mêmes ne furent plus trouvées, ce qui donna lieudé'fi llot ì° n > qu’il avoit passé de la Terre dans le Séjour des Dieux. Tels étoient les Hérosfij.du Paganisme. On y élevoit des Temples, & on y offroit des sacrifices à des Hommes-£,) de meurtres & d’adultères. Hercule légua lole à son fils Hyllus ; & pour ce qui est ds°elle fe pendit dès-qu’elle eut appris les funestes effets de son prétendu philtre (2).
CO Diod. SÎC. L, IV. x. u,S. O) Idem ibid. x. m.
Section
IX.
Histoirede Lacédé-mone ouSparte.