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4/2 (1770) L' histoire de Perse suivant les auteurs orientaux, des Scythes, Gomerites, Phrygiens, Troyens, Lyciens, Mysiens, Lydiens, Ciliciens ... : avec l'histoire d'Athènes & celle des Lacédémoniens
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Jìifloiredes Lacé-dèmoniens.

583 HISTOIRE DES L A CEDE MONIENS.

afin quelles ne pussent point êcre transportées à Lacédémone, & fournir ainslun prétexte aux habitans de cette Ville de se croire dégagés de leur fer-ment. 11 ne laissa quun fils, nommé Antiore , qui mourut fans laisser den*fans. Ses parens & fes amis instituèrent une Assemblée annuelle pour sen-tretenir des vertus de ce Grand-Homme,& sexhorter les uns les autres àìimiter. Les jours pendant lesquels cette Assemblée fe tenoit, sappel-loient Lycurgides , par allusion au nom du Législateur (a) *.

»

(a) Plutarch. in vit. Lycurg.

* La vie de Lycurgue fut la première que Plutarque publia, L ce quil rapporte Iui-mém*(i). Cet Auteur paroit avoir été fort prévenu en faveur des Spartiates & de leurs coutumes,car outre cette vie,& celles de plusieurs autres Lacédêmoniens , nous avons de lui un Traitédes Loix & des Coutumes des Lacédêmoniens , & un autre de leurs Bons-mots. 11 avouéquon ne peut rien dire de fort certain, tant au sujet de la famille, que du tems de la nais-sance de ce Législateur, dont il fait un Héros accompli, & propre à démontrer que le Sagetant vanté par les Philosophes, pouvoit fe trouver parmi les hommes. 11 insiste beaucoup futJe compliment que la Pythie lui fit à Delphes ; en ces mots: Soyez le bien venu , Ami detDieux , & plutôt Dieu qu'Homme (d). LQracle de Delphes étoit généralement reconnu poufdivin dans toute la Grèce; car fans cela Sacrale ne lauroit pas cité dans son apologie (z), tttP lut arque ne lauroit pas fait valoir comme propre à réfuter toutes tes calomnies répanduescontre son Héros. Cependant on pourroit dire une chose qui ne feroit pas grand honneur àlOracle ni à Lycurgue , savoir que toute cette salutation nétoit quun jeu joué pour venir àbout dim dessein très difficile, qui étoit de faire adopter aux Lacédémottiens des Loix très-gênantes. 11 imita probablement en cette occasion la conduite de Minos , Législateur de Crète,qni fit honneur de toutes fes Loix à Jupiter. Mais qui que ce puisse être à qui Lycurgueait eu obligation des siennes, un fameux Ecrivain de lAntiquité affirme, que les réponses dslOracle étoient de fa façon » & quil les obteuoit à force dargent ( 4 ). Nos Lecteurs ont vudans ['Histoire Athénienne plusieurs exemples pareils, & nous verrons dans la fuite que Lfsandre entendoit auslì-bien que Lycurgue fart de faire parler Apollon à son gré. 11 est certainque notre Législateur fondoit fes plus grandes espérances fur la persuasion du Peuple que lèsLoix étoient destitution Divine; voilà pourquoi il ne voulut jamais permettre quelles fussesmises par écrit, afin quelles fissent plus dimpreffion, nétant gravées que dans la mémoire,& quen même tems elles donnassent plus dautorité au Gouvernement. Plutarque rapportsun exemple à ce dernier égard. 11 dit que par une Loi de Lycurgue , le Peuple avoir le pou-voir dadmettre ou de rejetter tout ce qui étoit proposé par les Rois & par le Sénat; sa> aquand peu à peu il voulut étendre ce pouvoir, & consentir à une partie des choses propo -fées, en rejettant les autres, les Rois & le Sénat, pour maintenir leur pouvoir, ajoutèrent *la Loi une nouvelle clause, qui portoic que le Peuple dévoie admettre ou rejetter en l'on en-tier toute proposition qui lui étoit faite. Par le moyen de cette clause, le Sénat & les R® 1 ?augmentèrent leur puissance aux dépens de celle du Peuple ( 5 ). La plupart des Auteurs q uont écrit fur la Politique, ont regardé flnstitution dun Sénat par Lycurgue , comme une >>Pvention admirable. Platon en étoit si charmé, quil donna, à cause de cela même, à f° aAuteur le nom dEfprit Divin uni à un Corps Humain (6) : cependant Aristote , qui étoit j 19profond Politique, napprouve nullement cette Institution ; il trouve que cest une chose contr 3 j reà la Raison, que la Charge de Sénateur soit à vie, parce quil arrive souvent quavec l 3 ® eon ne fe trouve plus capable davoir soin de fes propres affaires, bien loin de pouvoir gouver-ner celles de lEtat. II désapprouvé ausii que les Rois & le Sénat ne fussent pas tenus de rel Vdre compte de leur conduite, étant sujets, puifquíls étoient hommes, à faire des fautesqMtiroieut dautant plus à conséquence, quelles concernoient lEtat ( 7 ) La dernière act ' 011de Lycurgue dont nous puiíïïous parler avec quelque certitude, estlenvoi quil fit àde lapprobation donnée par Apollon à toutes fes Loix. !1 nest pas apparent quil le l 31 .^mourir de faim à Delphes j mais quil kie soit jamais revenu dans son Pays, est uns P aitî *

fi) Plntarch. in vit. Tfaesci. (s) Plutarch. in vit. I.ycurg.

(z) Idem in vit. Lycurg. ( «) Ibaro d- Legib. L. 111.

( 3 } Xenopli de B.eb. Memor. ( 7) Alist, Lib. 11, & Li VI,

( 4 J Folyacn. Stiatag. Lib. I. c.