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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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Histoiredes Lacé-démniem.

582 HISTOIRE DES LACEDEMONIENS.étoient admirées; ce qui, joint à leur brièveté sentencieuse, a produitune infinité de Bons-mots Lacèdèmoniens. 11s aimoient fort la Musique, maisen ceci, comme en dautres choses, ils ne sattachoient quà cette forte deMusique qui avoit été du goût de leurs Ancêtres: ils portoient même lafé-vérité à cet égard, au point de ne pas permettre à leurs Esclaves dapprendrelair ou les paroles de leurs plus fameuses Odes, ou, ce qui revient au mê-me, ils leur défendoíent de les chanter, en cas quils les fussent. LAmourdes Garçons étoit honnête & vertueux à Sparte , & navoit rien de cettehonteuse sensualité dont il étoit accompagné à Athènes . Pour ce qui estde1attachement au Beau-Sexe, il y étoit commun & violent. Ce quiiyadesingulier, cest que Lycurgue semble avoir voulu employer le Sexe (sourceordinaire de querelles) à unir plus étroitement ensemble les Citoyens : aussiles Rivaux Lacédémoniens , bien loin dêtre jaloux, contractoient au contraireune amitié plus étroite, & sunissoient intimement en faveur delapersonn eaimée. 11 nous reste encore un article à rapporter concernant leur Educa-tion,que voici. Le Vol, pourvu quil fût fait adroitement, navoit rien dehonteux: institution absurde, dont on a composé différentes apologies, quine font pas plus dhonneur à leurs Auteurs, que la Loi dont il sagit n'ena fait à Lycurgue. Ceux qui étoient découverts en entreprenant de vo-ler, étoient punis sévèrement ; ce qui faisoit que les jeunes Spartiates, quandils avoient commis quelque vol, souffroient tout avec un courage admira-ble, pourvu que la chose restât cachée. Cest de quoi nous pourrions rap-porter plusieurs exemples. Mais à quoi bon prouver que le Vice inspire auXhommes une fermeté héroïque? Cest une choie que nous voyons tous les jours*

La neuvième 'fable contient les Exercices ordonnés par la Loi. TouSles Peuples de la Grèce étoient fort soigneux à cet égard, mais les Laccdè"moniens plus quaucun autre; car si par trop dembonpoint, ou par quelqu?autre cause,un Jeune-hommene se trou voie pas propre à ces exercices,détoit regardé avec mépris, & quelquefois banni. La Chasse étoit un desdivertissemens ordinaires des Enfans, & formoit même une partie de seuséducation , parce quelle fortifie le corps, & le rend en même tems pl ussouple & plus agile. 11s avoient auffi des Chiens de chasse, quils dressoientavec beaucoup de soin.

Leurs Danses publiques, quils tenoient pour un de leurs grands plaisir»étoient formées par des personnes de lun & de fausse sexe: mélangefi ulavoir lieu dans presque tous leurs divertissemens, jusques- que les femmeségaloient les hommes en adresse & en force, à lancer la barre, & à telsautres exercices violons. Pour excuser des usages aussi étranges, Lycurè 11 ^nallégua dautre raison, sinon quij vouloit rendre les femmes auffi fo rCeS& aussi saines que les hommes, afin queiles ne mfissent au monde que desenfans vigoureux: un genre de vie laborieuxnétoitimposé quaux Jeunes*gens; car dès-quils étoient devenus hommes, cest-à-dire quils avoientplus de trente ans, ils étoient exemts de tout travail,& ne sapp!iquoi eI ? cquaux Affaires dEtat, ou au Métier de la Guerre. Ils faisoient quelquefoisbattre de verges de jeunes garçons dans le Temple de Diane, & devantlAutel de cette Déesse : traitement inhumain, & quon entreprendrait en-vahi de vouloir justifier. Cétoit un grand honneur pour ces enfans, que de