58 o HISTOIRE DES LACEDEMONIENS.
Histoire santé & durable. Dans cette vue il chercha à déraciner toutes les semencesdes^Lad- ^es Dissensions Civiles. De-lû le partage égal des Terres, les précautions' contre le Luxe, & la néceffité de rendre le Beau-Sexe moins dangereux,en lui ôtant un air de pudeur; afin que la naissance, les richesses, & la ja-lousie , qui produisoient tant de désordres en d’autres Pays, ne fissent quepeu ou point de mal à Lacédémone.
La septième Table comprendra quelques Ordonnances générales. Quoi-que les Spartiates ayent toujours été libres , ce ne fut cependant jamais qu’a-vec cette restriction, qu’ils fussent soumis à leurs propresLoix, dont l’ob*servation leur étoit imposée avec autant de sévérité dans la Ville, que cesle de la Discipline Militaire peut jamais savoir été à de simples Soldats dansquelque autre Pays. Premièrement, une obéissance exacte aux ordres deleurs Supérieurs, étoit un des grands devoirs imposés aux Lacèièmoniens ,qui en regardoienc l’observation comme le fondement de cette autoritésans laquelle aucun Etat ne sauroit subsister. La Vieillesse étoit honorée »Sparte ; les jeunes.gens s’y levoient en présence des Vieillards, toutes le*fois que ceux ci entroient dans quelque Place publique; ilss’ôtoientdeleurchemin quand ils les rencontraient dans les rues , & gardoient un silencerespectueux quand les autres parloient. Comme tous les Enfans étoientconsidérés comme appartenant à l’Etat, ainsi tous les Vieillards avoient uneautorité de Parens. 11s reprenoient tout ce qu’ils voyoient n’être pas bien,non seulement dans leurs propres enfans, mais aussi dans ceux des autres ;& par ce moyen Lycurgue fit ensuite que les Jeunes gens avoient presquetoujours avec eux quelque Gouverneur. Les Loix ne s’en tenoiencpas-la-si un Vieillard se trouvoit en quelque endroit où un Jeune-homme com-mettoit une faute, St qu’il manquoit à le reprendre, il su bi doit la mêmepeine que le coupable. Un certain nombre de Jeunes-gens en avoient unparmi eux de leur âge, ou qui tout au plus pouvoit avoir deux ans deplus que les autres, qu’ils appelloient Iren. Celui-ci avoit le droit de s’infor*mer de toutes leurs actions, & de les punir quand il leur arrivoit de man*quer à leur devoir ; & les châtimens qu’ils essuyoient, étoient ordinairementtrès sévères, ce qui les endurcissait aux coups & à la douleur. Le silènes& la modestie étoient des choses qu’on recommandoit fortement aux Jeunes*gens, & Lycurgue ne bornoit pas cette dernière qualité aux paroles, m a)Sl’étendoit auss aux actions, & même aux gestes & aux regards, ayant ot'donné qu’ils regardassent devant eux ou à terre, & qu’ils eussent toujoursles mains dans leurs robes. S’il se trouvoit quelqu’un qui fût assez stupideou assez mauvais pour refuser toute instruction , ou pour ne vouloirprofiter de celles qu’on luidonnoit, les Lacèdêmonlens le retranchoient com*me un membre pourri, & n’avoient absolument aucun commerce avec lu 1 *
Les Etudes & les Connoïssances de ce Peuple forment naturellementsujet d’une huitième Table. La simplicité de leurs mœurs, A leurs inclm a ’tions guerrières , furent cause que les Lacédémoniens s’attachérent moin^aux Sciences que les autres Peuples de la Grèce : ils mesuraient la / a *leur des choses par leur utilité, & par cette raison ils écrivoient pour êtrelus, & parloient pour se faire entendre. Les Athéniens, qui étoient fiefde leur savoir & de leur éloquence , se donnoienc sur ces deux suj ets