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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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HISTOIRE DES LACEDEMONIENS. Liv. I. Ch. XIX. 573

Lycurgue , après la mort de son frère, fut Roi de Sparte pendant quel-ques jours: mais dès-que la grossesse de fa belle-fœur fut connue,il décla-ra que ia Couronne appartenoit à lenfantquien naîtrait, f] cétoit un fils,& dès ce moment il administra le Royaume comme son Tuteur. La Reine,qui étoit une femme ambitieuse & fans vertu, lui envoya dire sous main,que sil vouloir promettre de lépouscr, elle ferait périr son fruit. Lycurguetémoigna être fort sensible à lhonneur queile lui faifoit, mais la supplia dene point hazarder fa santé en ayant recours à quelques moyens violens, I as-surant que pour f amour delle il fe chargeoit de la commission de fe défai-re de lenfant quelle mettrait au monde. La Reine, trompée par ces dis-cours, regardoit son projet comme déjà exécuté, quand elle fe trouva àson terme. Lycurgue en ayant été averti, envoya quelques amis, fur qui ilpouvoit compter, dans lappartement de la Reine, avec ordre que si elleaccouchoit dun fils, de le lui apporter en quelque endroit quil fût; maissi cétoit une fille,de la remettre aux Femmes de la Reine. Cette Princessemit au monde un fils, que les émissaires de Lycurgue lui apportèrent dansune maison il foupoit avec quelques-uns des principaux de la Ville. Ly-curgue , ayant pris lenfant entre ses bras, le fit voir à tous les convives, enleur adressant ces mots, Seigneurs, voici un Roi qui nous cfl. Tout 1emonde fut charmé dun si beau trait de désintéressement; & ce fut en con-sidération de cette allégresse générale, que Lycurgue appella le jeune PrinceCharllaïis , cest-à-dire, la joie du Peuple.

.Mais si la conduite quil venoit de tenir le rendit lobjet de lamour Ade ladmiration du Peuple, elle irrita cruellement contre lui la Reine &tous fes partisans. Ces derniers commencèrent par calomnier Lycurgue , &par répandre que toutes ces belles apparences cachoienc quelque noir des-sein, & quil navoit nullement intention de résigner la Couronneà son ne-veu. Léonidas, frère de la Reine, eut même limpudence de dire à Lycur-gue , dans une dispute quil eut avec lui, qu'U comptait de le voir bientôt Roi.La Reine affectoit d'être fort inquiète fur ce sujet, & déplorait en plus du-ne occasion le fort de son malheureux enfant. Lycurgue, allarmé par de siartificieuses pratiques, & voulant même ne pas donner lieu au moindre soup-çon, résolut dimpofer silence à la calomnie en sexilant lui-même; dessein,quil exécuta peu de tems après, fans que les instances que le Peuple lui fitpour rester, fussent capables de larrêter.

Les interprétations odieuses quon avoit données à ses meilleures actions ,«'empêchèrent pas Lycurgue de consulter les personnes les plus habiles &les plus expérimentées dans lArt de gouverner, afin de pouvoir à son re-tour être utile à fa Patrie. Dans cette vue il entreprit divers voyages,comme un véritable Patriote, il ne permit point que le tems ou f éloigne-ment des lieux altérassent en aucune manière son affection pour fes com-patriotes. II commença par Crète , Ile fameuse de tout tems par fes Loix*& par ladmirable politique qui y étoit en usage depuis plusieurs siècles. Ace qui'parait par ce quen dit P lut ar que , Crète étoit gouvernée alors par dif-férens Princes , ou du moins étoit partagée en plusieurs Etats indépendantles uns des autres , que Lycurgue parcourue tous , consultant soigneusement,ceux qui étoìent éle\és au dessus des autres en dignité,afin d'acquérir par

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Sage con-duite deLycurgueProtecteurde Spartes