Section
I.
Histoiredes Athé-niens.
508 HISTOIRE DES ATHENIENS.
mit à la sollicitation à'Alcibiade , sur l’heure même en devoir de faire venifles envoyés d 'Argos, pour conclure une Ligue avec eux : mais avant qu ° neût pu rien terminer, il survint un grand tremblement de terre, quirorn-pi t TAssemblée. Ce ne fut pas fans peine que Nicias obtint dans celle dulendemain, d’être envoyé à Lacédémone , avant qu’011 prît quelque résolutionviolente; mais quand il se trouva dans cette Ville, il y rencontra un P^rtiaussi peu raisonnable que celui qu’il avoit laissé à Athènes ; car on ne lui n traison sur aucune de ses demandes, & tout ce qu’il obtint, se réduisit fconfirmer par un nouveau serment l’ancienne Alliance,afindeparoîtrefai're quelque chose pour un Ami de Sparte. A son retournes Athéniens , fi reIÌ , cune Ligue pour cent ans avec ceux d 'Argos & quelques autres Etats: dé-marché qa Alcibiade , qui en étoit la principale cause, regarda comme unchef d’œuvre de Politique, parce que le théâtre de la guerre pourroit Mce moyen se trouver loin d’Athènes , en cas que cette République eût quoi-que nouveau différend avec Lacédémone : chose aisée à prévoir, & à laquelleil étoit bon de remédier à tems. Tels furent les évènemens de l’onzièm e«St de la douzième année de, la Guerre du Péloponnèse (a) *.
(a) Thucyd. Lib. V. Segtu, 21 & seq. Diodor. Sicul. Lib.XII. p. 324. & seq. Plutarcb.in vit. Nie. & Alcibiad.
* Nous avous cru devoir insérer ici le Traité mêrae, tel qu’il est dans Thucydide, P°' arplusieurs raisons, 1. Parce qu’il répand de la clarté fur t’Histoire. 2. Parce qu’il fait voi squelle étoit la Politique de ces tems-là, &’ que les Traités des anciens Grecs n’étoient P* 5moins parfaits que les uôtres. Et enfui, parce qu’il sert de preuve de ce que nous avons * va11 'cé dans cette Histoire. Voici le Traité en question.
„ 11 y aura Trêve pour cent ans par mer & par terre entre les Athéniens & leurs AH 1 *-’„ d’une part, & ceux à'Argos, A'Elide, de Mantinèe & les leurs, de l’autre. Pendant ce,, tems-là, ils ne s’attaqueront ni ouvertement, ni par surprise; & st l’un ou l’autre est aI '„ taqué, ils s’entr’aideront de toutes leurs forces,& déclareront la guerre à l’Aggresseur,f aIlî„ pouvoir faire la paix ni la guerre que d’un commun consentement. • 11s ne laisseront p aa ',, fer aucunes Troupes par mer ou par terre dans leur Pays, ni dans ceint de leurs A 1 '„ liés, fans la permission des uns ôç des autres. Lorfqu’ils s’entr’aideront, ceux qui d 01 ,„ ' neront le secours, seront obligés de fournir des vivres à leurs gens pour trente jours, qus" a„ ils entreront au Pays, & quand ils en sortiront. Si les autres s’eu veulent servir P ,u *longtems, ils feront contraints de les payer à raison d’une dragme par jour pour cbaq u ®Cavalier, & la moitié pour un Fantassin, soit d’Infanterie légère ou d’autre. Chacun a 1 *'ra le commandement des Troupes chez foi, tant que durera !a guerre ; mais fi l'on f a "quelque entreprise en commun, chacun aura part au commandement. Ces Articles fe-ront jurés de part & d’autre , avec serment de les garder sincèrement & fans fraude.Athéniens jureront tant pour eux que pour leurs Alliés, & les aurres en chacune de l eU fVilles. A Athènes le Sénat fera le ferment, & avec lui les Tribuns du Peuple, e11présence des Prytanes. A Argos , le Sénat , le Collège des Quatre -vingts, Sc (es ArtbP’i ’& le Collège des Quatre - vingts prendra le serment des autres. A Mantinèe, les Cheh ^Peuple, le Sénat & le reste des Magistrats, en présence des Théores & des Généraux d’Amée. A Elide , les Chefs du Peuple, les Sur. Incendans des Finances, & le Collège “Six-cens, en la présence des Chefs du Peuple & du Magistrat qui a la garde des L? 1 j„ Les fermens seront renouvellés tous les ans, par les Athéniens à Argos, à Mantinèe &
„ Elide , trente jours avant les Jeux Olympiques ; & par ceux d ’Argos , à'Elide & de A"*
„ tinèe, à Athènes, dix jours avant la grande Fête de Minerve. Les Articles feront„ fur une Colomne de pierre dans la Forteresse à'Athènes ; dans Argos au Temple dV-//-'»*'?.’„ & à Mantinèe en celui de Jupiter. O11 en dressera une autre d’airain à fraix communs d„ Olympie aux premiers Jeux qui y seront célébrés : & si l’on veut ajouter, diminuer,
„ changer à ces Articles, 011 pourra le faire d’un commun consentement (r).
(0 Thucyd, de Self. í’elop. L, V. Segm, 47.