Buch 
4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
Seite
523
JPEG-Download
 

HISTOIRE DES ATHENIENS. Liv. I. Ca. XVIII. 523de Tlntérêt public, & chacun craignant pour lui-même ou pour les siens. g ECnoîfPhrynique, qui savoir en quels termes il en école avec Alcibìade , tâcha de 1.maintenir le Gouvernement établi, pendant quedautres cherchoient à faire Histoireleur cour à lArmée. Le prémier de ces Partis étoit le plus fort. Ceux qui des Aihé-le composoient, pour augmenter leur pouvoir, envoyèrent des Ambassa- ntemdeurs à Sparte, pour demander la paix à toutes conditions ; ils firent aussifortifier le Pyrée du côté de la mer: fur quoi Thér amène , qui étoit à la têtede lautre Parti, publia ouvertement quon avoit dessein de rendre la Villeà lEnnemi ; accusation que larrivée de 40 Vaisseaux Péloponnéjiens sur lescôtes à'Attique rendit tout-à - fait vraisemblable. Dans le fond il navoitguères tort, le prémier but des Quatre - Cens étant de maintenir leur pou-voir dans toute son étendue; que si cela ne leur étoit pas possible, ils vou-loientdu moins rester les maîtres dans la Ville ;& en casquilsne pussent pasmême réussir à cet égard, leur dessein étoit dobtenir pour eux - mêmes lesconditions les plus favorables quil seroit possible, & de rendre Athènes eraxPéloponnéjiens. Le plus grand malheur qui pût arriver, suivant eux, étoitque le Gouvernement Populaire fût rétabli, dans lidéequils nepourroiencmanquer d'en être les victimes. P/tryrcigae, Chef de lAmbassade quon avoitenvoyée à Sparte , sen revint fans avoir pu rien effectuer, & à son re-tour il fut poignardé dans la Place publique ; après quoi Thér amène & sonParti, devenus plus hardis, firent saisir les Chefs des Quatre - Cens : violen-ce qui occasionna un tumulte, dont Thucydide le Pharjdlìen prévint les mau-vaises suites, en persuadant au Peuple de se tenir tranquille. Les Soldatsnéanmoins exigèrent la démolition des nouveaux ouvrages construits dansle Port, ce qui leur fut accordé. Le lendemain les Quatre-Cens sassem-blérent, non fans frayeur, dans la Maison du Sénat, & députèrent quel-ques -uns de leurs Membres pour appaiser le Peuple, en promettant de luidonner satisfaction fur tous ses griefs. Pour cet effet, ils proposèrent quillèur fût permis délire cinq mille hommes, dont quatre-cens feroient choisistour à tour pour gouverner lEtat, conjurant leurs compatriotes de ne sepas perdre eux-mêmes en abandonnant la Ville à TEnnemi. On demeuraa la fin daccord, quoiquavec beaucoup de peine, quon règleroit la formedu Gouvernement dans une Assemblée générale, dont le jour fut déterminé ;mais le jour marqué étant venu, & le Peuple déjà assemblé, on reçut lanouvelle, que la Flotte Lacèdèmonienne prenoit le chemin de Salamine; cequi répandit une telle épouvante parmi les Athéniens, quau-lieu de délibérerfur le sujet pour lequel ils avoient été convoqués, ils coururent en foule auï*orr, d ils apperçurent la Flotte, qui dirigeoit son cours versl 'Eubèe.Oafit partir fur le champ un bon nombre de Vaisseaux sous les ordres de Thy-tooeharèsi mais cette Flotte ayant été attaquée par les Péloponnéjiens en mer,

H trahie fur le rivage par les Erétriens , fut misérablement défaite: de 36Vaisseaux il y en eut 22 de pris,& toute l'Eà,à f exception dOreus,ferévolta. Quand on reçut à Athènes cette fatale nouvelle, les plus habilesmêmes jugèrent que cen étoit fait. Tous les malheurs quils avoient es-suyés en Sicile, leur paroissoient légers au prix de celui-ci; puisquils na-Voient plus ni Flotte ni Armée, & quils venaient de perdre ì'Eubée, qui

Vvv 2