586 HISTOIRE DES LACEDEMONIENS.
Histoire II n’est guères possible que de fi grands changemens se fassent dans un‘ílémonicm ^ a y s ^~ ans rnomcjre opposition. Quand Lycurgue fit passer la Loi touchant1 ,ens ' le partage des Terres, il s’éìeva un tumulte allez grand, pour que ce Lé*Sédition giflateur lui-même fût obligé de chercher un azile dans quelque San&uai-à Sparte, re: cependant quelques-uns de ceux qui croient le plus acharnés , le pour*Lycurgue suivirent, entre autres un certain Alcandre , Jeune-homme d’une naissanceì’œfl à distinguée, &d’un naturel généreux, mais trop emporté; qui, dans le temsque Lycurgue tournoie la tête,leblefia à l’œil,ou le lui creva suivant d'au*tres. Le Législateur s’arrêta alors, le visage tout couvert de sang; ce quiindigna tellement le Peuple, qu’il remit le Jeune-homme entre les mains
quand par de nouvelles conquêtes ils vinrent à augmenter le nombre de leurs Esclaves, > 1 ?ne laiflërent pas de les appeller tous Ilotes , & firent ainsi de ce nom une dénomination gé*nérale pour tous ceux qui se trouvoient à leur égard dans un état de servitude. Voici que*"les étoient les conditions annexées à leur état. Prémièremeut, leurs Maîtres n’avoient P a3le pouvoir de les affranchir ; ni, en second lieu , celui de les vendre , pour les faire trans-porter hors du Territoire de Lacédémone (i.). C’est ce qui fut causé que leur nombre aug*inenta prodigieusement, & que les Lacédémoniens , pour n’avoir rien à craindre de le l * ' rpart, en exterminèrent de tems en tems une partie. Aristote affirme expressément, quel 3 4Loi en question fut inventée par Lycurgue (2). Plutarque révoque la chose en doute, uni-quement parce qu’elle fait tort à l’idée qu’il voudroit donner de ce Législateur, & avoue enmême tems, que Platon lui-même a blâmé Lycurgue , d’avoir fait une Loi si injuste & “cruelle (3). Plutarque nous apprend dans un autre endroit, que les Ilotes étoient employé®à faire valoir les terres de leurs Maîtres , & en payoient une petite rente annuelle (4).'d’où il semble qn’on pourroit inférer, que ces Ilotes étoient une espèce de Fermiers. Maïsd’autres Ecrivains tiennnent un langage tout différent. Ils disent que les deux extrêmes de 1 *Liberté & de l’Esclavage se trouvoient ii Sparte ; qu’il n’y avoir point au monde de Citoyen®plus libres que les Citoyens de Lacédémone , ni de plus misérables que les Ilotes . Leur &t'vitude paroissoit en tout; ils portoient des bonnets de peau de Chien , & des habits de pe alide Brebis; il leur étoit défendu d’apprendre quelque Art Libéral , ou de faire quelque aétí° 3qui auroit pu convenir ù leurs Maîtres ; on les obligeoit à s’enivrer de tems en tems, afi |J -que l’état d’ivresse fît horreur aux jeunes Lacédémoniens. Ils recevoient par jour un certaû 1nombre de coups de fouet, de peur qu’ils n’oubliaslènt qu’ils étoient esclaves; & pour ache-ver cette terrible énumération , ils étoient fans cesie exposés à la Cryptie , qui étoit iinman*quable pour ceux qui avoieut, nous ne disons pas le langage, mais le regard ou la démarched’Hommes libres (5). Pour diminuer tant soit peu l’horreur qu’inspiroit une pareille con-duite , les Ephores , après leur institution , commencèrent l’exercice de leur Charge par dé-clarer la guerre aux Ilotes (6), c’est-à-dire à de pauvres Esclaves, qui cultivoieut leurs ter-res , & qui leur rendoient tous les services que leur orgueil ou leur paresse pouvoir exig er *Plutarque , suivant sa coutume, suppose toutes ces barbaries bien postérieures à Lycurgue »& prétend qu’elles furent introduites à l’óccasion de la jonction des Ilotes avec les Mejfénievs*après un grand tremblement de terre qui abîma une partie de la Ville de Lacédémone {V 'mais /Eiien affirme expressément, que c’étoit un sentiment admis dans toute la Grèce ,le tremblement de terre en question fut un Jugement du Ciel, irrité de la. barbarie avec la-quelle les Spartiates traitoient ces misérables Ilotes. Thucy liâe ( 3 ) rapporte un exemple st a P'pant de la cruelle politique des Lacédémoniens envers ces pauvres Esclaves. II dit st u ’ on , C S .remit environ 2000 en liberté, pour les récompenser des grands services qu’ils avoieut renddans la Guerre du Péloponnèse : on les couronna ensuite de guirlandes, & on les régala de 'vers spectacles ; mais après cela ils disparurent tout-à-coup, sans qu’on ait jamais pu s aV °ce qu’ils devinrent (9).
(1) Strafeo t.. VIII. Pollux. L. IU. c 8.
(p) Aristot. Polit. Lib. II.
(3) Plutatch. in vit. Lycurg.
(4) . Idem Instit. Lacedscm.
(sji Miron. ?tien. ap. Atlien. in Dcipnos, L, XIV.(:«) Arist. Polit, Li b. II,.
- (7) Plut. in v>-. Lycurg.
(s) A.lían. Hiít. Var. Lib. VI. c- . £t ;.jin{s) Thucy d. de Bell. Pelop. L. 1 J - * " L a c.Ubb Emm. de Rcp. Lac. Crag- “ e 1 x. 4 ,L, 1 .1.11, Meurs. Miicell, Lacan. L.