Histoiredes Lacé »dimoniens.
598 HISTOIRE DES LACEDEMONIENS.s’en tinrent à la fin à celui-ci. Ils feignirent de condamner à mort, pourcrime de trahison, une centaine d’hommes, qui s’enfuirenc à Ithome,où.ils dévoient servir d’Espions à leurs Compatriotes, ils imitèrent en celal'exemple d ’Uìyste, mais avec moins de succès; car Arijtodème , ayant dé-mêlé leur finesse, obligea les prétendus transfuges à s’en retourner chezeux, avec ordre de dire au x Spartiates, que quoique leur injustice fût nouvel-le , leur stratagème étoit usé (a). Quelque te ms après, on commença à êtreextrêmement allarmé à Ithome par de Goitres présages : Aristodème eut lui-même un songe, dans lequel fa fille lui apparut, & lui reprocha fa mort.On eut recours à l’ancien remède ,qui fut d’envoyerdes Députés à Delphes-,qui revinrent avec cet avis, que ceux qui consacreraient les premiers centtrépiés dans le Temple de Jupiter à Ithome, referaient maîtres de cettePlace. Cette réponse tranquillisa les Mesténiens , qui, n’ayanc pas de quoifaire des trépiés de cuivre, se mirent incessamment, à en tailler de bois. L’O-racle en quellion ayant été su à Sparte , un certain Oebade , Ouvrier fortadroit, fit cent petits trépiés de terre-glaife, & s’étant déguisé en Oiseleurse rendit à Ithome, où il plaça les trépiés d:ns le Templede Jupiter ,aprèsquoi il s’évada. Les Mesteniens, ayant appris ce qui venoit d’arriver,pet*dirent toute espérance,sur-tout quand ils se virent investis par une nom*breuse Armée de Lacédémoniens. Aristodème s’efforça pendant quelque ternsà les encourager; mais voyant que tout alloit mal, & que la Ville, malgrétous ses foins , passerait à la fin entre les mains de l’Ennemi, il tomba dansune profonde mélancolie, & se rendit une nuit sur le tombeau de sa fille,où il se donna la mort (b). Les Mesténiens n’élurent point d’autre Roi à fi*place, mais prirent Damis pour leur Chef, fous le titre de Général. Datnisfit pour eux tout ce qu’ils pou voient espérer de lui, mais inutilement. Ceuxdes Mesteniens qui pouvoient fie promettre une réception favorable, se sau-vèrent dans les Pays voisins; après quoi la Ville d'àme fie rendit ausSpartiates, qui en traitèrent les défenseurs & les habitans avec une extrê-me rigueur. Polycemts dit à-la-vérité, que cette Ville fut prise par le stra-tagème suivant. Théopompe ût semblant d’abandonner avec une partie de sonArmée son collègue Poìydore, & s’étant séparé de lui, alla camper derrièrela Ville. Les Mesténiens, charmés d’avoir l’occasion d’attaquer Poìydore,se hâtèrent d’en profiter; mais iis ne furent pas plutôt venus aux mains a-vec lui, que Théopompe attaqua la Ville, & la prit d’assaut (c). De quelquemanière que la chose soit arrivée, il est certain est Ithome ïwt rasée par i eSLacédémoniens, & que les Mesténiens qui restèrent dans leur Pays subirentles conditions suivantes. Premièrement, ils dévoient cultiver leurs terresavec beaucoup de foin, & partager le produit par moitié avec les Sparts'tes. Et, en second lieu, quand quelqu’un des Nobles, ou de* Rois de Sp# r '
te, venoit à mourir, ils étoient tenus d’accompagnerle convoi funèbre e»habits de deuil, fous de très sévères peines s’il y manquoient. Outre ce la»les Vainqueurs donnèrent une partie de leur Territoire situé le long de ^Mer, & une autre partie,aux descendans à'Androclès (d). Telle fut la 6 st
(a) Pausan in Lncon. (c) Polyœn. Stratag. L, I. c. I 5-
(b) Pausan. in à lieu. & Lacon, st) Pausan. in Lacon.