HISTOIRE DES LACEDEMONIENS. Liv. I. Ch. XIX. 627de la part des Béotiens , & que YEuiée venait de se révolter. Dans cette Histoirevue ils donnèrent ordre à Plistoanax d’envahir Y Attique avec une nombreu - ,Jes Lacé 'se Armée, Cléondride fut chargé de l’aíîister de ses conseils. Par malheur démontent.ce Conseiller aimait l’argent ; c’elt ce qui fit qu’il accepta des présens dePéricìès , & qu’il persuada au Roi de s’en retourner fans rien faire : crimepour lequel les Spartiates le punirent de mort, 6c envoyèrent leur Roi enexil. Peu de tems après, la Paix fut faite entre ce Peuple à les Athéniens ,fans les rendre Amis, quoiqu’elle fût d’assez longue durée (a). Au com-mencement les Athéniens avaient le plus fort parti parmi les Grecs, à causeque les Lacêdêmonuns s’étoient rendus insupportables par leur hauteur ; maisles Athéniens devenant de jour en jour plus puiflans ,6c faisant un usage en-core plus mauvais de leur pouvoir que leurs rivaux, presque tous les Etatsde la Grèce, hormis ceux qui dépendaient immédiatement deux, dont.mê-me quelques uns les abandonnèrent, s’adressérent aux Spartiates. La 14.année de la Trêve, qui étoit fixée à 30 ans, les Députés de divers Etatsdu Pèloponnèfe, 6c de quelques autres Pays de la Grèce ì se rendirent à La*cédémone, & y accusèrent les Athéniens de tyrannie, d’oppression , 6cd’un grand nombre d’autres crimes, suppliant les Lacédémonicns de prendreen main la cause commune de la Grèce, & de ne pas permettre que les A-théniens exécutassent l’odieux projet dont le Roi de Perse, malgré tout sonpouvoir, n’avoit pu venir à bout. Quelques Ambassadeurs d’ Athènes, quise trouvaient par hazard à Sparte , défendirent hardiment la cause de leurPays. Cependant les Spartiates , après avoir entendu les raisons pour 6ccontre, paraissaient déjà disposés à déclarer la guerre aux Athéniens (b).
Mais Archiàamus, comme un bon 6c sage Prince, leur conseilla de bien con-sidérer la démarche qu’ils voulaient faire. 11 leur fit voir que la Républi-que à’Athènes étoit si puissante, que pour la vaincre il faudrait non seule-ment l’assistance des Grecs , mais même celle des Barbares ; qu’une invasionen Attique signifierait peu de chose ; 6c que comme l’entreprise ne pour-rait s’exécuter que lentement, les Athéniens ne manqueraient pas de rega-gner quelques-uns de leurs Alliés, 6c se trouveraient ensuiteen état de con-tinuer la guerre avec avantage. Mais un des Ephores , nommé Sthénélaìde,déclara qu’il étoit d’un tout autre sentiment. II dit que c’étoit un grandbonheur pour Sparte , que d’autres Etats fussent jaloux 6c mécontens d’^-thènes; que si cette République devoit jamais être renversée, ce ne pou-voir être que par les efforts réunis de tant d'Ennemis ligués contre elle ; 6cque si on ne profitait pas de l’occasion présente, on ne la retrouverait ap-paremment jamais plus. Ce discours fut suivi immédiatement d’une réso-lution de faire la guerre aux Athéniens ; après quoi on envoya des Députéspour consulter l’Oracle de Delphes, qui fit une réponse conforme aux sou-haits de ceux qui le consultaient. On dépêcha auffi des Ambassadeurs àtous les Alliés, pour les prier de fournir chacun leur contingent; 6c d’au-tres à Athènes, offrir la Paix à de certaines conditions, qui, par le con-seil de Périclès, furent rejettées (c).
(a) Diodor. Sicul. Lib. XI. Plut. ubi supr. ( b) Diodor. Sicul. Lib. XI. Plut. ta vit.
Thucyd. Lib. I. Periclis. Justin. Lib. III. c. 7.
(c) Thucyd. Lib. I.
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