HISTOIRE DES ATHENIENS. Liv. I. Cir. XVIII. 531rems, sans faire la moindre Proposition de Paix. A la fin, pressés parla fa- Sscnoxmine, ils demandèrent à traiter avec Agis, qui les renvoya à Lacédémone, l '
où leurs Députés offrirent de céder tout, à l’exception de leur Ville & de H'fîoireleur Port. Mais les Lacédémoniens insistèrent absolument fur la démolition da d /Itìui 'de leurs murailles. Au retour des Ambassadeurs Archifirate proposa à l’As- n tem ‘semblée d’accepter ces conditions , mais fut mis en prison pour avoir osétenir un pareil langage,plusieurs préférant la mort à l’esclavage. A la fin,Théramène entreprit de traiter avec Lysandre, qui , après une longue con-férence, l’adreffa aussi à Sparte , où il fut envoyé fur le champ avec quel-ques autres Députés. A leur arrivée ils trouvèrent le Conseil des Alliés as-semblé. Tous opinèrent pour 1 entière destruction à’Athènes, àl’exceptiondes Spartiates , qui déclarèrent qu’ils ne consentiroient pas à la ruine d’u-ne Ville qui avott rendu de si grands services à la Grèce. Au retour deThéramène, la Paix fut conclue aux conditions suivantes. Que les longuesmurailles, & les fortifications du Port scroient rasées; que Jes Athéniensrendroient tous leurs Vaisseaux hormis douze, recevroient dans leur Villetous leurs Bannis, & soivroient la fortune des Lacédémoniens. Lysandre fitdémolir les murailles au son des flûtes & des trompettes, le jour même oùles Athéniens avoitnt gagné autrefois la Bataille Navale de Salamine. II é-tablit aufli une Oligarchie contre la volonté du Peuple, & termina ainsi parla ruïne d 'Athènes la 27. année de la Guerre du Péloponnèfe ( a).
Dès que Lysandre eut démoli les longues murailles & les fortifications duPy?ve,il établit un Conseil de trente Membres, qu’il revêtit du pouvoir defaire des Loix, c’est-à-dire, de subjuguer l’iitat. Ces trente Hommes fe fontrendus fameux dans l'Histoire sous le nom de Trente Tyrans. lis étoient touscréatures de Lysandre ; & comme leur puissance avoit été acquise par lavoie des armes, ils en firent aufli l’usage le plus violent, & fe comportè-rent dans leur charge avec une extrême insolence. Au-lieu de faire desLoix, ils parurent vouloir abolir celles qui fubsistoient encore, établirentun Sénat & des Magistrats à leur gré ; & , pour trouver moins d’oppositionà leurs volontés, ils firent demander à Lacédémone une Garnison, qui leurfut accordée à condition d’en payer régulièrement les Soldats. Une desPremières démarches qu’ils firent, fut de punir tous les Délateurs dontles fausses accusations avoient fait perdre la vie à des gens de bien, & cau-sé des troubles dans l’Etat. Cette conduite, quoique sévère, ne laiíîbit pasd’avoir quelque chose de populaire; mais quand par des flatteries & desprefens ils eurent gagné Callidius , qui commandoit la Garnison Lacèdèmo-sienne, ils laissèrent les méchans en paix, & tournèrent toute leur fureurcontre les bons, Critiasôi TJiéramène étoient à la tête des Trente: le prémiferétoic ambitieux & cruel outre mesure , au-lieu que le second avoit encoreConservé de rattachement pour son Pays. Critias fe faisoit un plaisir d’exé-°nter tous les projets sanguinaires formés par ses collègues, ou de fa façon;hiais auxquels Théramène s’opposa d’abord avec modération ,& dans la fuite
,.(«) Xenophon. Ilellen. Lib. II. Diodor Sicul. Corn. Nep. in vit, ejusd. Justin, Lib. XV.h'b. XIV. p. 372. Piutarch. in vit, Lyfandr. c. 6 .
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