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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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HISTOIRE DES ATHENIENS. Liv. I. Cn. XVIII. 491

.idès conserva au milieu de tan; de maux une fermeté dame sans e'gale, Sectios& tâcha dinspirer à ses compatriotes les mêmes scntimens, quoiquil con- L

Histoire

une respiration difficile, suivie de'ternuemens & dune voix enrouée. De- descendant à Aihé-,, sur la poitrine avec une toux violente, elle faisoir soulever le cœur, & causoic des vo- mens.

" missemens de toute forte de bile, avec beaucoup de douleur & deffort. 11 prenoir fou- - -

vent un hoquetsuivi dune grande convulsion, qui sappaisoit aux uus plutôt, aux autres pi us" tard. Le corps devenoit rougeâtre & livide avec des pustules, & ne paroissejt pas fort,, chaud au toucher, mais brûloir tellement au dedans, quon ne pouvoit souffrir la cou- verture, pas même le drap, si bien quil falloit demeurer nud. On eût pris grand plaisir à se jetter dans seau froide, & plusieurs, qui étoieut mal gardés, se précipitèrent dans des»» puits, pressés dune soif que lon ne pouvoit éteindre, quoiquon bût peu ou beaucoup.

» Ces symptômes étoieut suivis de veilles & dinquiétudes continuelles, fans que le corps», pourtant saffoibiît, jusquà ce que le mal fût arrivé à son période, car on résistoit au-», delà de tome apparence; déserté que la plupart meuroient au septième jour, ou au neu-» viême, de lardeur qui les brûloir, (kus que leurs forces fussent beaucoup diminuées. Que,, si lon passoit ce teins -, il defeendoit dans le ventre, & ulcérant les intestins, eau foi t>, une dilï'enterie, qui faisoit mourir après de foiblesse; car il passoit par toutes les parties du», corps, après avoir commencé par la tête; & si lon échappoit, il gagnoit les extrémités &

», se jettoit en dehors, ce qui êtoit une marque assurée de guérison. II defeendoit tantôt>, dans les bourses, tantôt aux doigts des pies & des mains, dont plusieurs perdirent lusa-», ge, & quelques-uns même celui de la vue. Quelquefois revenant en santé on perdoit, le sentiment, jusquà soublier foi-même d'abord, & û méconnoître ses domestiques. Car», comme cette maladie étoit au dessus de toute raison, les accidens en étoieut de-même;

»> & pour montrer quil y avoir quelque chose dextraordinaire , plusieurs corps étant'» abandonnés, les Oiseaux de proie ni les Bêtes sauvages nen mangeoient pas ; & sils en», mangeoient, ils en meuroient, tellement quon nen voyoit plus paroître ni ni ail-», leurs; mais les Chiens, qui vivent parmi les Hommes, donnoient des preuves plus évi-», denies de lun & de sature. Voilà quel étoit le mal, pour ne rien dire des symptômesqui arrivoient hors de la règle ordinaire, Du reste on meuroit avec Médecin & fans-decin, & il ny avoir point de remède spécifique, parce que ce qui servoit aux uns nui-», soit aux autres. Nul corps navoit la force dy résister, non pas même les plus vigoureux,ni ceux qui étoieut traités le plus méthodiquement. Mais ce quil y avoir de plus.

», cheux, cétoit duu côté le désespoir qui semparoit quelquefois dabord des malades, &faisoit quils sabandonnoient eux-mêmes, & quils ne vouloient rien faire pour leur», guérison; & de lautre,!a contagion qui gagnoit ceux qui sen approchoient; désertéquon>, meuroit fans secours comme des Bêtes, & cest ce qui fit le plus grand dégât jusquà em-», porter des familles entières. Beaucoup de geus dhonneur y périrent, qui avoient honte», dabandonnc-r leurs amis, si bien quon perdit à la fin lu sage de pleurer les morts. Mais», ceux qui avoient le plus de pitié des autres, étoieut ceux qui avoient passé par -, Le qu!

»> se trou voient hors de danger; car on ny retomboit pas deux sois, ou pour le moins on», nen mourait pas. On estimoit donc ceux- très heureux, & ils le ílattoíent de quelque», espérance de ne point succomber sous dautres maux, après sêtre sauvés de celui-ci. Avec», la contagion, on étoit incommodé de la quantité de bagage quon avoir transporté des»> champs dans la Ville; outre que la plupart, faute de logis, demeuraient fous de petites', cabanes, ou lon ne pouvoit respirer pendant lardeur de lété; déserté quou les voyoit», entassés confusément les uns sur les autres, tant les morts que les mourans, ou fe traî-nant dans les rues, ou couchés autour des fontaines, dont ils sétoient approchés à demi»> morts de soif. Les Temples mêmes l'on sétoit retiré, étoieut pleins de morts; car»> le mal fe renforçant, on ne savoir plus que faire; & lon étoit tombé dans une espè-»> ce de létargie, & dans une négligence de toutes choses, tant sacrées que profanes. Les», droits des sépulcres étoient confondus, & fou enterrait les corps comme lon pouvoir.

Plusieurs, faute de lieux propres, les bruloiect sor des bûchers destinés pour leurscompa-», gnons ; daurres les jettoient dans les prémíers feux qnils trouvoient allumés, finis pren-»> dre la peine de les porter plus loin : & cette contagion causa un grand désordre dans les'' mœurs; car chacun étoit plus promt à faire le mal, quil diíììmuloit auparavant, parce»» ssiii voyoit ies honnêtes-gens mourir pêle-mêle avec les autres, & les pauvres prendre

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