528 HISTOIRE DES ATHENIENS.
Sectjos semblée da Peuple, en ordonna que le Decret de son bannissement seroitI. jetté dans la mer, & les Eumolpides furent chargés de l’absoudre des malé-Htstoirc dictions qu’ils avoient prononcées contre lui. II fut nommé outre cela Gé-âes Jthê- n éral fur terre & fur mer fans qu’on mît aucunes bornes à fa puissance. Enmens. UN mot, le Peuple s'essor§a d’égaler par ses bienfaits , les services opx'Alcibid-de venoit de rendre. Le caractère doux & facile de ce Grand-Homme, facomplaisance envers les Citoyens de quelque rang qu’ils fussent, & le foinqu’il eut d’employer les immenses richesses qu’il avoit apportées à diminuerles taxes, obligèrent les plus sages Athéniens à reconnoître qu’il méritoit leshonneurs qu’on lui rendoit.
Alcibiade , quoique très sensible aux glorieux témoignages d’affection qu’ilrecevoit de toutes parts, fe hâta néanmoins de remettre en mer avec uneFlotte de ioo Vaisseaux, dans l’intention de rendre de nouveaux servicesà fa Patrie. A peine fut-il parti, qu'Agis Roi de Sparte forma une entrepri-se hardie fur Athènes. II vint de nuit avec une Armée de 28000 hommesjusqu’aux murailles,dont il prit même une partie. Les Athéniens coururentaux armes, & détachèrent le matin un Corps de Cavalerie égal à celui del’Armée Pèloponnésienne. Le combat entre ces deux Corps fe donna toutprès des murailles, & à la vue tant des Lacèdèmoniens que des Athéniens. Ala fin la Cavalerie Athénienne eut l’avantage, ce qui obligea Agis à prendrele parti de la retraite. Dans ce même tems Alcibiade , après avoir confieune partie de fa Flotte à Antiochus son Pilote avec ordre de ne rien faireavant son retour, fit voile pour l’ tìellespont , afin d’y donner le secours né-cessaire à quelques Villes fidèles aux Athéniens. Antiochus ne le vit pas plustôt parti, qu’au mépris de ses ordres il alla défier au combat Lysandre , A-mirai àts Lacèdèmoniens. Ce dernier, sachant qu’ Alcibiade étoit absent,ne demanda pas mieux que d’en venir aux mains avec les Athéniens , qui fu-rent défaits avec perte de leur Commandant Antiochus & de 15 Vaisseaux.Alcibiade , ayant appris ce malheur, revint, & défia à son tour Lysandreau combat ; mais ce prudent Général ne voulut pas risquer la gloire qu’ílavoit acquise. Les Athéniens, d’un autre côté, attribuèrent Je malheur,qui venoit d’arriver, à l’indolence & au dérèglement de moeurs d ’Alcibid-de. 11s prêtèrent aussi l’oreille aux bruits qu’on eut soin de répandre, qu’ilentretenoit des correspondances avec Pharnabaze A avec les LacèdèmoniensQuoi qu’il en soit, ce Libérateur de fa Patrie fut déposé, & l’on nomma àfa place dix Généraux,entre lesquels furent Canon , Thrasybule , & Périclèefils du fameux Athénien de ce nom. Canon ayant demandé à Alcibiade dslui remettre le commandement de la Flotte, ce dernier y consentit d'abord,mais refusa de s'en retourner à Athènes. Le parti qu’il prit fut de fe retiressur son Vaisseau en Thrace^oii il bâtit un Château pour fa propre fureté, é-rigeant dans ce Pays une petite Principauté à la vue de ses ennemis, qui e *toient puissans & en grand nombre (a).
L’année suivante, Canon engagea Callicratulas, successeur de Lysandre ,dans un combat naval, où il fit paraître plus d’habileté dans la disposition
de
(a) Thucyd. Diod. Sicul. L. XIII. p. 368. Plut. ín vit. Alcibiad, Corn. Nep. in vît*ejufd. c. 7. Juslin. L. V. c. 5.