HISTOIRE D’ELIDE, D’iETOLIE, &c. Liv. I. Ce. XVII. 353partie de son Royaume. Quand Hercule eut rempli fa tâche, en faisant Section
passer un Fleuve sur les terres * à’Jugée, ce Roi lui refusa la récom- x *
pense promise, fous prétexte que c’étoit plutôt par adresse qu’à force de Mf's retravail qu’il étoit venu à bout de l’entreprise. Phyleus , fils aine d ’ Augèe, ^ayant été pris pour juge de ce différend, prononça con tre son Père, & fut Locridebanni du Royaume avec Hercule. Augèe, craignant le ressentiment de ce Dot-uk &Héros, fe fortifia contre lui par une double Alliance, l’une avecfils /lchsJia -de Phorbas &d'Hymine fille d ’Epeus; & l’autre avec Amaryncée , Thessalientrès habile dans le Métier de la Guerre , qu’il fit venir à fa Cour. Pourrendre son union avec ces deux hommes plus intime, il les associa à l’Au-torité Souveraine ; deforte qu 'Hercule , étant revenu dans la fuite à la têteRune puissante Armée, trouva une résistance bien plus grande qu’il n’avoicc ru, fur-tout de la part d’Aiïor & de ses fils, à fut contraint de retournerfur ses pas, & d’attendre quelque occasion plus favorable. Ayant appris,peu de teins après, que ces jeunes Héros dévoient fe rendre aux JeuxIfthmiqucs , il leur dressa une embuscade, & les tua tous, quoique si secrèt-ement , que les Eléens employèrent bien du tems & de la peine avant queRapprendre qui étoit le meurtrier. Quand ils surent que c’étoit Hercule ,qui fe trouvoit alors à Tirynthe , ils envoyèrent des Ambassadeurs aux Ar-yens pour demander qu’il fût puni, mais inutilement. Ce déni de justiceles obligea à envoyer une Ambassade aux Corinthiens, pour que ces derniersdéfendissent aux Argìens d’aslister aux Jeux /filmiques , puifqu’ils permet-toient à l’assaffin de ceux qui s’y rendoient, de vivre tranquilement fur leursterres. Cette seconde demande ne fut pas plus écoutée que la prémière;
6t Hercule , ayant levé une puissante Armée dc-Thébains , à'Argìens LR Arcadiens , assiégea, prit & pilla la Ville d’Elide. Ce Héros fe préparoità faire éprouver aux Pijèens les effets de son ressentiment, pour avoir assistéHs Eléens , mais il en fut empêché par l’Oracle. Cependant il ne fut pasContent qu’il n’eût conquis tout le Royaume, dont il fit présent k Phyleus ,ce fils d ’Augèe qui avoit décidé en fa faveur. Sa libéralité ne fe borna pas-là ; car avec le Royaume il lui rendit tous les prisonniers qu’il avoit faits f,
& parmi ces derniers Augèe, à qui, suivant Paufanias , il pardonna en con-
* Ce Fleuve étoit l 'Alpkèe suivant les uns » & le Pínie suivant d’autres. Notre Auteur•appelle Minyeus: nom que Strabon, qui prétend que c’étoit le Pénée, croit avoir été donnéà ce Fleuve , à cause que ses eaux restèrent longtems fur la terre avant que de s’écouler.
Cette étymologie est un peu forcée, & il nous paroit plus raisonnable de supposer que cevieuve avoit deux noms, comme bien d’autres (r).
t Ces Prisonniers doivent avoir été en très petit nombre en comparaison de ceux qui fu-ren t tués, puisque Paufanias nous apprend que les Femmes Eléesmes , voyant leur Pays dé-Psuplé d’Hommes , prièrent Minerve qu’elles puisent concevoir à la prémière occasion ; &,
‘ssaprès que leur prière eut été exaucée, elles érigèrent un Temple à la Déesse fous le nomMinerve, la Mère du Genre - Humain. Outre cela , pour témoigner leur reconnoissance^ une autre façon , elles appellérent le Lieu même , & le Fleuve qui coule tout du long,fludu , qui dans Isur Dialecte signifie la même chose que r,Sv, doux , pour exprimer le plai-lr Hu’elles avoieut goûté en cette occasion (2).
C) Strabo I» VIII. p, 3^6, Taufan. in Elid. c» r. Gedoyn. Not. in cund. [z) Idem ibid. c. z.
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