histoire des athéniens, liv. i. ch. xviil 371
tl ’cns (a). II regardoit comme un si grand crime d’ôter la vie à quelqu’un, Sectionqu’afin d’inspirerplus d’horreur pour l’homicìde,il ordonna qu’on feroit ìe l -P r ocès même aux choses inanimées, quand il ieur arriveroic par hazard Histoired’être la cause de la mort de quelqu’un. Si, par exemple, une statue tuoic un à A t hé-homme en tombant fur lui, elle étoic bannie, & personne en Attique n’au mem ‘roit osé la garder (h). C’auroit été un bonheur pour lui & pour sa Patrie,p le méme esprit «humanité avoit régné dans ses autres Institutions; maisfi puniffoit tout de mort; & une pomme volée attiroit à celui qui commet-toit ce vol, un châtiment aussi rigoureux que s’il e'toit rendu coupablefie sacrilège, de quoi il rendoit la raison suivante. Les petites fautes meParaissent dignes de mort; quand il e[ì quejíion d'en punir de grandes , je neszurois trouver d'autre châtiment (c). II confia le soin d’exccuter ses LoixPrincipalement aux Ap/àr, dont nous avons fait mention ci-devant. 11réforma leur charge à plusieurs égards, & c’est ce-qui a fait croire, quoï-M'à tort, qu’il les avoit institués (d). Dracon étoit déjà avancé en âgequand il donna des Loix aux Athéniens. Quelques Savans prétendent qu’iitira quelques - uns de ses principes des Livres des Phéniciens , mais c’est cequ’ilsauroient de la peine à prouver (s). II est certain que ses Institutionsh’ont pas été appellées Nomoi mais Thesmoì, c’est-à-dire, pas Loix maissecrets , comme si elles étoient l’ouvraged’une sagesse plus qu’humaine (/).
^ais cela n’empêcha pas que les Athéniens ne les poison c en aversion, mémefiurant fa vie ;& comme leur aversion étoit toujours fatale, il fut obligéfio qui ter Athènes.
Ce Législateur se retira dans file à'Egine , où il fut reçu avec les témoi-gnages du plus grand respect. La faveur des habitans de ce Pays lui futPlus funeste que n’avoit été la haine des Athéniens ; car venant un jourfur le Théâtre, il fut étouffé fous la quantité de robes, de bonnets, & d’au-tr es marques d’estime qu’on lui jetta de tous côtés, selon la coutume deLes tems - là (§). Arijlote nous apprend qu’ Herodicus disoit souvent, Que sesInstitutions paraissaient plutût \'ouvrage d'un Dragon que d'un Homme , par al-lusion à son nom (h); & Démades se rendit fameux par ce mot, Que lesLoix de Dracon n étoient pas écrites avec de faner e,maîs avec du sang (r).
II se pourroit très bien que le siècle où il vivoit,& le caractère indiíci-plinable des Athéniens , obligèrent ce Législateur à faire usage de tant desévérité ; car il ne paroîtra pas tout à-fait aussi dur, ni aussi sauvage qu’onle représente généralement, si l’on fait attention à quelques fragmens de fesLoix qui subsistent encore, & à son inclination pour la Poésie, qui est siPropre à adoucir le naturel le plus féroce, ou plutôt pour laquelle un hom-Dae qui feroit d’un pareil naturel, ne pourroit guères avoir d’inclination (h) *.
. (") A. Gell. Noct. Attic. Lib. N- c. 18 . (/; TElian. Hist. Var. L. VIII. c. io.
Tatìau. Orat. cont. Grxc. Clera. Strom. L. I. (g) Hesydi. Illust. de Philoí. cuidas ia
(b) Pausan. in Attic. Voce A paum.
(c) Plutarch. in vit. Solon. c. i 6 . (Ji) Aristot Ilhetor. L. II. c, 23 .
(st) Potter. Archteolog. Vol. I. p. 102. (i) Plutarch. íu vit, Solou.
(f) Joseph, contr. Apion. (k) Vid. Not. .
* Aristote parle d’une manière afíez méprisante des Loix de Dracon, puifqu’il dit qu’ellîí
Aaa 2